Le Groupe La Banque Postale – La Banque Postale - A c t u E c o Les enquêtes de ......

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  • Act uEco L’actualité économique et financière

    Du 23 au 29 septembre 2019

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    Les enquêtes de conjoncture restent dégradées en zone euro, surtout en Allemagne

    L’essentiel – Les enquêtes de conjoncture donnent des signaux contrastés pour le mois de septembre. Une petite amélioration est perceptible en Chine. C’est également le cas aux Etats-Unis même si les commandes de biens d’équipement se sont effritées récemment. Par contre, la dégradation se poursuit dans la zone euro, surtout en Allemagne où le secteur automobile est toujours à la peine. Ces indicateurs décevants ont pesé sur l’euro qui s’est un peu déprécié contre la monnaie américaine. Sur les marchés financiers, les investisseurs sont toujours très sensibles aux annonces portant sur les tensions commerciales sino-américaines. Même si une rencontre entre officiels américains et chinois est programmée le 10 octobre, la publication dans la presse d’informations selon lesquelles l’administration américaine envisage d’interdire aux entreprises chinoises de se coter sur les marchés américains ainsi que de limiter les investissements des fonds de pension américains en Chine s’est traduite par une poussée d’aversion pour le risque. Les Bourses en ont pâti et les rendements des emprunts d’Etats sont repartis à la baisse. En France, la faiblesse des taux d’intérêt a encouragé un endettement croissant des ménages et des entreprises ces dernières années. Cette tendance n’est pas totalement sans risque, notamment en cas de ralentissement économique marqué (voir notre Focus). Enfin, les opérateurs sur le marché pétrolier semblent avoir été rassurés par les annonces d’Aramco indiquant que la production pétrolière saoudienne était quasiment rétablie après les attaques de drones survenues mi- septembre. Cela s’est traduit par un recul du cours du brut. Dans un environnement géopolitique aussi instable, il paraît presque étonnant que le prix du brut n’intègre pas une prime de risque plus élevée. Peut-être faut-il y voir le fait que les anticipations concernant la demande restent dégradées.

    Alain Henriot

    Niveau le

    27/09/2019

    Taux refi BCE (%) 0,00 Stable

    Taux des Fed Funds US (%) 1,75 - 2 Stable

    Euribor 3 mois (%) -0,41 Stable

    OAT 10 ans (%) -0,28 Baisse

    CAC 40 (points) 5 640,6 Baisse

    Euro (1 € = …$) 1,09 Baisse

    Pétrole (baril de Brent en $) 61,7 Baisse

    Variation sur

    la semaine

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    À RETENIR CETTE SEMAINE

    ZONE EURO – Pas de redressement des enquêtes de conjoncture en septembre

    Les enquêtes de conjoncture sont prisées par les économistes car elles permettent d’établir « à chaud » un diagnostic sur l’activité. En septembre, les indices de climat des affaires PMI (enquêtes auprès des directeurs d’achats) se sont encore dégradés. C’est surtout vrai dans l’industrie manufacturière, dont l’indice a continué à reculer pour se situer très nettement sous le seuil des 50 qui délimite les phases d’expansion et de contraction de l’activité. L’écart entre le secteur manufacturier et les services reste important. Toutefois, l’indice PMI pour les services recule également en septembre même s’il reste supérieur au seuil de 50.

    La détérioration de l’activité industrielle est surtout très prégnante en Allemagne. L’indice PMI dans l’industrie manufacturière y est au plus bas depuis la crise financière de 2008-2009. Les difficultés du secteur automobile, qui tiennent à un tassement des principaux marchés dans le monde et aussi à des facteurs plus structurels (notamment à une offre moins appropriée par rapport à la demande actuelle de véhicules propres), se sont étendues à d’autres secteurs (comme la chimie). Dans les autres pays de la zone euro, l’activité industrielle résiste mieux. Elle est encore un peu croissante en Espagne, presque stable en France et en léger recul en Italie.

    Alain Henriot

    ETATS-UNIS – Assèchement des commandes de biens d’équipement

    Les commandes en volume de biens d’équipement hors défense et matériels de transport ont légèrement reculé en août. Depuis leur dernier point haut de la fin de l’été 2018, elles ne progressent plus. Cela n’augure pas un redressement de l’activité dans le secteur manufacturier. Certes, l’indice PMI dans le secteur manufacturier a esquissé un très léger ressaut en septembre. Toutefois, le niveau auquel il se situe confirme que la croissance du PIB a sans doute perdu de la vigueur pendant l’été. Dans le climat actuel d’incertitude marquée, les chefs d’entreprise révisent drastiquement à la baisse leurs anticipations d’activité et commencent à procéder à quelques ajustements en termes de coûts et d’effectifs.

    Romain Sarron

    CHINE – Légère amélioration dans le secteur manufacturier

    L’indice officiel de climat des affaires PMI NBS pour le secteur manufacturier a légèrement augmenté en septembre, à 49,8, mais demeure sous le seuil d’expansion pour le 5ème mois consécutif. La faiblesse persistante de cet indicateur, associée au ralentissement de la production industrielle, pourrait inciter les autorités chinoises à déployer des mesures de soutien supplémentaires. L’indice PMI Caixin, basé principalement sur les réponses d’entreprises privées, augmente en septembre à son plus haut niveau depuis un an (51,4). Cette progression est due à une hausse de la production et à une amélioration de la demande intérieure. Les commandes étrangères continuent de décliner, pénalisées par les tensions commerciales.

    Flore Deschard

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    Commandes et investissement Commandes de biens d'équipement hors défense et aéronautique (% sur un an)

    Investissement en biens d'équipement (% sur un an, D)

    Source: IHS, LBP

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    Chine : Indices PMI dans le secteurs manufacturier

    Source : IHS, IHS Markit, LBP

    PMI NBS

    PMI Caixin

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    FOCUS

    France – Montée de l’endettement dans un environnement de taux bas

    Depuis la crise financière de 2008, les profils d’évolution de l’endettement des ménages et des entreprises ont beaucoup différé selon les pays. Dans ceux où l’endettement était excessif, il a en général reculé au cours de la dernière décennie (comme en Espagne ou aux Etats-Unis, pour les ménages). La France se distingue par un endettement croissant, tant du côté des ménages que des entreprises.

    Un endettement croissant des ménages et des entreprises

    Au-début des années 2000, les ménages français avaient un faible taux d’endettement (encours de la dette rapporté à leur revenu disponible). Mais il n’a cessé d’augmenter depuis lors, passant d’environ 54 % à plus de 95 % début 2019. La principale raison de cette envolée réside dans la hausse des prix de l’immobilier qui a notamment contraint les primo- accédants à s’endetter toujours davantage au cours des dernières années. Entre 2000 et 2019, les prix des logements anciens ont en effet plus que doublé, alors que le revenu disponible des ménages n’a augmenté que d’environ 65 %.

    Cependant, grâce à la baisse continue des taux d’intérêt depuis 10 ans, la charge d’intérêts n’a cessé de baisser rapportée au revenu disponible des ménages. Cela est évidemment crucial pour leur solvabilité.

    Il faut toutefois rappeler que les ménages sont structurellement des créanciers nets vis-vis des autres acteurs de l’économie (les entreprises ou l’Etat). Ils reçoivent donc normalement plus d’intérêts qu’ils n’en payent. Sous l’effet de l’évolution des taux d’intérêt, le montant des intérêts qu’ils reçoivent n’a cessé de fondre.

    Les intérêts nets ne contribuent ainsi plus au revenu disponible, alors qu’ils en représentaient près de 2 % au milieu des années 1980. Dans un environnement de taux bas, ce que gagnent les ménages en tant qu’emprunteur ils le perdent en tant qu’épargnant.

    De leur côté, les entreprises françaises sont aussi de plus en plus endettées. Parmi les grands pays passés en revue dans le graphique ci-dessous, elles se classent même sur la plus haute marche du podium, avec un taux d’endettement (encours de dette/PIB) de 73 % début 2019 contre environ 50 % au début des années 2000. Cette tendance haussière est loin de concerner tous les pays. L’explication de ce mouvement ne tient pas à la dynamique de l’investissement. Certes, le poids de l’investissement des entreprises dans le PIB a un peu augmenté depuis 20 ans, passant de 11,8 % en 2000 à environ 13 % en 2019. Mais cela ne peut expliquer cette montée de l’endettement. La situation financière des entreprises françaises ne s’est pas par ailleurs dégradée sur la période, au point d’exiger un endettement croissant