T©moignage Ecriture 2010

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Témoignages recueillis par lycéens Voltaire Orléans

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  • Page 1

    a a com

    menc en 46. Les M

    algaches se sont plus ou moins rvolts. D

    abord sous le

    je ne dirai pas lincitation, mais sous lim

    pulsion des dputs malgaches : R

    aseta, Ravoa-

    hangy et Rabem

    ananjara. Ctait des dputs franais, des dputs de M

    adagascar. Et aprs tous les intellectuels les ont suivis, et puis ensuite tout le peuple m

    algache, mais alors de tout

    Madagascar. Eux, ctait politique, ils ont fait un m

    achin politiqueles dputs. Les M

    al-gaches navaient pas darm

    es du tout, parce que, ctait politique, ctait M

    ais la France a fait une rpression terrible. C

    est dire quils ont arrt beaucoup de monde, jai dit parm

    i les intellectuels, et dans toutes les fam

    illes malgaches. Tu sais un m

    oment jtais

    javais 12 ans, et jtais Tana [Tananarive, la capitale de M

    adagascar] et donc dans toutes les familles,

    partout, il y avait au moins 1, 2 ou 3 personnes qui taient em

    prisonnes, ou alors qui taient tues. Alors, ils em

    prisonnaient les gens et quelquefois ils faisaient une tuerie en masse. Et

    cest ainsi quon a trouv, aux environs des grandes villes, des charniers! Cest com

    me a

    quon appelle a.L, ils font faire des trous, de grands m

    achins comme a

    Cest grand, hein!

    Oui, des fosses com

    munes, faite par les prisonniers, qui sont arrts, donc, ces gens qui

    navaient rien, et ils les mettaient tous dedans: tchac, tchac , tchac, tchac![bruit darm

    es feu]Et puis aprs, ils nont plus

    pas voulu, enfin Ils voulaient conom

    iser leurs balles. Ce

    ntait pas bien pour les Malgaches encore les balles. Alors ils les ont m

    ens Moram

    anga [prononcer M

    ouramangue]

    Moram

    anga, cest une ville, parce que Les w

    agons de Moram

    anga, tout le monde les

    sait. Cest classique. A M

    oramanga, ils les ont entasss dans les w

    agons, et puis, parce quil y a une pente

    Moram

    anga, Madagascar, cest, tu sais, 1500m

    daltitude A M

    oramanga, cest l quil

    y a la fissure, pour descendre. Et ils ont donc fait basculer les wagons sur toute la hauteur

    de du truc l.

    Pour les tuer. Et, ils ont donc tu comme a beaucoup de m

    onde. Et aprs a, tout le monde sest rvolt.

    Sophia:

    Mais, au dpart, pourquoi se sont-ils rvolts? Q

    uest ce quils demandaient?

    Atelier Tmoign

    age et E

    criture 2010

    Lyce Voltaire Orlans

    Classe : 2nde - 12 MPI SES - EU

    Professeur : Dominique AUBRUN

  • Page 2

    Sommaire

    Les Trente Glorieuses ................................................... 3

    Llection prsidentielle de 1981 ................................ 17

    Mai 68 ....................................................................... 20

    Je me souviens de la guerre 39-45... ........................... 26

    La rvolution malgache ............................................. 30

    Les vnenements de 1947 ................................. 30

    Les vnements de 1972 ..................................... 33

    Les vnements de 1975 ..................................... 34

    11 septembre 2001 ..................................................... 36

    Les vnements de mai 1958 ...................................... 40

  • Page 3

    Les Trente Glorieuses

    Tmoignage Camille Hennet et Alcyane Verger

    AlcyaneNousallonsvousposerdesquestionssurlesTrenteGlorieusessuiteunprojetdefranaisavecMmeAubrun.

    Camille-Pourquoiacceptez-vousdetmoigner?

    Jacky - Et bien, parce que notre petite fille Alcyane nous l'a demand. Et nous avons accept avec plaisir !

    A-Quelgeaviez-vouslorsdel'armistice?

    Raymonde - Moi je n'tais pas ne.J - Et moi j'avais 6 ans.

    A-Ettut'ensouviens?

    J - Non, je n'ai pas de souvenirs trs prcis. J'ai des souvenirs de l'Occupation avec l'arme alle-mande dans les campagnes, et j'ai un souvenir de la fin de la guerre et de l'arrt des conflits.

    A-Onvadoncpasserquelquesannesplustard.

  • Page 4

    C-Quandavez-vousemmnagParis?

    J - Personnellement je suis venu travailler en 1962.R - Et moi je suis arrive ici en septembre 1966 aprs notre mariage.J- Je suis rest 3 mois et puis j'ai fait mon service militaire.A mon retour de service militaire en 63

    -Mars 63- j'ai pris mon activit professionnelle Paris.

    A-Etotuhabitais?

    J- Alors, j'ai habit dans un premier temps Chtillon-sur-Bagneux dans un foyer de jeunes travailleurs ; et mon emploi se si-tuait Clamar dans un centre de recherche Electricit de France. Et puis aprs j'ai trouv un loge-ment un peu plus grand Clamar prs de mon lieu de travail. Et vu qu'on avait envisag de se marier, en 1966 j'ai eu un logement plus grand mais il a fallu que j'aille Fontenay-Roissy.R- L'Ha-les-Roses.J - L'Ha-les-Roses pardon.

    A-DoncvoustespartisParispourleboulot?

    R - Oui.J - Exactement.

    A-Etvousaviezquelge?

    R - 21 ans.J - Et moi j'avais 27 ans.

    C-Etest-ce-quevoustiezpropritairesdevotreappartement?

    J - Non, nous tions locataires.

    A-Quellesprofessionsexerciez-voustouslesdeux?

    R - J'tais Gaz de France o je faisais des travaux d'criture, ce n'tait pas du secrtariat mais c'tait du travail de convocation de clients, de rponse aux clients : en fait de la clientle.

    J - Quant moi, j'tais affect dans un service qui avait pour mission de travailler sur l'mission des bruits des centrales thermiques, des centrales de production. Notre fonction - une fonction de technicien l'poque - tait d'aller sur le terrain, d'aller faire des mesures et de trouver des solutions pour liminer les bruits qui taient mis par ces centrales. Les missions, elles se faisaient par les chemines ou par les systmes de ventilation des groupes alternateurs de ces centrales de production.

    A-Donc,vousn'tiezpasdanstoutcequiesttravaillachane,industriedepointe,etc?

    R - Non.

  • Page 5

    J- Et puis aprs, j'ai prpar ce moment l une cole d'ingnieur : une cole spciale des Travaux Publics de Paris.

    A-Pendantquemamantaispetite?

    J Voil. Et il y a eu la naissance de ta maman. [rires]R - En 1967.

    J - Il a fallu concilier les deux choses : les tudes et le travail.. Le travail et puis s'occuper de ma-man !

    A-Etpendantquetufaisaistestudes,...tun'taispasrmunr?

    J -Si, c'tait pris en charge par l'entreprise : je continuais avoir un salaire mais je m'engageais en fin d'tudes rester au moins cinq ans dans le sevice de l'entreprise qui me payait.

    C-Est-cequeletauxdechmagetaitlevcettepoque?

    R - Non, c'tait pratiquement le plein emploi. On n'avait pas besoin de grandes qualifications pour trouver un emploi. Quand je suis arrive, j'avais juste mon bacchalaurat et ds que je suis arrive en rgion parsienne, j'ai tout de suite trou-v du travail. Je m'tais prpare avant d'arriver de province mais j'ai trouv facilement du travail. On n'avait pas besoin de qualifications comme aujourd'hui !

    A-Maintenant,unpeuplussurlaviecourante,parlonsdelamodevestimentairedecettepoque,delamodeengnral.

    R - Pour les filles c'tait la mini-jupe. On tait habilles trs trs court avec des vtements qui tombaient droits et qui taient mi-cuisse, bien au-dessus du genou !

    J- Mais je pense que a s'est produit aprs Mai 68.R- Mais a avait dj commenc un petit peu avant. Ca c'est peut-tre avec Mai 68 un petit peu

  • Page 6

    raccourci ! [rires]

    A-Iln'yavaitpasdecouleursspciales?

    R- Non, on avait souvent des vtements avec des dessins, du bleu marine et du blanc. Mais de manire gnrale ces vtements flashaient quand mme pas mal!

    A-Etparexemple,iln'yavaitpasdemotifscommedesgrospois,deschosescommea?

    R - Oui y avait des choses comme a. Il y avait de grandes arabesques avec des couleurs, des choses comme a, avec des fonds unis pas discrets du tout!

    A-Etpourlemobilier?

    R - C'tait des meubles brillants surtout. C'tait la mode du vernis et des meubles bas : a s'appel-lait Rgency - c'tait de l'acajou brillant. Ou alors, il existait des meubles qui allaient jusqu'au plafond avec beaucoup de tiroirs, de portes...

    C-Quitaitlesgrandscouturiers?

    R - Les mmes qu'aujourd'hui: il a exist Dior, Chanel, Herms, Lacroix...

  • Page 7

    A-Vuittonaussi?

    R- Oui, aussi, mais il ne faisait que des sacs cette poque, ou des portes-monnaies -tout ce qui tait en peau : il ne faisait pas de vtements comme aujourd'hui. Sinon, il y avait toutes les marques de maintenant.

    A-Pourlesgroupesdechanteurs,dechanteuses...Dequevousentendiez-vousleplusparler?

    R- Les Beatles !!J- Les chanteurs des annes 70 : Johnny Hallyday, Sheila, Silvie Vartan,...R- Carlos aussi.J- Il y avait Eddy Mitchell.R- Le rock tait trs la mode avec les rockeurs - les rappeurs n'taient pas encore arrivs.[rires]

    C-Lepouvoird'achatavait-ilaugment?

    R - C'tait une poque o il y avait beaucoup d'inflation. On avait des augmentations de salaires qui arrivaient environ deux fois par an, et qui suivaient peu de choses prs le cot de la vie. C'tait donc inters-sant. Par exemple : quand on achetait un appartement ou une maison, on l'achetait un prix et on obtenait un prt, puis on remboursait une certaine somme, mais comme il y avait beaucoup d'inflation et que les salaires augmentaient, le montant du remboursement, lui, restait fixe. On remboursait toujours la mme chose ! C'tait donc trs intressant et pas trop difficile l'poque !

    A-Quepensiezvousdelasocitdeconsommation,del'amricanisation?Etait-ceunphnomnelamodecettel'poque?

    R - Oui, il arrivait des nouveaux produits sur le march. Mais il y avait moins de publicit que maintenant, donc on ne connaissait pas tout.

    J - Les premiers Mc Donald se sont ins