101 MOYENS DE MOTIVER - Accueil | MOYENS DE MOTIVER Recherche en éducation 4 pédagogie...

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  • 101 MOYENS DE MOTIVER

    Recherche en ducation

    4 pdagogie collgiale vol.29,no1 automne2015

    UNE PRSENTATION DE CERTAINES PRATIQUES PDAGOGIQUES FAVORISANT LA RUSSITE*

    Selon plusieurs tudes, le dbut de la scolarit coll-giale reprsente un moment dterminant, o les checs aux cours de la formation gnrale peuvent entrainer soit des abandons htifs, soit lallongement des tudes (Commission dvaluation de lenseignement collgial, 2001 ; Conseil suprieur de lducation, 1997 ; Gingras et Terril, 2006). La russite aux premiers cours de franais et de philosophie est, de fait, un bon indica-teur de la persvrance aux tudes et de lobtention du diplme. On observe quaprs quatre ans et demi, 80,4 % des tudiants du secteur pruniversitaire qui ont russi leurs deux cours de la formation gnrale au premier trimestre ont obtenu leur DEC, contre 40,8 % de ceux qui ont chou un de ces deux cours. La si-tuation est semblable pour les tudiants de la formation technique (Gingras et Terril, 2006).

    Dans son rapport de 2001, la Commission dvaluation de lenseignement collgial (CEEC) a particulirement mis en relief les difficults lies la russite du premier cours de franais, langue denseignement et littrature. En dpit des efforts consentis par les collges, les taux de russite ce premier cours restent problmatiques. Concerns au premier chef, les professeurs ont investi beaucoup dnergie et de temps pour amliorer cette situation. Cependant, bien quon reconnaisse quun enseignement centr sur la construction des savoirs ainsi que sur la participation active des tudiants contribue accroitre la motivation de ces derniers, et favo-riser par consquent la russite et la persvrance scolaires (Tardif, 1992 ; Viau, 2009), aucune recherche navait cern les pratiques pdagogiques ayant des retombes positives sur la motivation de mme que sur le dveloppement des strat-gies dapprentissage.

    limportancedelamotivationenmilieuscolaire

    un phnomne qui tire sa source dans les perceptions que llve a de lui-mme et de son environnement, et qui a pour consquence quil choisit de sengager accomplir une activit pdagogique quon lui propose et de pers- vrer dans son accomplissement, et ce, dans le but dap-prendre (Viau, 2009, p. 12).

    La motivation scolaire dpend donc de trois grandes dimen-sions, qui interagissent : les perceptions de ltudiant, son environnement et ses comportements. Pintrich (1988) pr-sente ainsi les facteurs influant sur la motivation :

    les buts intrinsques (la valorisation de lapprentissage et de la maitrise du contenu par ltudiant) ;

    les buts extrinsques (la valorisation des rsultats scolaires et de lapprobation des autres par ltudiant) ;

    la valeur accorde la tche (le jugement de ltudiant sur lintrt, lutilit et limportance du cours) ;

    le sentiment dautoefficacit (la confiance qua ltudiant en ses moyens daccomplir les tches demandes et de les russir) ;

    les perceptions de contrle de lapprentissage (les croyances qua ltudiant que ses rsultats scolaires sont lis ses efforts) ;

    lanxit au test.

    Pour plusieurs professeurs, un tudiant motiv est celui qui a envie de ou le gout de , sans quon sache trop pourquoi. La motivation est un concept pourtant beaucoup plus complexe, qui dpend de plusieurs facteurs. Elle peut se dvelopper, se maintenir ou dcroitre, selon le milieu dans lequel voluent lindividu et les personnes qui interviennent dans sa vie. On

    * Le prsent article est le fruit dune recherche interordres ralise, grce au soutien du Programme de collaboration universits-collges subventionn par le ministre de lducation, du Loisir et du Sport, par Louise Mnard, professeure de didactique lUQAM, Magali Bouchard, professeure de franais au Collge de Maisonneuve, Andre-Madeleine Clment, professeure de franais au Cgep de Saint-Laurent, Sophie Croteau, assistante de recherche lUQAM, Diane Leduc, professeure de didactique lUQAM, Hlne Meunier, adjointe de recherche lUQAM, Julie Roberge, professeure de franais au Cgep Andr- Laurendeau et Nicolas Simard, professeur de franais au Cgep Lionel-Groulx.

    1 Pour en savoir plus sur le modle qua labor Pintrich propos de la motivation scolaire, consultez le site web cr lissue de notre recherche, 101 moyens de motiver, ladresse [101moyens.ccdmd.qc.ca]. Pour en apprendre davantage au sujet du sentiment defficacit personnelle, on peut lire larticle de Nancy Gaudreau Sentiment defficacit personnelle et russite scolaire au collgial , paru dans Pdagogie collgiale en 2013 (Gaudreau, 2013).

    peut donc agir sur la motivation, do lintrt de mieux la comprendre, parce quelle joue un rle prpondrant dans la poursuite des tudes suprieures (Viau, 2009). Ainsi, la mo-tivation est :

    Tous ces facteurs sont lis la faon qua ltudiant dutiliser les stratgies cognitives et mtacognitives, de sengager dans ses tudes et dapprhender la russite scolaire. Autrement dit, pour que ltudiant utilise ou dveloppe ses stratgies dapprentissage, il doit tre motiv le faire ; cest ces condi-tions quil persvre et russit1.

    http://101moyens.ccdmd.qc.ca

  • SOPHIE CROTEAUAssistante de recherche Universit du Qubec Montral

    LOUISE MNARDProfesseure Universit du Qubec Montral

    JULIE ROBERGE Professeure Cgep Andr-Laurendeau

    automne2015 vol.29,no1 pdagogie collgiale 5

    premierobjectif:analyserlesactivitsdenseignement-apprentissagedesprofesseursmotivants

    Comment une activit denseignement-apprentissage peut-elle tre motivante aux yeux des tudiants ? Le charisme na-turel dun professeur, son enthousiasme, le ton de sa voix, son

    les conditions quune activit doit respecter pour susciter la motivation

    tre varie et sintgrer aux autres activits

    Le fait dutiliser des modles et des mthodes denseignement varis, comme lexpos magistral interactif, lapprentissage par problmes, la mthode des cas, la pdagogie du projet, la p-dagogie inverse, le travail en quipe ou encore la simulation, constitue une bonne manire dviter lennui et leffet de sa-turation que ltudiant pourrait ressentir lgard dune seule activit. Il est galement appropri de recourir diffrents moyens de prsentation audiovisuels, comme le tableau, la prsentation assiste par ordinateur, la vido, laffiche, etc.

    Tous les professeurs que nous avons sonds utilisent des ap-proches varies et interactives, dont le travail coopratif ou en quipe, le sminaire, le questionnement de mme que la lecture thtrale. Ils donnent tous beaucoup dexemples et tentent dtablir des liens entre la matire enseigne et des situations concrtes et actuelles.

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    Je peux dire quavec les tudiants, parmi les stratgies que jem-ploie, il y a toujours une partie thorique et il y a toujours une partie dexercices, mais a va varier : ils travailleront parfois individuellement, parfois en groupe, parfois en grand groupe. Parfois, on va le faire ensemble, on va le faire par change, par questionnement ( Que pensez-vous de... ? ). Pour le contenu, je me sers de lenseignement coopratif. En fait, a varie norm-ment. Parfois, a part deux ; parfois, a part de moi. Et ce ne sera pas ncessairement la mme chose dun groupe un autre.

    Simon Boulianne

    talent de comdien, son humour ou sa rputation contribuent gnralement rendre les activits plus attrayantes, mais cela ne signifie pas pour autant que ces dernires stimuleront les collgiens ni quelles susciteront chez eux le gout de produire un effort et de sengager. linstar de Pintrich, Viau (2009) crit quune activit devrait favoriser chez eux la perception de la valeur de la discipline et des tches raliser, le senti-ment de comptence de mme que limpression de pouvoir contrler certains aspects de lapprentissage. Puisquelle a lieu dans un environnement contrl (la classe, et lcole en gnral), une activit denseignement-apprentissage motivante doit rpondre 11 conditions, comme le propose Viau (2009).

    Cest dans cette perspective que notre recherche a vis lat-teinte de trois objectifs lis au premier cours de franais, langue denseignement et littrature (601-101-MQ) (toutefois, le premier de ces objectifs peut sappliquer tous les cours de premire session ou tous les cours de franais) : dabord, dcrire des pratiques denseignement et dvaluation qui ont des retombes positives sur la motivation des collgiens et sur lutilisation quils font des stratgies dapprentissage ; ensuite, concevoir un site web pour prsenter ces pratiques ainsi que des ressources utiles lensemble des professeurs de franais et littrature ; finalement, laborer des plans de formation qui permettent aux collges et lUQAM de rpondre aux besoins des futurs ou actuels professeurs en favorisant le dveloppe-ment de pratiques qui ont un effet positif sur les tudiants.

    Afin datteindre le premier de ces objectifs, nous avons solli-cit une centaine de professeurs donnant le cours que nous avions cibl (601-101-MQ). Parmi ceux-l, 48, provenant de cinq collges diffrents, ont accept de nous ouvrir les portes dune de leurs classes. Pour y mesurer la motivation et cerner les stratgies dapprentissage utilises, un questionnaire a t distribu aux tudiants aux quatrime et douzime semaines de la session ; 1 105 dentre eux ont particip, en ces deux temps, notre collecte de donnes. Les rsultats obtenus son issue ont rvl que seuls quelques groupes ont vu leur motivation se stabiliser ou croitre entre le dbut et la fin de la session, cest--dire que les tudiants souhaitaient toujours sengager poursuivre le cours et le russir. Ces derniers ont ensuite t interviews pour confirmer lutilisation de pra-tiques denseignement motivantes dans les classes, pratiques qui ont pu clairer ces rsultats. Dans le but de dfinir ces pratiques, des entrevues ont finalement t ralises auprs de six professeurs motivants : Benot Bland, Genevive Berteau-Lord et Simon Boulianne (Cgep de lOutaouais), Marie-Rene Lavoie (Collge de Maisonneuve), Jean-Marie Bergeron (Cgep Lionel-Gro