Edouard Bonnafee

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  • L'anglicisme et l'anglo-amricanisme dans la

    langue franaise :dictionnaire

    tymologique ethistorique des

    anglicismes [...]

    Source gallica.bnf.fr / Bibliothque nationale de France

  • Bonnaff, Edouard. L'anglicisme et l'anglo-amricanisme dans la langue franaise : dictionnaire tymologique et historique des anglicismes / douard Bonnaff ; prface de M.Ferdinand Brunot,.... 1920.

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    Copyright by Librairie Delagrave, 1920.

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    Voici un livre qui n'a pas, comme tant d'autres, t improvis. Il repr-sente une vie de recherches, d'attention soutenue, de curiosit minutieuseet obstine. Encore fallait-il que l'auteur ft n dans des conditions parti"entires, et et reu une ducation spciale pour le mener bien. Car sialderman ou bachelor, auburn ou ball-trap se dclent d'eux-mmescomme trangers, drain, indsirable, interlope, cent autres portent un airsi franais qu'on nepense pas leur demander leurs papiers, il, Bonnaff,qui est un vrai bilingue, dcouvre si bien les suspects qu'on le souponneparfois de voir de l'anglais partout, comme le personnage de Labiche flai-rait du romain. On se rserve, on consulte, et, aprs avoir rsist, on estoblig d'accorder que l'auteur a dcidment raison. Malgr le DictionnaireGnral et les autres, il est possible que session, malgr sa physionomielatine, nous soit venu d'Angleterre, avec tant de termes parlementaires.Il y a du reste une foule de mots de mme provenance qui ont au contrairepass par chez nous avant de franchir le dtroit,

    La force de M, Bonnaff, et elle est irrsistible, c'est d'avoir pour lui lestextes. Il a lu pendant trente ans, et horreur I il a pris des fiches,comme un Sorbonnard et comme,., Victor Hugo, Quiconque a ainsi beau-coup lu, la plume la main, court chance d'avoir beaucoup retenu. Desorte qu' chaque mot l'auteur allgue sesautorits, et on est confondu qu'ilen ait pour tous, les anciens et les nouveaux, les techniques et les usuels,pour fox commepour garden-party, pour jute commepour pairesse, pourceux qui sont depuis des sicles au fond d'in-quartos en veau plein, et pourceux qui ont pass un matin dans Le Gaulois ou la Yie au Grand Air. Lesmots se succdant souvent sans aucun rapport entre eux, chaque page c'estun dfil fantastique o se heurtent romans, rcits de voyage, tudes ethno-graphiques, conomiques, traits de jeux, de chasse, de navigation, o lesAnnales des Ponts et Chausses voisinent avec du Thophile Gautier etle Chien de Chasse ou le Bulletin de la Socit d'Encouragement avecune nouvelle d'Abel Hermant et une fantaisie de Jules Verne.

    Des critiques, des philologues, de simples lecteurs ajouteront peut-tre certains articles, corrigeront des dtails. Il arrivera chacun de nousde rencontrer de ci de l un exemple plus ancien que l'exemple donn ici.

    Mais le livre que je vous prsente, cher lecteur, n'en sera nullementdiminu, car c'est un jeu assezpuril en somme que de trouver le premierexemple, Godefroy et Delboulle luttaient ce sujet pour apporter unchantillon au Dictionnaire gnral. Leur concurrence, je dois le dire, n'aservi trop souvent qu' tromper le publie ou l'tudiant, car la date d'un

  • Vi PRPACB'

    mot n'est pas celle o il a paru une fois, en enfant expos, c't*t Ugeou il t adopta.

    Et peut-tre serait-on tent ce sujet de chercher M. Donnaff s'iltait candidat au Doctorat, quelques chicanes. Il a not, de ci de l, avecle dsir de ne rien laisser chapper, quelques mots anglais dont l'auteurd'une relation de voyage s'est servi pour laisser 4 des choses anglaises ouamricaines leur nom et leur couleur, mais sans aucune ide de proposerpour eux ni naturalisation ni mmeadmission domicile, SonHe des angli-cismes? Je dois dire du reste que les exemples qu'il apporte lvent le plussouvent nos scrupules et nous font voir que notre surprise premire n'taitque de l'ignorance.

    Quand on a retranch ces trangers dans la cit , pour me servir del'expression d'un de mes prdcesseurs d'il y a bientt trois sicles, 14listedes mots rellement emprunts l'anglais reste bien longue et bien curieuse.Aucune langue, sauf l'italien, ne nous a autant fourni. Dans le corps de

    / son livre, M, Donnaff nous prsente les mots dans l'ordre ou plutt dans le'dsordre alphabtique. Il ne pouvait sans doute pas faire autrement. Maisil est certain que d'autres ne s'en tiendront pas l;lui-mme leur a donnl'exemple dans une Introduction qui est une tude d'ensemble, mthodiqueet systmatique, de l'anglicisme.

    Un vieux bibliothcaire de mes amis classait les livres en deux catgo~ries : en haut les livres avec lesquels on fait des livres, en bas les livres quisont faits avec des livres.

    Celui-ci serait en haut, tout en haut, mais on en tirera beaucoup detravaux qui seront en bas et qui auront tout de mme leur valeur. Car unjour viendra, j'imagine, o on voudra reprendre en dtail nos emprunts,les tudier par poques ou bien par matires, o on cherchera savoircomment il se fait que dans un certain ordre d'ides la pensefranaise un moment donn n'ait pu s'exprimer ou n'ait cru pouvoir s'exprimerqu'avec des signes trangers. Mode ou besoin rel, on voudra savoir lesraisons de l'ascendant de l'anglais. N'est-ce pas par exemple une preuve de

    : l'influence de l'Angleterre sur nos ides politiques que la cration* a l'aide de: tant d'lments anglais, do notre langue politique, si imparfaite et pourt cause l'poque classique, perptuellement enrichie au dix-huitime

    sicle par l'apport venu d'Outre-Manche?Ce sera l'honneur de M. Bonnaff d'tre le guide de tous ceux qui tra-

    vailleront en ces matires, et il est sur de le rester longtemps. Cet hon-nern'est pas mince.

    FERDINAND BRVNOT.

  • INTRODUCTION

    Dans la prface de sa magistrale Histoire de la Langue franais*, encours de publication, M. Ferdinand Drunot, examinant les transforma-tions incessantes de notro vocabulaire, fait ressortir l'utilit qu'il yaurait, pour leur tude prcise, tablir un Pan-Loxique qui ne con-tiendrait pas seulement les mots de production littraire, mais encoretous les autres, ns de la vie elle-mme d'un peuple.

    Le progrs incessant de la science, dit-il, sa vulgarisation, le mou-vement quotidien de la vie ont mis en circulation une multitude d'l-ments nouveaux do langage, mots, expressions, tours, venus de partout,de l'anglais ou de l'argot, du grec ou du patois, que le thtre, que lapresse surtout vulgarise par ses millions de bouches, dont les uns seperdent en quelques jours, dont les autres deviennent peu peu fami-liers a tous, au point d'entrer partout, et jusque dans le Dictionnairede l'Acadmie, Que d'inventaires a entreprendre, que de classifications afaire dans cette norme masse l(l) '','"

    Nous avons voulu essayer de dresser un de ces inventaires, de jeterles bases d'une de ces classifications, en un domaine encore trs insuf-fisamment connu : l'Anglicisme.

    Parmi les nombreuses modifications qu'a subies la langue franaise,au cours du sicle dernier, une des plus caractristiques, croyons-nous,a pour cause l'introduction et la fixation dans notre vocabulaire d'ungrand nombre de mots d'origine trangre, tout particulirement demots d'origine britannique.

    Le nologisme allogne n'est d'ailleurs pas un fait nouveau en France.Ds le xiv sicle, l'Italie, que les relations commerciales et politiques

    commencent a rapprocher de nous, nous passe quelques-unes de sesfaons de parler. Plus tard, ls expditions de Charles VIH, de Louis XIIet de Franois I? par del les Alpes, le mouvement artistique et litt-raire provoqu par la