COMMENT ABORDER LE MONDE DU VIVANT EN .2-©valuation diagnostique : recueil et confrontation des

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  • NOM : Sandrine NANEIX pouse GUILLAUMIN DIRECTRICE DE MEMOIRE : Mme JANIER Discipline : sciences biologiques

    COMMENT ABORDER LE MONDE DU VIVANT EN MATERNELLE,

    ALORS QUE CE CONCEPT FAIT APPEL A LABSTRACTION ?

    Projet mis en place en classe de Petite Section et Moyenne Section lcole FARGIN-FAYOLLE de La Chapelaude.

    I.U.F.M. de lacadmie de Clermont-Ferrand Antenne de Moulins

    Anne scolaire 2006-2007

  • Cadre rserv au jury

  • SOMMAIRE INTRODUCTION 1 I-APPROCHE THEORIQUE 2 A-Dfinition du concept du vivant 2 1-Quest-ce que le monde vivant ?

    2-Comment les enfants se reprsentent-ils le monde vivant ? a)Les reprsentations ne sont pas des connaissances b)Lgocentrisme enfantin

    B-Labstraction et les jeunes enfants 6 1-Du concret labstrait 2-Les particularits du dveloppement cognitif des jeunes enfants 3-ladulte comme mdiateur indispensable dans les apprentissages de lenfant

    II-PROTOCOLE MIS EN OEUVRE 10 A-Situation de dmarrage : ncessit de faire merger les conceptions initiales 10 des lves

    1-situation dclenchante 2-valuation diagnostique : recueil et confrontation des conceptions initiales

    3-questionnement scientifique productif

    B-Dmarche dinvestigation et utilisation du cahier dexpriences 13 1- mission dhypothses 2- ralisation des plantations 3-observations libres et orientes

    C-Activits de structuration - institutionnalisation 18 D-Evaluation et pistes de remdiation 19 III-RETOUR SUR MA PRATIQUE 25 A-Comparaison du travail men avec les lves de petite section 25 avec celui ralis en moyenne section B-Etude du recueil des conceptions et de lvaluation finale: 26 les reprsentations des lves ont-elles volu ? 1-comparaison quantitative et qualitative du recueil initial lvaluation finale 2-des difficults rencontres dans linterprtation du recueil et de lvaluation CONCLUSION 29 TABLE DES ANNEXES 30

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    INTRODUCTION Ayant poursuivi des tudes de biologie-cologie luniversit, je me passionne pour ce

    domaine ; jai donc eu envie de partager cette passion avec mes lves. Ceci constituait un rel dfi pour moi car jtais bien consciente que jallais madresser des enfants de trois et quatre ans et que par consquent il fallait transposer mes connaissances afin de madapter eux.

    Jai choisi de porter lattention sur le monde vgtal car daprs ce que jai pu comprendre antrieurement en observant des enfants de mon entourage, pour ces derniers, les vgtaux ne sont pas vivants. De plus, ce projet prsente une certaine transversalit : il peut tre exploit comme support dautres domaines disciplinaires : le langage en situation (expliquer ce que lon est en train de faire), langage dvocation (expliquer ce quon a fait, ce quon a vu), dveloppement dactivits motrices, vivre ensemble (mener une activit collective, socialisation, partage du matriel). Dautre part, par le biais de ce projet, on peut participer la construction dune autre notion abstraite : le temps qui passe (annexe 1).

    Il est noter que le concept du vivant occupe une place non ngligeable dans les Instructions Officielles en vigueur au sein du domaine de la dcouverte du monde. Je me suis penche principalement sur lobservation de trois caractristiques du vivant : la naissance (la germination des graines), la croissance (la plante pousse et grandit), et la nutrition (la plante a besoin deau).

    Durant mon stage fil en responsabilit, jai bnfici dune excellente coopration avec lenseignante titulaire et donc dune grande libert de pratique : jai pu mettre en place mon projet de mmoire ma guise. De plus, le concept du vivant navait jamais t abord auparavant. Ma classe comportait deux niveaux : 17 lves de Petite Section (dont 10 sont prsents laprs-midi) et 10 lves de Moyenne Section ; il sagissait dune cole rurale et paradoxalement les lves taient peu ouverts sur la nature.

    Il ma paru judicieux de me rendre compte par la pratique des possibilits des enfants, en petite section et en moyenne section, et de les comparer. Cest pourquoi jai dcid de mettre en place une mme dmarche avec les deux niveaux afin den tirer des conclusions : les lves de petite section sont-ils moins, autant ou plus aptes entrer dans le monde du vivant que les lves de moyenne section ? Et comment aborder le concept du vivant qui fait appel labstraction par dfinition ?

    Dans une premire partie, thorique, je dclinerai quelques dfinitions permettant

    dexpliciter des termes de la problmatique et de mettre en lumire les apports de la psychologie et des sciences de lducation.

    Ensuite, la deuxime partie consistera en une description prcise et commente de la dmarche scientifique mene avec les lves.

    Enfin, la troisime partie proposera une prise de recul sur le travail men afin den dgager lintrt et les limites dans le but damliorer mes pratiques pdagogiques ultrieures.

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    I-APPROCHE THEORIQUE A-Dfinition du concept du vivant 1-Quest-ce que le monde vivant ? Ladjectif qualificatif vivant drive du nom commun la vie .

    On peut trouver dans la littrature diverses dfinitions du concept du vivant, plus ou moins compltes, en fonction des ouvrages et des auteurs.

    Nous pouvons citer celle-ci du Petit Larousse illustr: vivant : qui est en vie et si nous cherchons le mot vie, nous trouvons vie : ensemble des phnomnes (nutrition, assimilation, croissance, reproduction) communs aux tres organiss et qui constitue leur mode dactivit propre, de la naissance la mort . Dans ce dictionnaire, ladjectif vivant est associ lide de dynamisme et de mouvement. Or cest inexact (la preuve en est faite pour les vgtaux).

    On peut aussi ajouter la dfinition suivante issue du manuel scolaire de sciences de la vie et de la terre, classe de seconde (Eric PERILLEUX, 1997) : Un tre vivant peut tre dfini par ses caractristiques fonctionnelles. Il est capable dchanges avec le milieu qui lentoure et de se reproduire [] . Ici, les caractristiques fonctionnelles ne sont pas prcises mais lide dchange avec le milieu extrieur est intressante car elle induit les fonctions de nutrition par le prlvement de nourriture dans le milieu et lexcrtion de dchets lextrieur.

    Une dfinition plus rigoureuse apparat dans le Petit Larousse de la Mdecine : La vie est un tat dactivit caractristique de tous les organismes animaux et vgtaux, unicellulaires ou pluricellulaires, de leur naissance leur mort. Cet tat dactivit correspond lensemble des fonctions organiques (reproduction, mtabolisme, adaptation au milieu environnant, etc.) qui permettent la croissance et la conservation de lorganisme .

    Enfin, une dfinition trs dtaille du concept du vie est propose dans louvrage Comprendre le vivant, la biologie lcole (J. GUICHARD et J. DEUNFF, 2001). Les auteurs de louvrage explicitent tout dabord le concept du vivant en faisant rfrence au langage courant : le vivant est ce qui est dot dune force vitaliste, ce qui est capable daction et de mouvement. Ils relatent les exemples suivants : La Terre, plante vivante pour dire La Terre, plante qui volue ainsi que Ce livre est vivant pour indiquer que Ce livre est intressant et expliquent cette occasion que toutes ces locutions images et ces maladresses de langage conduisent une confusion dans la dfinition du vivant mme chez des adultes. Cest pourquoi ils proposent une dfinition dordre scientifique en prcisant que le concept du vivant ninclut pas la mort et les choses inanimes : la voiture, bien quelle roule [] et quelle ait sans cesse besoin de boire [] nest pas capable la fois de sauto-construire, de sauto-reproduire et de se procurer

  • 1 GIORDAN, A. et DE VECCHI, G. Les origines du savoir. Editions delachaux et niestl. 1987, 1994. GIORDAN, A. et DE VECCHI, G. Lenseignement scientifique : comment faire pour que a marche ? . Editions zditions. 1994

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    elle-mme lnergie dont elle a besoin . Ici lide dautonomie est un nouvel aspect non rencontr dans les dfinitions prcdentes du vivant.

    Comme le signalent de faon trs concise les programmes de 2002, nous pouvons donc retenir que le monde vivant est constitu dun ensemble dorganismes dots des caractristiques suivantes : naissance, croissance, nutrition, reproduction, mort.

    Si la dfinition du vivant est claire dans lesprit de lenseignant, ce concept est loin

    dtre construit chez des enfants de maternelle. Afin daider ses lves entrer dans le monde du vivant, lenseignant doit laborer des situations pdagogiques en tenant compte de leurs propres reprsentations. En effet, ce choix pdagogique me semble judicieux en sciences si on se rfre au constructivisme, thorie selon laquelle un enfant btit une nouvelle connaissance, par dsquilibre et remise en cause dune conception initiale. Lenseignant doit crer un effet de surprise afin damener llve se questionner, ceci offrant la possibilit ce dernier non seulement dacqurir une nouvelle connaissance mais aussi deffacer des conceptions errones.

    2-Comment les enfants se reprsentent-ils le monde vivant ? a)Les reprsentations ne sont pas des connaissances

    Diverses thories sur lapprentissage ont t proposes. Les pdagogues ont emprunt PIAGET des lments danalyse quils ont appliqus aux apprentissages. Ils expliquent que lorsquun lve entre lcole sa tte nest pas vide, il a dj des reprsentations du monde qui lentoure. Cest ce que PIAGET, dans ses travaux en psychologie relatifs au dveloppement de lintelligence, appelle le cadre assimilateur. Ce dernier est en gnral pauvre chez des lves de cycle 1 parce quils sont trs jeunes, et les savoirs quil contient sont parfois fiables, cest--dire valides, mais aussi parfois errons. Toute la difficult pour lenseignant est de dterminer quels sont les savoirs de lenfant afin de laider acqurir des connaissa