VERS UN RESUME INFIRMIER MINIMUM ACTUALISE : UN · PDF file VERS UN RESUME INFIRMIER MINIMUM...

Click here to load reader

  • date post

    03-Jan-2020
  • Category

    Documents

  • view

    1
  • download

    0

Embed Size (px)

Transcript of VERS UN RESUME INFIRMIER MINIMUM ACTUALISE : UN · PDF file VERS UN RESUME INFIRMIER MINIMUM...

  • VERS UN RESUME INFIRMIER MINIMUM ACTUALISE : UN SCENARIO POUR LE CHANGEMENT W. Sermeus, L. Delesie & K. Van den Heede*

    Walter Sermeus est infirmier, licencié en biostatistique et docteur en soins de santé

    communautaires. Il est professeur au Centrum voor Ziekenhuis- en

    Verplegingswetenschap K.U.Leuven et membre de la direction générale de l’U.Z.

    Leuven.

    Luc Delesie est ingénieur civil, master of science in operations research and statistics et

    docteur en philosophie. Il est professeur au Centrum voor Ziekenhuis- en

    Verplegingswetenschap K.U.Leuven et membre de la direction générale.

    Koen Van den Heede est infirmier et licencié en sciences médico-sociales. Il est

    collaborateur scientifique attaché au Centrum voor Ziekenhuis- en

    Verplegingswetenschap K.U.Leuven.

    Le Résumé Infirmier Minimum ( RIM ) permet, depuis 1988, la visualisation de l’activité infirmière dans les hôpitaux généraux. Cependant, la pratique infirmière et la politique des soins de santé ont, durant les 14 dernières années, évolué de telle manière qu’une mise à jour de l’actuel RIM s’impose. Dans cet article, les auteurs analysent l’approche à suivre pour aborder l’actualisation et la base théorique pour le développement d’un certain nombre d’indicateurs pertinents sur le plan de la gestion. Ceci est illustré à partir du programme de soins gériatrie INTRODUCTION

    Depuis 1988, le Résumé Infirmier Minimum ou RIM doit être enregistré dans tous les hôpitaux généraux belges. Ces 14 dernières années, le RIM est devenu un concept familier pour les infirmiers, les médecins et les directions hospitalières. Pourtant l’exploitation de cette banque de données étendue reste limitée. Ainsi, seule une petite partie du budget de l’hôpital est basée sur le RIM. Certaines directions hospitalières utilisent également le RIM afin de déterminer la politique locale à suivre, par exemple pour la gestion de l’effectif du personnel infirmier. Malgré l’évolution continue des soins

    1

  • de santé et de la profession infirmière en particulier, le RIM n’a pas fondamentalement changé depuis sa création en 1985. Dès lors, une actualisation est souhaitable. Une proposition de scénario permettant de réaliser cette actualisation est examinée dans l’article ci-dessous. Cette actualisation repose sur cinq principes de base :

    1) L’enregistrement du RIM est intégré dans l’ensemble plus grand que constituent

    les systèmes d’enregistrement des hôpitaux ou des patients (Résumé Clinique

    Minimum ou RCM, Résumé Financier Minimum ou RFM, et autres).

    2) On tente d’utiliser au maximum les données existantes, quel que soit le système

    d’enregistrement dans lequel elles se trouvent, avant de proposer un

    enregistrement de nouvelles données.

    3) L’approche quantitative existante des soins est complétée par une approche

    davantage qualitative ou évaluative.

    4) L’actualisation s’inscrit dans le concept de programmes de soins. Six

    programmes de soins sont utilisés : l’oncologie, la pathologie cardiaque, les

    soins intensifs, les soins chroniques Sp, la gériatrie et l’enfant à l’hôpital.

    5) L’actualisation est mise au point grâce à un dialogue permanent avec le secteur

    des hôpitaux et des infirmiers.

    PROPOSITION D’APPROCHE A SUIVRE

    L’actualisation se déroule en trois phases. Dans la première phase, on distingue, sur la base du RIM, pour chaque programme de soins, quatre modalités différentes de séjour (hôpital de jour, séjour de courte durée, séjour classique, soins intensifs). L’hôpital de jour prévoit pour le patient un séjour de quelques heures jusqu’à une journée maximum, sans nuitée. Le séjour de courte durée est défini comme un séjour prévu pour cinq jours maximum. Une section séjour de courte durée offre une continuité de 24 heures sur 24 pendant la semaine mais elle ferme durant le week-end.

    Nous remercions la Direction de la Politique des soins de santé, Administration des soins de santé du Ministère fédéral

    des Affaires sociales, de la Santé publique et de l’Environnement, pour le financement et le soutien du

    projet « Actualisation du résumé infirmier minimum, 2001 ».

    2

  • Dans une section de soins classique, le séjour des patients varie de quelques jours à quelques mois. La section de soins classique prévoit une continuité de 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En fonction de l’examen, de la thérapie et du traitement, l’effectif du personnel infirmier est souvent plus important durant la journée que le soir ou durant la nuit. Enfin, dans une section de soins intensifs, on prévoit un important effectif du personnel infirmier, à cause du caractère menaçant pour la vie, où la continuité de l’observation, du traitement et des soins doit quasiment être constante 24 heures sur 24 (Sermeus et al., 2001). Dans la deuxième phase, on accorde de l’attention à la variabilité et à l’intensité des soins infirmiers. Dans l’hôpital de jour, la variabilité et l’intensité des soins infirmiers sont limitées. Dans une section de soins classique ou dans une unité de soins intensifs, elles augmentent considérablement, ce qui rend indispensable un suivi étroit. La variabilité des soins infirmiers par groupe de pathologie est visualisé par couplage du RIM au RCM. En outre, le RIM est actualisé du point de vue du contenu. En effet, les soins infirmiers ont considérablement évolué ces 15 dernières années : introduction de nouvelles techniques, nouvelles idées en matière de soins des plaies, informatisation, davantage de soins autonomes encadrés et transfert des informations, etc. De surcroît, il ne suffit plus de décrire les soins infirmiers ; il y a de plus en plus de demande pour une justification des soins, ce qui mène vers une nouvelle série d’indicateurs et d’instruments où la justification des soins infirmiers (Evidence Based Medecine) entre en ligne de compte. Cela se fait sur la base d’indicateurs de performance clinique élaborés à partir de directives d’ordre pratique afin de confronter les soins dispensés à l’évidence scientifique. Dans la troisième phase, les données relatives au personnel, demandées dans le cadre de l’enregistrement du RIM, fournissent des informations concernant l’effectif du personnel infirmier. Dans ce cas-ci également, on ajoute la notion « justifié » sur la base d’un certain nombre de critères internationaux qui sont disponibles afin d’évaluer le « staffing adequacy » ou le « staffing effectiveness » (Needlemen et al., 2001). Afin de pouvoir rencontrer les souhaits et les attentes des hôpitaux et des infirmiers, un groupe de travail est créé pour chacun des six programmes de soins. Les réunions des groupes de travail réalisent progressivement le scénario : admission et séjour, soins infirmiers et encadrement en matière de personnel infirmier. Afin de faciliter ce processus, les chercheurs élaborent une proposition, à partir de données disponibles. Cette dernière est soumise aux groupes de travail. Le groupe de travail évalue la faisabilité et la pertinence de la proposition. Sur cette base, on prépare un prototype de RIM actualisé lequel peut être testé dans un certain nombre d’hôpitaux pilotes. Sur la base des résultats de cette phase expérimentale, on élabore ensuite un RIM actualisé.

    3

  • UN REGARD PROSPECTIF SUR LE NOUVEAU RIM Le nouveau RIM mettra beaucoup plus l’accent sur la justification des soins infirmiers. Concrètement,cela signifie qu’on développe, sur la base du RIM, un certain nombre d’indicateurs qui devront donner aux infirmiers, infirmiers en chef, infirmiers cadres infirmiers intermédiaires, directions et décideurs les informations nécessaires afin qu’ils puissent orienter les soins infirmiers dans la bonne direction. Des indicateurs, il y en a de toutes les sortes. Une première série d’indicateurs ont pour but de justifier une admission et un séjour à l’hôpital. La méthode RAND (Sharpe et al., 1996), les Appropriateness Evaluation Protocols of AEP (Panis et al., 2001) et Intensity-Severity-Discharge-Appropriateness of ISD-A (Paranjpe et al.,1989) n’en constituent que quelques exemples. Ce qui caractérise la plupart de ces instruments, c’est que les soins infirmiers en font partie intégrante. En effet, les soins infirmiers justifient, pour une grande partie, encore plus que les soins médicaux, la durée du séjour (Welton & Halloran, 1999). Une deuxième série est constituée d’indicateurs visant à justifier la nature et l’intensité des soins infirmiers. Il va de soi que ce volet de l’actualisation tient compte des développements qui ont lieu à l’étranger. On pense principalement aux Pays-Bas (Goossen et al., 2001) et à la Suisse (Berthou & Junger, 2000) qui ont déjà connu une première expérience avec le RIM. L’actualisation du RIM s’inspire du cadre théorique basé sur les idées de Henderson (Halloran, 1995) et Orem (1995). Benner (1984) les a traduites en six rôles infirmiers concrets. Premièrement, les infirmiers jouent un rôle unique dans l’assistance du patient pour ses besoins de base. Les infirmiers prêtent assistance pour les besoins de base lorsqu’il y a une absence totale, partielle ou imminente de soins autonomes. Une absence de soins autonomes est dûe à un