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Thophile de B O R D E U vitaliste O

par le Docteur Jean G O D O N N C H E

La glorieuse Facult de Montpellier, o sont venus s'instruire d'illustres mdecins , parmi d'autres Vsale au xvi e sicle et Sydenham au x v n e , a vu s'panouir au x v u i e sicle la doctrine biologique du vitalisme avec les Pro-fesseurs Astruc, Boissier de Sauvages, Barthez et l'ancien lve, Bordeu. Barthez, Bordeu ont fait quelque temps carrire Paris.

Ce vitalisme prsente des affinits avec l 'animisme de Stahl, voire de Platon qui distinguait une me intellectuelle sigeant dans le cerveau, sensi-tive dans le cur, nutritive dans l 'abdomen. Bordeu, s 'opposant au dualisme net de Descartes, admettait l 'existence d'un principe vital distinct de l 'me, intermdiaire, veillant sans cesse sur l 'organisme. Cependant, les passions influent sur la physio-pathologie. Donc nuances, mais affinits entre animisme et vitalisme. Nuances encore entre la concept ion de Barthez d'un principe vital unique, rgulateur, et la concept ion de Bordeu pour qui la vie gnrale n'est que le rsultat ou la s o m m e des vies particulires de chaque organe. Centralisation initiale d'aprs Barthez, action fdrative conjointe d'aprs Bordeu, plus simpliste que Leibnitz et ses monades multiples.

LA POSITION DE BORDEU

Depuis sa thse de Montpellier : De sensu generice considerato , Bordeu a combat tu la fois les iatrochimistes et les iatromcaniciens, notam-ment Boerhaave tenant des uns et des autres. Il rgne dans les lois de l ' conomie animale un art merveilleux qu 'on n'imitera jamais , crit-il (Maladies chroniques, premire partie, X V ) , et e n c o r e : . . . l e s physiciens ont transform l 'homme en machines leviers, pompes , ressorts, tuyaux, pressoirs (ibid., 6 e partie, I I ) . Les ides du mdec in barnais sont bien diffrentes. La sensibilit, telle est la proprit b io logique domi-nante, car les nerfs jouent un trs grand rle. L'irritabilit de Haller est une

(*) Communication prsente la sance du 24 novembre 1973 de la Socit Franaise d'Histoire de la Mdecine.

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proprit plus gnrale de la substance vivante. Ainsi se prsentent les plus grandes analogies avec la doctr ine des arches de Van Helmont pour qui le grand arche se trouve dans l 'estomac. Pour Bordeu, il y a un dparte-ment des organes influant les uns sur les autres et, c o m m e d'autres, d'ailleurs, il admet le trpied essentiel : cerveau, cur, es tomac (disons tube digestif). Il insiste sur les forces pigastriques , allant jusqu' dcrire que par diaphragme, ventricule, intestin, il se produit un quilibre duquel dpend la sant de l'individu . Avec de tels principes ont t crites des uvres d'anatomo-biologie et des uvres cliniques.

BORDEU, ANATOMISTE ET BIOLOGISTE

Il a tudi l 'anatomie sa manire : Il y a des gens qui (la) prennent sur le pied d'une histoire simple des parties et de leur structure, moi (avec) discussion sur l'usage, les liaisons, les rapports... L'anatomie s'apprend au lit des malades. Ce n'est donc pas le squelette de l 'anatomie qu'il faut considrer, mais le corps vivant. Pourtant, les autopsies sont utiles, ce qui devance la mthode anatomo-clinique de Laennec.

Il existe une merveilleuse ordonnance dans l'articulation des os de la face. Bordeu adopte l'ide des causes finales, d'aprs Aristote. Par exemple, Les os maxillaires sont fixes, leur bo rd suprieur dentel pour s'enchsser plus solidement, mme coup en biseau pour qu'une plus grande surface appuie... Les os de la pommet te raffermissent les os maxillaires, leur bo rd antrieur est enchss avec l 'minence malaire des maxillaires. Les os du palais soutiennent la partie postrieure des os maxillaires.

L ' importance du tissu muqueux ou cellulaire, que nous appelons conjonc-tif, est relle. De toutes les parties du corps , elle est la plus tendue, elle fait la base de tous les organes, les lie, favorise ou entretient leurs rapports, elle est le sige de plusieurs maladies. Le suc nourricier est apport par les vaisseaux aux fibres aptes au mouvement et au sentiment, d 'o il suit que les humeurs peuvent aller et venir en tous sens dans les interstices. L'inner-vation joue son rle et il se produit un mouvement perptuel de resserre-ment et de dilatation (strictum et laxum). Le pritoine, la plvre sont des lambeaux dudit tissu que l 'on trouve, d'ailleurs, partout : sous la peau, dans les muscles, au crne, au tronc, aux membres o il se perd dans les aponvroses. La pntrabilit, proprit fondamentale, change la marche des humeurs. Il y a, distance, continuit de tissus et des mtastases entre les parties internes et externes : dmes, par exemple, dans suppurations profondes .

C'est dans les Recherches anatomiques sur la position des glandes et leur action que se montrent le mieux les concept ions vitalistes. Presque toutes les glandes sont tudies, y compr is la matrice, bien que, naturelle-ment, les fonctions des endocrines, des surrnales par exemple, soient peu prs inconnues. Il y a, en sus, d'intressants aperus d'anatomie compare chez divers animaux. L'auteur traite de l 'excrtion avant la scrtion pour

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meilleure explication. L'excrtion ne saurait tre due la compress ion des glandes. De longs dveloppements sont faits au sujet de la parotide pour laquelle l 'espace form par les branches montantes de la mchoire infrieure et par la base du crne augmente, loin de diminuer, quand on ouvre la bouche . Dans les mouvements latraux, c'est le condyle oppos qui agit. Quant au pancras, aux reins, ce sont des organes mobi les , flottants, le diaphragme ne peut jouer le rle de pressoir.

Certains ont prtendu qu'il existe la base du cerveau une sorte d'enton-noir constitu par une fossette se terminant par un petit canal membraneux un corps mollet , la glande pituitaire. Mais Bordeu doute que le cerveau soit une glande. Il commande , il est vrai, les nerfs, ainsi que son prolon-gement, la moel le .

L'excrtion se produit la suite d'un tat spasmodique, des convulsions irritant la glande. La scrtion est sous la dpendance du systme nerveux dont plusieurs preuves, notamment l 'abondance des nerfs aux glandes, l'arrt de scrtion par la section desdits nerfs. Il existe une sensation des glandes qui laissent passer ou arrtent leur gr, donc une action propre des organes.

BORDEU CLINICIEN

Bordeu est avant tout clinicien. Ses ides sur l 'volution de la maladie, qui est un trouble dans l 'exercice des fonctions des organes, ont certaine ressemblance avec les processus glandulaires. En effet, toute maladie est un travail dont le terme est une excrtion critique quand la gurison s'ensuit (Maladies chroniques, dbut de la 5 e partie). Pour les maladies aigus c o m m e pour les maladies chroniques, qui ne diffrent pas essentiel-lement de nature, il y a normalement trois stades : d'irritation, de maturit, d'vacuation. Dans les aigus, le spasme est vif ; dans les torpides, la marche est lente et les crises imparfaites. Il y a, d'ailleurs, parfois des irrgularits de marche, notamment dans les fivres malignes dsordonnes. Quant au processus, si frquent, de l'inflammation, il ne consiste pas seulement en collect ion de sang, mais en chaleur et en augmentation des forces : l encore les nerfs agissent. Les suppurations sont qualifies de dpts . C o m m e les sueurs, elles peuvent tre critiques ou symptomatiques. Les cicatrices sont une cohsion des couches du tissu cellulaire.

L'idal serait de faire passer les maladies chroniques l'tat aigu car, d'aprs Hippocrate , le spasme calme la fivre. L'art gurit les maladies en prparant et en excitant les crises (Maladies chroniques, premire partie, X L V I ) . D'aprs Galien, les crises constituent un redoublement o u un accs extraordinaire terminant les maladies. C'est sur elles que Bordeu a crit un article dans l 'Encyclopdie . Tenant des Anciens, il admet c o m m e eux que les septennaires, septime, quatorzime, vingtime, durant la pr iode morbide , jugent bien mais que les intercalaires sont moins parfaits et que

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le septime jou r est un tyran . L'auteur, minutieux observateur, en une longue publication, a not l'tat du pouls par rapport aux crises : fort o u dbile, dur ou mou , rare ou frquent, gal ou ingal.

Voi l de la clinique vivante, si l 'on peut dire. Mais alors les sciences qui aujourd'hui ont pris tant d ' importance ? Le Barnais s'lve vivement contre les chimistes qui mconnurent les lois de la vie, mais il accepte bien cette chimie sublime... approchant le plus prs qu'il est possible de la nature . Au total, reconnaissons toutefois qu'il n'a pas saisi toute la por te des recherches futures, certaines railles par avance, et son exprimentation est bien fruste.

LA THERAPEUTIQUE

A propos de l ' inoculation dont il est partisan, retraant l'histoire mdi-cale des diffrentes sectes qui se sont partages la mdecine au cours des sicles, Bordeu n'aime gure les dogmatiques assurs de leurs principes, il ne dteste pas les empiriques tirant parti de l 'exprience, mais il prfre les naturistes ramenant les maladies leur marche normale, voire les clectiques ne dissertant point au lit des patients, observant avec sagacit. Lui-mme prescrit peu, veillant aux ractions de l 'organisme pour les favo-riser ou les modrer , s'il y a lieu. Saignes et purgations, couramment prati-ques l 'poque, sont employes par lui avec discernement. Le moment oppor tun est choisir : dans les crouelles au dbut, il y aurait danger appliquer prmaturment des empltres, mais plus tard quand la fluctuation c o m m e n c e . Celui qui fut intendant des eaux minrales du Barn ne manque pas de les conseiller parce qu'elles favorisent ou empchent les excrtions morbifiques ou les crises. Suivez la nature , telle est la conclus ion du discours adress sur la montagne par un mdecin des Pyrnes son jeune confrre.

CONCLUSION