ROBERT DOISNEAU - Accueil - Fondation Henri Cartier · PDF fileRobert Doisneau à la...

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  • contact presse : Jessica RETAILLEAU Fondation HCB, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris T +33 1 56 80 27 03 / F +33 1 56 80 27 01 / jessica.retailleau@henricartierbresson.org

    ROBERT DOISNEAU DU MTIER LUVRE

    du 13 janvier au 18 avril 2010

    vernissage presse le mardi 12 janvier de 10h 12h

    Dossier de presse

  • Robert Doisneau la Fondation HCB, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris - du 13 janvier au 18 avril 2010 www.henricartierbresson.org

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    Sommaire

    Communiqu de presse .......................................................................................p.4

    Biographie..............................................................................................................p.7

    Visuels libres de droits .........................................................................................p.8

    Catalogue dexposition (Steidl) . p.11

    Infos utiles .............................................................................................................p.12

    Conversations de la Fondation HCB.................................................................p. 13

    Partenaires mdias p.14

  • Robert Doisneau la Fondation HCB, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris - du 13 janvier au 18 avril 2010 www.henricartierbresson.org

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    Robert Doisneau, Jeux africains, 1945 Atelier Robert Doisneau

    Toute ma vie je me suis amus, je me suis fabriqu mon petit thtre.

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    Robert Doisneau Du mtier luvre 13 janvier-18 avril 2010

    Comme tous les familiers de la rue, Doisneau a su fixer cette gravit rayonnante qui isole un tre humain de la foule, ces moments de grce qui rassemblent des passants dans lillusion dun instant comme dans une gomtrie de rve. Jean-Franois Chevrier

    Longtemps Robert Doisneau a t peru comme le chantre du pittoresque parisien. Illustrateur de gnie, il a su comme personne saisir limage agrable, lanecdote inattendue : on a reconnu en lui le professionnalisme et la posie simple de linstantan. Mais luvre de Robert Doisneau est infiniment plus complexe.

    Lexposition de la Fondation Cartier-Bresson propose une slection dune centaine

    dpreuves originales, choisies en majorit parmi les trsors de son atelier et dans diverses collections publiques ou prives. Les images prsentes ont t ralises entre 1930 et 1966 Paris et dans sa banlieue. Cette relecture tend montrer comment Robert Doisneau est pass du mtier luvre *, avec une gravit insouponne, en inscrivant sur la pellicule un monde dont il voulait prouver lexistence.

    Le catalogue, publi en franais par Steidl est accompagn dune introduction dAgns

    Sire et dune relecture mise jour de ltude que le critique dart Jean-Franois Chevrier avait consacre Doisneau en 1983. Cet ouvrage prsente un visage indit du clbre photographe

    qui prtendait photographier pour survivre ; luvre ainsi aborde prend un sens diffrent, par la slection remarquable, exigeante et sensible qui est propose. On percevra naturellement que

    cest ce sentiment dinsuffisance de lenregistrement photographique (..) constitutif dun art qui procde de lmotion, qui, alli un besoin de ralisme, fait la force des images de Doisneau.

    Une grande complicit le liait Henri Cartier-Bresson ; aussi enfantins lun que lautre dans leurs rires, ils ne manquaient cependant pas de se consulter srieusement ds que le mtier

    lexigeait. Notre amiti se perd dans la nuit des temps, crivait HCB en 1995, nous naurons plus son rire plein de compassion, ni les rparties percutantes de drlerie et de profondeur. Jamais de redite, chaque fois la surprise. Mais sa bont profonde, lamour des tres et dune vie modeste, est pour toujours dans son uvre. Ils navaient pas la mme conception de la

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    photographie, limparfait de lobjectif de Doisneau se conjuguant mal avec limaginaire daprs nature dun Cartier-Bresson, plutt adepte de la rigueur, influenc par la peinture et le dessin et hostile au recadrage. La revue Le midi illustr, rapporte que lors des obsques de Robert Doisneau, Cartier-Bresson a jet dans la tombe de son copain une moiti de pomme, puis a croqu lautre dans un geste de communion profane, posture qui en dit long sur la fraternit simple des deux hommes.

    N en 1912 Gentilly, en banlieue parisienne, Robert Doisneau grandit dans un univers petit-bourgeois quil excre. Form lEcole Estienne il obtient un diplme de graveur lithographe et devient dessinateur de lettres lAtelier Ullman, spcialis dans les publicits pharmaceutiques. En 1931, il est engag par le sculpteur Andr Vigneau comme oprateur. Entre deux missions, il arpente les rues de Paris et de banlieue, faisant de ces lieux son studio. Tout au long de sa vie, Doisneau a t fascin par la banlieue. Jean-Franois Chevrier parle du besoin de

    Doisneau de fixer ce qui tait en train de disparatre et de laisser le souvenir de ce petit monde quil aimait. Il admirait Eugne Atget qui avait bien plus tt photographi Paris, ses rues, ses places publiques ou ses thtres de boulevard. Son premier reportage sur le march aux puces

    de Saint Ouen est publi en 1932 dans Excelsior. Aprs avoir effectu son service militaire dans les Vosges, il retrouve Lucien Chauffard, rencontr lAtelier Ullman, au service photo des usines Renault Boulogne Billancourt. Pendant 5 ans, il photographie les ateliers, les foules douvriers, les chanes de montage Il est licenci en 1939 pour retards rpts.

    Cette mme anne, il rencontre Charles Rado, fondateur de lagence Rapho, qui lui

    propose un contrat de photographe-indpendant. La ralisation de sa premire commande est interrompue par la dclaration de guerre. Mobilis lest pendant le dbut de la guerre, il est rform en fvrier 1940 et rentre Paris. En juin, larrive des nazis, il quitte la capitale et se rfugie dans une ferme dans le Poitou pendant quelques mois. Cest dans cette rgion quil

    ralisera 10 ans plus tard quelques unes de ses photos les plus clbres telles que le ruban de la marie. Pour survivre pendant cette priode o les commandes sont rares, il fabrique des cartes postales en photographiant les monuments napoloniens et les vend au muse de lArme. Il met galement son talent de graveur au service de la Rsistance en fabriquant de faux-papiers. En 1945, Robert Doisneau rencontre Blaise Cendrars Aix-en-Provence grce Maximilien Vox

    qui lenvoie en commande pour lAlbum du Figaro. Lcrivain est lun des premiers sintresser au travail du photographe sur la banlieue et lencourager dans cette voie. Louvrage La banlieue de Paris, publi en 1949 scelle cette collaboration et annonce les projets de Doisneau raliss avec dautres crivains.

    LAgence Rapho est relance en 1946 par Raymond Grosset, Doisneau reprend alors sa

    place de photographe indpendant. Grce Grosset, Doisneau signe un contrat avec Vogue pour raliser des photos de mode mais il nest pas laise dans ce milieu, il ne sent pas sa place. Il prfre photographier le monde de la nuit et de la cloche avec Robert Giraud, rencontr en

    1947. Ensemble, ils tenaient une rubrique 4 mains pour Paris-Presse Lintransigeant. Cest en sa compagnie quil ralise une grande partie de ses photos de bistrots des annes 50, en tranant dans les quartiers des halles ou Mouffetard. Giraud connat parfaitement le milieu, il prsente Doisneau nombre de personnages prsents dans lexposition tels que Richardot le tatou,

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    Pierrette dOrient laccordoniste ou Anita, la jeune femme mlancolique. Robert Doisneau est un homme discret, attach son pays, parlant mal langlais et voyageant peu. Nanmoins, en 1960, il se rend aux Etats-Unis pour photographier Jerry Lewis sur un tournage Hollywood et en profite pour faire des photos avec son ami Maurice Baquet New York. Il ralise galement

    un reportage en URSS pour le journal de la CGT La vie ouvrire (sur les ralisations du cinquantenaire du pays).

    Dans les annes 80, la demande de la DATAR, il explore nouveau la banlieue, son

    espace de prdilection, en ralisant une mission en couleur. Ma vie est tlescopique, disait-il, une suite de rencontres heureuses ou malheureuses, une improvisation au jour le jour, En effet, au fil des annes, Doisneau sest li de nombreux artistes, crivains, peintres, acteurs : de Jacques Prvert Jacques Tati, de Saul Steinberg Pablo Picasso, de Daniel Pennac au chanteur Renaud et Sabine Azma, sa grande amie qui lui consacra un film pour ses 80 ans. Ces rencontres ont faonn lhistoire de sa vie. Le photographe dcde Paris en 1994 en laissant une uvre aux multiples entres.

    Cest toujours en ironisant sur lui-mme, que Doisneau abordait son travail, qui ntait

    pour lui que lantidote langoisse de ne pas tre. Jongleur, funambule, illusionniste pour encore plus de ralisme, tel est le paradoxe trompeur de celui qui voulait russir ses tours comme le font les artistes du trottoir , avec la lucidit pudique dun artiste malgr lui.

    * Au cours du premier de nos entretiens, il ma parl de ses photographies publicitaires pour des marques dautomobiles. [] Dans les semaines suivantes nous sommes souvent revenus sur le travail dillustration. Puis le temps est pass et nous nen avons plus parl ou presque plus. Nous tions alls du mtier luvre. Extrait de Jean-Franois Chevrier, Robert Doisneau, coll. Les grands photographes , Paris, Belfond, 1983

    Publication (Steidl) : Du mtier luvre, intro