REVUE DE PRESSE - Théâtre du pavé | salle de · PDF filelycéenne...

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  • REVUE DE PRESSE

  • PRESSELe BrigadierN Novembre - Dcembre 2012Bndicte Soula

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  • PRESSELe clou dans la plancheLe 18 Novembre 2012Alexandra Barbier

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    LE TARTUFFE TAIT EN NOIR

    La compagnie Les Vagabonds est de retour avec une cration Noir Lumire, unTartuffe programm dans le cadre du festival Des thtres prs de chez vous - cette manifestation qui cherche rapprocher le public toulousain de la cra-tion thtrale locale, et ce pendant dix jours. Initi en 2009 au Thtre du Pav, le principe du Noir Lumire appelle au dpouillement des dcors et des costumes afin de mettre en avant un texte classique et la performance dun nombre rduit de comdiens. Comme dans le Tartuffe de Gwenal Morin reprsent lanne dernire au Thtre Garonne, la mise en scne de Francis Azma sarrte lActe IV sur la victoire de Tartuffe. La premire reprsen-tation controverse de la pice de Molire faisait certainement elle-aussi triompher le faux dvot. Francis Azma, Guillaume Destrem et Corinne Mariotto sattachent reproduire ici cette version disparue du Tartuffe.

    Ah ! pour tre dvot, je nen suis pas moins homme ! Francis Azma a travaill le texte classique afin quil permette aux trois acteurs de jouer tous les rles. Le dcoupage est pertinent, puisque la pice parat elle-mme base sur le trio comique. Le principal est form par Tartuffe Fran-cis Azma, Orgon Guillaume Destrem, et sa femme Elmire Corinne Mariotto. Les trois comdiens sont vtus de combinaisons noires quils agrmentent de foulards afin de permettre au public didentifier leurs personnages. Ainsi, chaque figure de Tartuffe possde sa faon de nouer cet accessoire sur son corps (autour de la tte, de la taille, ou des deux) et de jouer avec (Valre, lamant de Marianne, la fille qui Orgon veut donner Tartuffe pour poux, addi-tionne les charpes quil remet sans cesse en place sur son paule). ces marqueurs visuels sajoutent les perfor-mances des acteurs qui associent un accent et une attitude chaque personnage : Marianne sexprime comme une lycenne boudeuse et sa suivante Dorine a un fort accent du sud. Malgr la simplicit des costumes et des dcors (la scne nest compose que dune pyramide en croix de cageots), le spectateur comprend facilement les enjeux de la pice de Molire.Tartuffe nentre en scne qu la scne 2 de lacte III. Francis Azma linterprte dune voix douce et presque effa-ce en comparaison avec les dictions colores des autres personnages du spectacle - ses sentiments pour Elmire, la femme de son hte, semblent sincres. Seule la fin de la pice met en avant le caractre dangereux du faux dvot qui Orgon a lgu tous ses biens avant de dcouvrir son imposture. Tartuffe est le diable sous ses airs humains trop humains. Le danger de ce personnage rside peut-tre en effet dans lapparence ordinaire que lui donne son interprte. Castigat Ridendo MoresTartuffe est reprsent pour la premire fois en trois actes au chteau de Versailles en 1664. Linterdiction de jouer cette pice qui sattaque lhypocrisie des faux dvots nest leve quen 1669. Molire crit lui-mme dans sa pr-face la comdie en cinq actes : Jamais on ne stait si fort dchan contre le thtre. Le propos de Francis Azma est de reprsenter cette controverse, de comprendre ce qui a choqu la Cour. De fait, Tartuffe est toujours aussi pertinent pour dnoncer les extrmismes religieux et lemprise de personnalits malhonntes sur des familles entires, faits divers auxquels les journaux font encore cho. Malgr leurs accents, les acteurs font clairement en-tendre ltrange posie des alexandrins. De mme, laspect improvis du jeu scnique qui se base sur un comique de gestes rappelle la commedia dellarte dont Molire sest beaucoup inspir. Cette mise en scne est donc fidle au texte de Molire tel quil fut jou au XVIIme sicle. Pourtant, elle accentue davantage le comique que lattaque la religion qui avait pouss labb Roull traiter Molire de dmon vtu de chair et habill en homme. Le mystre dun premier texte ayant provoqu tant de violence reste entier.Sil nest pas directement provocant, le Tartuffe de Francis Azma respecte lessence comique du thtre de Molire qui crivait dans son Premier Placet au Roi que le devoir de la comdie est de corriger les hommes en les divertis-sant. Le ct pur de la mise en scne laisse le soin limagination du spectateur de transfrer ce texte classique dans le monde actuel et permet de faire rsonner fidlement la langue de Molire, dans un monde tout feu tout noir.

  • PRESSELa Thtrothque.comLe 21 Novembre 2012Cline Pagniez

    EN NOIR LUMIRE

    Francis Azema nous propose ici de r-imaginer ce que fut la premire version du Tartuffe de Molire, dont nous navons aucune trace car elle fut censure ds la premire reprsentation en 1664. La pice ne put alors tre rejoue quen 1669 (version du texte que nous connaissons aujourdhui) lors de lobtention de lautorisation du Roi. Molire d retravailler le texte de manire ce quil soit moins controvers.

    En prambule, les comdiens viennent prsenter le spectacle et expliquer leur choix de mise en scne puis le Noir est lanc. Lumire : une scne orne descaliers en croix, trois comdiens en combinaison noire ; la pice commence. A la manire dun ring, rythms par le gong (le passage dun acte un autre), les acteurs vont et viennent, se transfor-ment dun personnage un autre sous les yeux des spectateurs peut-tre un peu surpris au dbut.

    Aprs un temps dadaptation sur ce va et vient incessant des comdiens, le public, grce un espace pur (ni arti-fices lumires, sons, ni costumes et dcors) peut se laisser aller savourer le texte et apprcier le jeu remarquable des comdiens.

    Il faut dire quil y en a de la performance. Trois comdiens pour neuf personnages (Clante, M. Loyal et un exempt ne seront pas reprsents) dont un reste malgr tout moins convaincant que les autres (une Marianne en pleine crise dadolescence). Afin didentifier les rles, des foulards sont exploits dans diffrents styles : pagne, bandana...Tartuffe, dans sa simplicit et son calme, amne un contre-pied intressant face aux forts caractres des autres indi-vidus. Il rend lhypocrisie dautant plus poignante.

    Tel un laboratoire dexprimentations, on ressent une certaine libert dans linterprtation des personnages et dans la diction de la versification (parfois rap ou comdie musicale) pour le plus grand bonheur du public qui redcouvre ce texte toujours dactualit.

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  • PRESSELes Trois CoupsLe 16 Novembre 2012Bndicte Soula

    TARTUFFE TIENT LE HAUT DU PAV

    Oh ! Encore Tartuffe , pensez-vous ? On la dj vu cent fois Dtrompez vous. Celui l va vous surprendre. Dabord, il sagit dune adaptation un tout petit peu infidle puisquelle prfre imaginer le texte crit avant la censure de 1644. Ensuite, et sans hypocrisie aucune, cest magistralement interprt et mis en scne par Les Vaga-bonds et Francis Azma. Jur ! Rares sont les spectacles pour lesquels le critique na aucune rserve mettre. Aucun bmol en fin darticle, histoire de montrer que, bien que sduit par la pice, il garde un il acr, si ce nest loreille ou la conscience. Eh bien ! Avec ce Tartuffe la sauce Noir lumire * mis en scne par Francis Azma, le censeur fait chou blanc. Tout est bon. Parfait. croire que nous avons t, nous aussi, compltement tartuffis . Mise en scne, scnographie, dcoupage du texte, jeu, dplacement, diction, humour, esthtique, tout est ici dune justesse absolue et dune trs haute tenue. Les trois comdiens attirent tous les superlatifs. Schangeant les rles en mme temps quils schangent les fichus, ils claboussent la scne de leur indiscutable talent dinterprte. De chacun des personnages, identifis par un foulard bien prcis, ils font un lment essentiel et irrsistible de la farce. Azma se ddouble et se reddouble, Prote hallucinant passant dune Dorine la limite de la mamma crole en un Valre tonnant, rappeur ou chanteur dans une comdie musicale, pour enfin faire son entre en Tartuffe. Un Tar-tuffe drle, sduisant autant que malfique. Corinne Mariotto et Guillaume Destrem, tout deux galement sublimes, sont installs ct du metteur en scne, main dans la main, sur le pavois. La premire glisse avec une aisance dun rle dadolescente celui de la superbe El-mire ; le second accentue le caractre atrabilaire et explosif dOrgon, terrain psychologique idal pour que le frre hypocrite installe son emprise. Grce ce soin port tous les personnages, voil que nous redcouvrons un texte que lon croyait pourtant connatre. De nouveaux moments cultesErreur ! Ce qui ntait jusque l quun refrain rpt un peu mcaniquement comme un tube la mode ( Cachez ce sein que je ne saurais voir , Ah ! Pour tre dvot, je nen suis pas moins homme ) reprend ici toute sa vigueur, sa cocasserie. Pourquoi aller chercher des vaudevilles emprunts quand tout est l, moderne, pchu, rythm et par-faitement nonc. Du thtre, quoi ! Et cela va plus loin encore, puisque avec ce Tartuffe, la compagnie rinvente dautres moments cultes. Ainsi la dispute entre les amoureux Mariane et Valre et sous lil de Dorine ( ce moment l joue par Guillaume Destrem), scne qui, soyons francs, ne nous avait pas laisss jusqualors un souvenir impris-sable, est dsormais inscrit pour les spectateurs du Pav comme un pur moment danthologie.

    (suite page 6)

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  • (suite)

    La scnographie et la mise en scne (bien que mouvante selon le principe de semi improvisation soumis par le concept Noir lumire) ne feront pas non plus lobjet dune retenue. Une estrade de bois plusieurs tages monte au milieu du plateau, un gong en fond de scne pour marquer les changements dacte et un amas de fichus, toles et autres foulards colors dont nous avons dj parl, tel est le dcor propos, sans esbroufe, mais la fois esth-tique et fonctionnel. Cependant, cest le hors scne qui est diablement bien utilis ! Coulisses et couloirs. Porte de ct. Lespace est entirement apprivois pour les besoins de la narration, de la distribution et de la dramatisation. Chapeau !

    Quant au dnouement qui offre une l