recyclage solutions produire moins de déchets

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    20-Jun-2015
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La soutenabilité (« développement durable ») repose sur la logique ducon-sommer-autrement : économiser les ressources, produire moins de déchets,augmenter le bien-être de tous.Pour répondre au continuel renouvellement, avant même d’envisager le recyclage ou la recyclabilité des matériaux (nouveau cycle de la matière), le simple réemploi de ceux qui ont déjà été manufacturés permet une économie d’énergie et leur mise en perspective historique, donc un supplément de sens et une relation entre les générations.

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La soutenabilit ( dveloppement durable ) repose sur la logique du consommer-autrement : conomiser les ressources, produire moins de dchets, augmenter le bien-tre de tous. Pour rpondre au continuel renouvellement, avant mme denvisager le recyclage ou la recyclabilit des matriaux (nouveau cycle de la matire), le simple remploi de ceux qui ont dj t manufacturs permet une conomie dnergie et leur mise en perspective historique, donc un supplment de sens et une relation entre les gnrations.

rremploi

elation

Cliquez sur les titres ci-dessous pour un accs direct aux sections. A. Dfinition Fabriquer = user lnergie et produire de la mmoire Optimiser Remployer Proccupations darchitectes des annes 1970 Trois principes du remploi Le premier emploi est dj un remploi Remploi : une logique de pauvret Le remploi bourgeois Remploi patrimoine Remploi militant Viande ou crale Architecture remployable : la hirarchie de structure Agir sur la matire ou sur lusage Architecture remployable : assemblage sec Remploi programm des dchets de construction

B. Diverses approches

C. Concevoir

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Fabriquer = user lnergie et produire de la mmoire Dans le chaos de lunivers, toute action humaine consiste, par un apport dnergie, organiser des lments qui, naturellement, sont en dsordre. Lors de la fabrication dun objet, on ne fait quorganiser la matire, mettre de lordre dans ses composants. Plus on utilise dnergie, plus on installe de lordre, de la hirarchie et des interactions, des relations entre les composants ; plus on rend lobjet complexe. Mais aussi, plus on le rend difficile dsorganiser car il acquiert une grande rsistance aux changements *. Selon le second principe de la thermodynamique, lnergie qui sert produire un travail devient de lnergie use , non recyclable, mais elle accrot linformation contenue dans lobjet, la mmoire. Pour modifier lobjet pour modifier les relations entre ses composants ordonns , il faudra un nouvel apport dnergie qui sera dautant plus important que lordonnancement premier aura t fort.n er gi e en p tro ie* Cf. Jol DE ROSNAY, Le macroscope Vers une vision globale, p. 101-105, Le Seuil, Points-Essais n 80, Paris, 1975.

Ainsi, une socit qui a pris du temps (et de lnergie) sorganiser sadapte difficilement de nouvelles conditions. Cest ce quEdward T. Hall appelle une socit contexte riche *, forte mmoire. Par rapport une socit contexte pauvre , la premire peut facilement rsister aux alas de la vie car les individus qui la composent sentraident, fonctionnent de manire solidaire ; mais elle a plus de difficults sadapter un changement, intgrer les progrs technologiques, lvolution de lorganisation familiale, etc. Par exemple, dans un village mditerranen, contexte riche, lintgration de linformatique ou la rduction du tabagisme sinstallent plus lentement quen Allemagne ou aux tats-Unis dAmrique, socits contexte pauvre* ; pour les faire voluer , il faut y apporter plus dnergie, sous forme de campagnes dducation ou dinformation.* Cf. Edward HALL, ibidem. * Cf. Edward HALL, Au-del de la culture, p. 101, Le Seuil, Points-Essais n 191, Paris, 1987.

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Ainsi, un tas de sable est facilement mallable, la forme de son ensemble nest pas stable, la mmoire de sa forme est faible. Si lon apporte de lnergie pour faire fondre ce sable (silice), on obtient une bouteille en verre qui est constitue de la mme matire mais dont les composants sont organiss de manire complexe, avec donc une forme plus difficile dsorganiser, une mmoire de lobjet plus forte. Plus on voudra modifier la forme (et lusage) de la bouteille, plus on devra apporter de lnergie nouvelle pour vaincre lnergie stocke, les relations entre les composants, la mmoire de la forme : - la simple rcupration de la bouteille vin pour y mettre de leau demande peu dnergie (nettoyer la bouteille au pralable) : on garde la forme et on modifie un peu lusage ; - la construction dun mur avec des bouteilles demande un peu plus dnergie (assemblage) : mme forme mais plus grande modification dusage ; - en cassant la bouteille pour utiliser les morceaux de verre (outil coupant ou couverture tanchisant un mur), la forme est plus nettement modifie par un apport supplmentaire dnergie et la mmoire de la bouteille se rduit ; - les morceaux broys en plus petits morceaux demandent encore plus dnergie et ne constituent plus, au niveau de la mmoire, que du gravier de verre, sans rfrence claire la bouteille ; - la fusion de ce gravier pour constituer un nouvel objet en verre (recyclage) demande encore plus dnergie et perd totalement la mmoire de lancien objet.

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Ainsi, la terre est constitue de grains (cailloux, graviers, sables, silts et argiles), deau et dair qui forment un sol avec une histoire gologique *. Les relations entre ses composants et la mmoire de sa forme passent par le mme principe nergtique : - le sol en terre est form par un faible apport dnergie (gravit terrestre et autres phnomnes naturels) ; - cette forme est facilement modifie quand on extrait la terre (plus facilement que dans le cas dun sol en bton qui a demand plus dnergie pour le former) ; - la ralisation dun mur en pis demande un nouvel apport dnergie (nergie humaine essentiellement) et la terre prend une forme plus organise, plus identifiable, de mmoire plus forte ; - la ralisation dune brique en terre crue exige plus dnergie pour construire le mme mur ; - et plus dnergie encore pour la brique en terre cuite. Mais la brique en terre cuite, avec la grande quantit dnergie quelle a exige, la rend plus rsistante : elle pourra plus facilement tre remploye. Plus on met dnergie, plus on organise la matire, plus on rend lobjet complexe, plus il est stable, durable et support de mmoire, plus il est difficile modifier et plus il faudra donc dnergie pour le modifier.* Cf. Romain ANGER, Ltitia FONTAINE, Grains de btisseurs La matire en grains, de la gologie larchitecture, p. 9, CRATerre dition, Grenoble, 2005.

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Optimiser Le rflexe de larchitecte soucieux de soutenabilit est de privilgier, dans la mesure du possible, la faible technologie la haute technologie, les matriaux et techniques demandant peu dnergie lors de leur mise en uvre et leur recyclage. Priviligier lefficacit du matriau, optimiser le rapport entre les capacits du matriau et ce qui lui est demand. Sont prfrables, par exemple : - matriaux de remploi > matriaux de recyclage > matriaux nouveaux ; - mur en pis > en briques crues > en briques cuites > en bton ; - structure en bois local > bois import > acier ; - poutre de 20 cm de haut > 40 cm si la porte et les charges le permettent ; - un chteau de sable plutt quun chteau de pierre Le compromis se trouve la rencontre entre durabilit et soutenabilit. Un mur en bton est plus durable quun mur en terre comprime mais il est moins soutenable ; il peut plus durer dans le temps et face aux contraintes quil subira mais il est plus coteux pour les gnrations futures, la terre pourra moins en supporter (soutenir) les consquences.

Hirarchie des modes de traitement des rsidus, in Grard BERTOLINI, Le minimalisme - Concept et pratiques dcoconsommation, p. 45, conomica, Paris, 2000.

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Remployer Le remploi est loptimisation de lnergie disponible dans lunivers. tant entendu que, pour vivre, nous devons avoir des activits, produire des artefacts en consommant de lnergie, comment consommer le moins dnergie possible ? En utiliser peu au dpart ou bien un peu plus pour pouvoir remployer, mais pas trop car cela obligerait dans la vie de lobjet et celle de lhomme utiliser trop de nouvelle nergie pour le modifier, pour vaincre sa mmoire, pour le recycler. Plus le remploi de lobjet est direct sans changement de forme ni dusage , moins il faut apporter de lnergie nouvelle et plus on garde la mmoire. Le remploi se situe donc entre deux cas extrmes : - on ne change rien, on ne consomme pas dnergie mais on ne vit pas ; - on change totalement (au mieux, on recycle), mais on consomme tellement dnergie que, terme, toute lnergie de lunivers est transforme en entropie (quilibre thermodynamique)*, il ny a donc plus de vie possible. Le remploi dun objet (btiment, partie de celui-ci, tre humain, ), cest : - un r-emploi , un nouvel emploi de lobjet qui avait perdu son emploi, son usage ; - lconomie de la matire et surtout de lnergie qui a t investie pour le mettre en uvre la premire fois, nergie conserve (premier principe de la thermodynamique) mais non rutilisable (second principe) ; - la rentabilisation de cette nergie use, stocke dans lobjet sous forme dinformation, pour transmettre la mmoire de lemploi prcdent et donc celle de lauteur ou du premier utilisateur de lobjet.nergienergienergienergie* Cf. Antoine MOREAU, http://www.e-scio.net/

Matriau

Objet construit

Objet obsolte ou us

entropie

entropie

entropie

entropie

entropie

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entropie

[ ]Remploi

Objet recycl > matriau

nergie

Objet construit

Objet obsolte ou us

nergie

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Proccupations

darchitectes

des

annes

1970

Claude MICMACKER et al., Autoconstruction, revue Vroutsch n 6-7, Strasbourg, s.d.

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T r o i s

p r i n c i p e s

d u

r e m p l o i

Le remploi fonctionne sur trois principes. 1. Lobjet obsolte conduit un nouvel objet (ou plusieurs) de dimensions plus petites que lobjet dorigine, pour des raisons dusure de celui-ci ou pour des raisons de convenance dans la mise en uvre du nouvel objet. De remploi en remploi, les morceaux de lobjet dorigine deviennent de plus en plus petits, jusquau recyclage, mais on a gagn du temps et de lentropie. 2.