Point de conjoncture Avril 2020 - La Banque Postale ... de ne pas en faire assez que d’enfaire...

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  • Eco 360

    Octobre 2020

    Alain Henriot / Romain Sarron /Thibaud Marie-Regnault

    Direction de la Stratégie et de l’Innovation / Etudes Economiques

    Les analyses et prévisions qui figurent dans ce document sont celles du service des Études Économiques de La Banque Postale. Bien que

    ces informations soient établies à partir de sources considérées comme fiables, elles ne sont toutefois communiquées qu’à titre indicatif. La

    Banque Postale ne saurait donc encourir aucune responsabilité du fait de l’utilisation de ces informations ou des décisions qui pourraient

    être prises sur la base de celles-ci. Il vous appartient de vérifier la pertinence de ces informations et d’en faire un usage adéquat.

    Achevé de rédigé le 2 octobre 2020

  • LA BANQUE POSTALE

    C1 - Interne

    Vue d’ensemble

    La situation sanitaire met en risque le rebond

    Durant l’été, le rebond qui avait suivi le déconfinement progressif mis en œuvre dans de nombreux pays s’est

    poursuivi. Certains signaux (par exemple l’effritement du climat des affaires dans les services) suggèrent cependant que

    nous entrons dans une période de plus grande fragilité et d’incertitude. De ce point de vue, l’évolution de la situation

    sanitaire dans les mois à venir sera clef. Illustration de cet environnement incertain, la faiblesse des anticipations de

    demande pèse sur le prix du pétrole.

    En Europe, le rebond de l’activité a surtout été tiré par la consommation, plus particulièrement en France. Cependant,

    les indicateurs de confiance des ménages suggèrent que ces derniers se montrent prudents. Outre-Atlantique, le rebond

    de la demande des ménages reste moins vif qu’en Europe. Le niveau de l’activité dans l’industrie demeure encore

    nettement en retrait par rapport à son niveau d’avant crise. En Chine, la croissance de la production industrielle,

    soutenue par les exportations, tend vers son rythme observé en 2019. Un temps en retrait, les ventes au détail

    retrouvent une évolution positive sur un an. Au Japon, l’activité peine à se reprendre. Seule note un peu plus positive,

    les ventes au détail ont retrouvé leur niveau de janvier. Mais celui-ci était faible puisqu’il faisait suite à une hausse de la

    TVA. La situation économique demeure contrastée dans les pays émergents. Le contrecoup de la crise sera dans

    certains cas long à digérer, comme le suggère la hausse du déficit public au Brésil.

    Dans ce contexte, les banques centrales vont rester à la manœuvre. A l’image de ce qu’avait annoncé la Fed fin août, la

    BCE va probablement assouplir son objectif d’inflation, ne s’interdisant plus que la hausse des prix à la consommation

    dépasse 2 % sur un an. L’idée est de rendre le risque pour la politique monétaire asymétrique : il serait plus dommageable

    de ne pas en faire assez que d’en faire trop. De son côté, la Banque d’Angleterre semble prête à placer prochainement

    son taux directeur en territoire négatif.

    On peut relier le point précédent à l’évolution des finances publiques. Avec la crise sanitaire, l’impact d’un niveau d’activité

    plus faible qu’avant crise sur les finances publiques et les programmes de relance mis en œuvre ont creusé les déficits et

    augmenté les dettes publiques. Les banques centrales sont donc quelque part condamnées à acheter de la dette

    publique pour éviter une remontée des taux d’intérêt.

  • LA BANQUE POSTALE

    C1 - Interne

    Tendances mondiales

    A la recherche d’un nouveau souffle

    A retenir

    - Après une chute sans précédent de l’activité au début du printemps, un vif redémarrage s’est initié, porté par la consommation. Au cours

    des dernières semaines, il semble qu’il ait perdu de la vigueur.

    - Le commerce mondial mesuré par le volume d’importations a poursuivi son redressement en juin. Il demeure toujours en repli de 7,4%

    sur un an. L’évolution de la composante « nouvelles commandes à

    l’exportation » de l’indice PMI mondial manufacturier suggère que la

    reprise des échanges commerciaux pourrait se prolonger.

    - La production industrielle mondiale a sensiblement rebondi en juin et juillet, retrouvant pratiquement son niveau du début de l’année.

    Pour mémoire, la production industrielle mondiale avait notablement reculé

    en début d’année en lien avec les premiers effets de la Covid-19 en Chine.

    Sur un an, son repli atteint encore 4,4%. L’activité industrielle demeure

    encore partielle aux Etats-Unis, en zone euro et encore plus au Japon.

    A surveiller

    - La faiblesse de la mobilité, domestique comme internationale, continue de freiner l’activité, notamment dans le secteur des services

    (commerce, hôtellerie-restauration, tourisme).

    - Un rebond épidémique est à l’œuvre dans de nombreuses zones du monde, repoussant la perspective d’un retour à la normale. Par

    ailleurs, le manque de visibilité restreint les initiatives privées.

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    Commerce mondial et PMI mondial manufacturier (nouvelles commandes à l'exportation)

    Commerce mondial (taux de variation sur un an, en %)

    PMI Mondial manufacturier-nouvelles commandes à l'exportation (éch. D.)

    Source : CPB, LBP

    USA Japon

    Corée du S.

    France

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    Mobilité et activité

    Perte de PIB au 1er semestre (%)

    Indicateur Google de mobilité, loisirs et commerce de détail, (écart à la normale, T2)

    Source: Google, LBP

  • LA BANQUE POSTALE

    C1 - Interne

    Pétrole

    Nouvelles craintes autour de la demande

    A retenir

    - Le cours du baril de Brent de la mer du Nord efface les gains de l’été pour retomber autour de 41$ ;

    - La hausse du nombre de cas positifs au coronavirus depuis début septembre (notamment en Europe) et la mise en place de nouvelles

    mesures sanitaires pour endiguer l’épidémie font craindre des pressions à

    la baisse sur la demande.

    - Le rééquilibrage progressif du marché avec une consommation supérieure à la production au mois d’août n’a pas permis de freiner le

    mouvement à la baisse du cours du baril.

    - Les stocks de pétrole brut continuent de décroître aux Etats-Unis mais la demande d’essence reste à la peine (moyenne mobile

    4 semaines en baisse de 9 % par rapport à l’année précédente).

    A surveiller

    - La hausse des tensions entre la Turquie et la Grèce au sujet d’explorations pétrolières et gazières en méditerranée pourrait avoir

    des conséquences importantes sur la stabilité politique de la région.

    - La reprise de la production de pétrole en Libye pourrait venir renforcer l’offre globale et participer au déséquilibre du marché.

    - La recrudescence des tensions entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie dans la région du Haut-Karabakh (au cœur du Caucase) pourrait

    fragiliser l’alimentation en pétrole de l’Europe de par le nombre important

    d’oléoducs se trouvant dans cette zone géographique.

  • LA BANQUE POSTALE

    C1 - Interne

    Etats-Unis

    La reprise de l’activité à l’épreuve de nombreux facteurs d’incertitude

    A retenir

    - Les enquêtes PMI suggèrent un léger infléchissement de la dynamique de reprise ces dernières semaines. Cela se manifeste surtout dans le secteur des services. Les commandes de

    biens durables dans l’industrie manufacturière, encore significativement de deçà de leur niveau de

    février dernier, ont stagné en août.

    - Les créations nettes d’emplois salariés ont atteint 661 000 unités en septembre, dont l’essentiel continue de provenir des secteurs les plus affectés par la 1ère phase de l’épidémie

    (hôtellerie-restauration, commerce de détail, loisirs). Le repli du taux de chômage s’est poursuivi

    (-0,5 point à 7,9 %). Toutefois des effets plus durables liés à la crise sanitaire semblent déjà

    se manifester. Depuis mai, les créations nettes d’emploi ont permis de compenser seulement la

    moitié des destructions intervenues en mars et avril.

    - Le secteur de l’immobilier affiche de solides performances, soutenu par la baisse des taux d’intérêt et par la hausse de la demande de logements situés dans des zones moins densément

    peuplées. Ce dynamisme suscite des tensions sur les prix.

    Politique économique

    - Politique monétaire: lors de leur dernière réunion, les membres du FOMC ont maintenu le taux des fonds fédéraux dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25% et poursuivi leur

    politique d’achats d’actifs. Le réglage de la Fed devrait demeurer très accommodant dans

    l’attente d’un redressement sensible de l’inflation et du marché du travail que les experts

    n’anticipent pas avant au moins 2023. J.