Norbert ELIAS (1897-1990)

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Norbert ELIAS (1897- 1990) Sa thèse sur la société de cour, rédigée en 1933 (mais jamais soutenue), tout comme son premier ouvrage sur le « processus de civilisation », paru en allemand, à Bâle. ses ouvrages portent sur de nombreux thèmes: l'histoire de l'auto-contrôle de la violence et l'intériorisation des émotions le sport la musique le rapport à la mort le rapport au temps Les travaux de Norbert Elias se distinguent par la diversité des sujets traités (mœurs, musique, sport, architecture, histoire économique, rapports entre les sexes, mort…) et par la pluralité des disciplines convoquées (histoire, psychologie et psychanalyse, sciences politiques, économie…). Cette approche pluridisciplinaire révèle d'ailleurs la grande modernité de l'auteur dans la manière de concevoir l'analyse des phénomènes sociaux. L'originalité de ces travaux réside également dans la nature des objets auxquels ils s'intéressent, jusqu'alors jugés marginaux par les sciences sociales. En étudiant, du 16 ème siècle à nos jours, les manières de se tenir à table, de se laver, de se cacher ou non pour uriner, déféquer, copuler ou cracher, Norbert Elias met en évidence l'existence d'un processus de civilisation de longue durée se traduisant par la maîtrise croissante des pulsions et de la violence dans les sociétés européennes.

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Norbert ELIAS (1897-1990). Sa thèse sur la société de cour, rédigée en 1933 (mais jamais soutenue), tout comme son premier ouvrage sur le « processus de civilisation », paru en allemand, à Bâle . ses ouvrages portent sur de nombreux thèmes : - PowerPoint PPT Presentation

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  • Norbert ELIAS (1897-1990)Sa thse sur la socit de cour, rdige en 1933 (mais jamais soutenue), tout comme son premier ouvrage sur le processus de civilisation, paru en allemand, Ble.ses ouvrages portent sur de nombreux thmes:l'histoire de l'auto-contrle de la violence et l'intriorisation des motionsle sportla musiquele rapport la mortle rapport au temps

    Les travaux de Norbert Elias se distinguent par la diversit des sujets traits (murs, musique, sport, architecture, histoire conomique, rapports entre les sexes, mort) et par la pluralit des disciplines convoques (histoire, psychologie et psychanalyse, sciences politiques, conomie). Cette approche pluridisciplinaire rvle d'ailleurs la grande modernit de l'auteur dans la manire de concevoir l'analyse des phnomnes sociaux.

    L'originalit de ces travaux rside galement dans la nature des objets auxquels ils s'intressent, jusqu'alors jugs marginaux par les sciences sociales. En tudiant, du 16me sicle nos jours, les manires de se tenir table, de se laver, de se cacher ou non pour uriner, dfquer, copuler ou cracher, Norbert Elias met en vidence l'existence d'un processus de civilisation de longue dure se traduisant par la matrise croissante des pulsions et de la violence dans les socits europennes.

  • Culture et civilisationLe terme de culture est issu du latin cultura qui signifie le soin apport aux champs ou au btail. Au milieu de XVIe sicle que se forme le sens figur, culture pouvant dsigner alors la culture dune facult, le fait de travailler le dvelopper. Ainsi, dans son sens courant, le mot culture voque gnralement la connaissance des uvres de lesprit: littrature, musique, peinture

  • civilisationLa civilisation dsigne laffinement des murs. Elle se trouve dans le mme champ smantique avec la culture.La civilisation est dfinie comme un processus damlioration des institutions, de lgislation, de lducation. La civilisation peut et doit stendre tous les peuples composant lhumanit. Civilisation est tellement lie la conception progressiste de lhistoire. La civilisation comme processus et comme objectif, renvoie lide optimiste dun progrs universel. En Grande Bretagne civilization indique dune part, le mouvement de progrs, de perfectionnement, de raffinement dune socit, et dautre part un tat caractristique de certaines socits avances.

  • Culture/civilisationDans les textes sociologiques ou anthropologiques les mots de culture et civilisation sont le plus souvent interchangeables. (civilisation/culture amricain). Par contre, la connotation de rayonnement attache au terme de civilisation souligne-t-elle un phnomne dexpansion ou dinfluence, que nvoque pas ncessairement le terme de culture. Sur le dterminisme de la culture il sagit dune diversit dinterprtation de lme crateur la culture vcu dtermin par les processus sociaux. Lme crateur: idaliste, la reprsentation de la structure sociale: matrialiste.

  • cultureEn anthropologie et sociologie le terme de culture sert dsigner lensemble des activits, des croyances et des pratiques communes une socit ou un groupe particulier.

  • Culture - civilisationTableau 1- Les diffrentes acceptions du mot civilisation

    Tableau 2- Civilisation et Kultur: deux notions antithtiques

    CIVILISATION Acceptions franaise et anglaise Acception allemande dsigne... ... les sujets de fiert de la nation de lOccident de lhumanit en gnral... lapparence externe de lhomme en gnralest connot... ... positivement... ngativementest employ......frquemment... peu souvent = terme dimportance secondaire

    CIVILISATION: Usage franais et anglaisKULTUR: Usage allemand- se rapporte indiffremment des faits varis: politiques, conomiques, sociaux, techniques, religieux, moraux.- se rapporte des objets plus restreints et bien dlimits: essentiellement des donnes intellectuelles et artistiques.- efface les diffrences entre les peuples. exprime un idal dhumanit (atteint ou devant tre atteint). contient lide dun progrs et dun processus.- souligne les diffrences nationales et les particularits dun peuple. caractre limitatif et fixiste.

  • Norbert Elias ce sociologue a cherch dans ses travaux dpasser la traditionnelle opposition entre individu et socit. Les individus interdpendants forment la socit qui n'est donc pas extrieure eux: la socit n'est pas le simple agrgat des units individuelles (individualisme mthodologique) ni un ensemble indpendant des actions individuelles (holisme).

  • interdpendanceLa notion d'interdpendance est au cur mme de la thorie d'lias. Il l'explique ainsi:Comme au jeu d'checs, toute action accomplie dans une relative indpendance reprsente un coup sur l'chiquier social, qui dclenche infailliblement un contre-coup d'un autre individu (sur l'chiquier social, il s'agit en ralit de beaucoup de contrecoups excuts par beaucoup d'individus) limitant la libert d'action du premier joueur in La Socit de cour, p. 152-153.

  • configurationNorbert Elias nomme les formes spcifiques d'interdpendance entre individus configuration; ces configurations peuvent tre de taille variable de la plus petite forme de relation celle de la taille des relations internationales. La notion d'interdpendance est par ailleurs relie celle de pouvoir: il envisage le pouvoir comme un dsquilibre dans les interdpendances: si je suis plus dpendant de l'autre que l'autre ne l'est de moi, il a alors un pouvoir sur moi. L'interdpendance des individus joue aussi sur leur personnalit en leur imposant des rseaux prexistant lui qui laisseront leur empreinte dans l'habitus de l'individu.

  • Civilisation des moeursLa civilisation des murs: manires de se tenir table, de se moucher, de cracher, duriner, de se laver La manuels de civilit de la renaissance pas seulement pour ltat des murs mis aussi leur volution. Formalisation des rgles de conduite Evolution qui peut sobserver non seulement au niveau collectif sociogense aussi individuelle psychogense car chaque individu n comme non-civilis. lhistoire dune socit se reflte dans lhistoire interne de chaque individu. cette volution doit imprativement se comprendre comme un processus de longue dure, avec des mouvements dacclration et des moments de stagnation. CAUSES: conditions matrielles, diminution de la pauvret ou lamlioration des conditions sanitaires ne suffit pas: les murs des riches seigneurs du Moyen Age nous paratraient sales. Lexplication par lhygine aussi insuffisante. (lexemple de crachat).la dynamique des relations sociales entre infrieurs et suprieurs les nouvelles manires, plus civilises ont t labore par laristocratie de cour diffusion des usages de cour linstauration dun pouvoir royal fort, la disparition dune chevalerie anarchique et violente, la curialisation (rapprochement avec le cour), de laristocratie ont entran ce changement de murs qui se diffuse dans lensemble de la socit.

  • Sociogense de lEtatA partir dune sociogense de lEtat quElias va constituer lhistoire de ce processus de civilisation en Europe, La dynamique de ce mouvement nait de la constitution de lEtat. Monopole fiscal, et monopole de la violence lgitime La formation de lEtat travers les diffrents monopoles et ses effets sur la gestion des affects. Monopole royal une conomie qui mdiatise par largent la comptition pour les biens de consommation en vitant le recours la violence physique et une administration qui focalise la concurrence pour lobtention des meilleurs postes.

  • Sociogense de lEtatLe grand monopole centralis prend peu peu laspect dun instrument au service de la socit tout entire, socit pratiquant la division des fonctions: autrement dit il devient lorgane central de cette unit sociale que nous appelons aujourdhui lEtat. il rsulte de la logique interne de cette division des fonctions mises au service de la coopration optimale de tous les individus entre lesquels la rpartition des fonctions a tiss des liens donnant naissance un phnomne qui dcoule nanmoins des ambitions et actions dun grand nombre dindividus, et deuximement quil est entirement model par linterdpendance entre tous ces individus.

  • qulibre des tensionsINTERDEPENDANCE est indissociable avec lquilibre des tensions. le mcanisme absolutiste. lopposition entre la noblesse dclinante et bourgeoisie montante rend impossible leur coalition contre le souverain et tend renforcer la centralisation du pouvoir dans les mains du roi. Cest ainsi quen Occident entre XIIIe et XVIIIe sicle les sensibilits et les comportements sont profondment modifis par deux faits fondamentaux: la monopolisation tatique de la violence oblige la maitrise des pulsions et pacifie lespace social, le resserrement des relations interindividuelles implique un contrle des motions et des affects. Le rapport entre lorganisation de la socit en Etat, entre la monopolisation et la centralisation des contributions et de lemploi de la force dune part et la civilisation de lautre. Du passage de la contrainte auto-contrainte (lintriorisation du contrle)Des guerriers remplacs par une noblesse domestiqu, noblesse de cour Puis la concurrence entre couches sociales, amenant les suprieurs se dmarquer des infrieurs par le raffinement de leurs murs lorsque leur suprmatie nest plus tablie sur le plan du pouvoir ou des biens matriels. Le processus de civilisation est lquilibre durable ou mme laccord entre ses taches sociales, lensemble des exigences e son existence sociale dune part et ses penchants et besoins personnels de lautre.

  • Culture et Civilisation

    Il sintresse aux diffrences nationales dans lacceptation du mot civilisation Dans le milieu des annes 1930 laffrontement des valeurs nationales. Il met en vidence le sens lgrement pjoratif du mot Zivilisation en allemand associ la superficialit des apparences, alors que le terme dsignant positivement les qualits dun peuple est celui de Kultur. lgret, crmonial, conversation superficielle dun cot, intriorisation, profondeur du sentiment, lecture, formation de la personnalit individuelle de lautre Au contraire les Anglais et les Franais font de la civilisation un sujet de fiert non seulement nationale, mais stendant aux progrs de lOccident et de lhumanit en gnral: elle dsigne ces formes de politesse ou de civilit qui sopposent la barbarie voire ces raffinements des murs, ces formes de tact et dgards qui distinguent les lites lintrieur dune mme socit. Ainsi la notion de civilisation prise au sens le plus gnral, tend effacer les diffrences entre les peuples La notion allemande de culture met laccent sur les diffrences nationales. cultures nationales. En outre, la civilisation dsigne un processus volutif, la culture dsigne des produits finis uvres dart, livresElias propose une explication de la gense de ces diffrences: centralisation tatique et concurrence entre la noblesse de cour et de la bourgeoisie, dun cot et dispersion et repliement sur eux-memes des cercles aristocratiques, de lautreOnt amen les lites franaises privilgier un raffinement des manires que la bourgeoisie montante en Allemagne tendit stigmatiser comme des qualits extrieures, superficielles, mondaines, privilgiant loppos la profondeur, lauthenticit des valeurs de culture.

  • La socit de cour

    La monopolisation tatique de la fiscalit et lusage des armes est lorigine de la formation dune socit de cour. Les 3 paradoxes de la socit de courparadoxe de distance et de la proximit , lhabitat des lites parisiennes lage classique, o il montre comment la configuration des htels particuliers de la noblesse et de la grande bourgeoisie, la structure des rapports internes l maison, entre sexes, catgories sociales Rduction de lidentit lapparence assurer le rang, la rlait dune position sociale ny est que lopinion. Le paradoxe de la supriorit dans la soumission, cest seulement en acceptant sa domestication par le souverain et son assujettissement aux formalits contraignantes de ltiquette curiale que laristocratie peut prserver la distance qui la spare de sa concurrente pour la domination. La bourgeoisie des officiers. Ltiquette est linstrument par excellence de cette distinction par soumission. La civilisation par lintriorisation des contraintes et lautocontrle des pulsions sous leffet des transformations entranes par la formation de lEtat et curialisation des lites. Le processus (ou procs) de civilisation consiste en une mdiation des pulsions, en leur canalisation par des dispositifs normatifs qui interdisent l'expression des motions notamment violentes. (Cette thse est proche des ides que Freud exprime dans le Malaise dans la civilisation.) Ce processus est compris par Norbert Elias comme un effet de la "curialisation", c'est--dire de l'extension des pratiques de la cour l'ensemble de la socit. Lvolutionnisme , holocauste a dmontr des capacits dextreme rationalisation dans lusage de la violence plutt que dchanement des pulsions. Un volutionnisme empirique et rfutable

  • Sociologie des affects

    4 fonctions lmentaires dans toute socit humaine:1) fonction co: assurer la vie2) la fonction de contrle de la violence 3) la fonction dobtention u savoir, scientifique ou magico-mythique. 4) la fonction dacquisition de lautocontrle lorganisation conomique est indissociable de lorganisation politique elle-mme lie aux formes du savoir et la matrise individuelle des affects. Premirement, la question de lautocontrole des motions fait lobjet principal de son travail sur lopposition engagement/distanciation; deuximement le passage de la violence au contrle des tensions trait dans une reflexion originale sur le sport; troisimement le passage de lextriorisation lintriorisation des affects, lisible tant dans lhistoire de la pudeur que dans le rapport la mort. La Rduction des carts hirarchiques La subordination des femmes dans nos socits modernes ne sexpliquent pas par les ressources physiques. Contraste entre la faon dont marchent dans la rue un couple occidental et indien. La question dhabitus, lincorporation individuelle des normes vhiculs par le groupe dappartenance et la question de laffaiblissement historique des ingalits entre le sexes. Qui deviennent plus sensibles. Les femmes les plus opprimes sont les moins conscientes de leur oppression. Ex: romains, les femmes sont soumises leurs pres ou leurs frres qui leur choisissent un mari conforme aux intrets de la famille, elles nont pas des noms personnels. Aprs un processus dmancipation par une accumulation de richesse dans les mains des familles aristocratiques qui entraine une transformation des coutumes sanctionn par la loi. Le sport ; Sport et civilisation , la violence maitrise

  • Thories de Norbert ELIASIl se trouve dans la galaxie constructiviste -structures socialesAspects macro-sociauxintgrant les dimensions subjectives et interactionnelles.

    Selon Elias les sciences sociales se distinguent toutefois, pour lui, des sciences de la nature par deux grandes proprits spcifiques lies entre ellesleurs objets sont en mme temps des sujets qui ont des reprsentations de leur vie en socit. Les chercheurs font eux-mmes partie de leur objet dtude.

  • Les sciences sociales entre engagement et distanciation Elias dfinit la posture du chercheur en sciences sociales dans une dialectique (va-et-vient et quilibre) entre distanciation et engagement. Distanciation: le chercheur visant la rigueur se doit de se dmarquer des ides prconues (les siennes, celles des acteurs et du domaine analys). Engagement pour comprendre le mode de fonctionnement des groupes humains, davoir accs aussi de lintrieur lexprience que les hommes ont de leur propre groupe et dautres groupes.

  • individu/socitSortir de lopposition entre individus et socitLa reprsentation dun moi spar, extrieur de la socit na pas exist tous les poques et dans toutes les socits. Pour une brve priode dans des cercles restreints des socits de lAntiquit et partir de la Renaissance. Conscience de soi et de lintriorit comme opposes aux autres avec Descartes je pense donc je suis. la rfrence au nous et au je est variable. La socit nest pas comme le simple agrgation des units individuelles (individualisme mthodologique) ni un ensemble indpendant des actions individuelles (holisme). Lobjet de la sociologie sont des individus interdpendants.

  • individus interdpendantsle concept dindividu se rfre des hommes interdpendants au singulier et le concept de socit des hommes interdpendants, mais au plurielLa socit est donc envisage comme le tissu mouvant et changeant des multiples dpendances rciproques qui lient les individus les uns aux autres. Mozart sociologie dun gnie. Elias montre le musicien bourgeois dans la socit de cour mais aussi quasi-serviteur, cartel entre les normes aristocratiques de la socit de cour et celles des couches bourgeoises montantes. Des marges de choix.

  • Formes dinterdpendance marges de libert et structures de la personnalit

    Interdpendance peut tre explicite par une analogie avec jeu dchecs: comme au jeu dchecs, toute action accomplie dans une relative indpendance reprsente un coup sur lchiquier social, qui dclenche un contrecoup dun autre individu limitant la libert daction du premier joueur. La socit nest quun tissu mouvant et changeant des multiples dpendances rciproques qui lient les individus. Le tissu social est travers par de nombreuses formes dinterrelations qui sentrecroisent. Elias nomme configuration, les formes spcifiques dinterdpendance qui relient les individus entre eux. (ex: les joueurs de cartes mme pour la nation )Les configurations sont marqus en gnral par lingalit la domination et le pouvoir. Configuration; ingalit, domination, le PouvoirPouvoir est une caractristique asscoie aux relations dinterdpendance. Configuration est comme un systme.

  • Les grands hommesil y a un tissu dinterdpendances lintrieur duquel lindividu trouve une marge de choix individuel et qui en mme temps impose des limites sa libert de choix. Les interdpendances participent aussi la formation des structures intrieures de leur personnalit. Lindividu doit sinsrer tout au long de sa vie dans de nombre de rseaux de relations qui lui prexistent (famille, groupe social, nation etc.). Dans ce contexte, habitus est une empreinte sociale sur la personnalit, un produit des diffrents configurations au sein desquelles un individu agit. Le gnie n'est pas une donne atemporelle et ne relve pas de facteurs gntiques, mais rsulte d'un processus complexe qui combine des facteurs sociaux et psychiques spcifiques.Norbert Elias pose le principe selon lequel le gnie, ou plutt la notion de talent artistique et de puissance cratrice exceptionnels que le terme sous-tend, ne saurait obir aucun dterminisme gntique : de mme que les gots ou les prdispositions pour tel ou tel domaine artistique, il n'est pas donn la naissance, comme peuvent l'tre la couleur des yeux ou la taille corporelle, mais rsulte d'un processus combinant un ensemble de facteurs sociaux et psychiques particuliers. En d'autres termes, le talent, ainsi que les capacits l'exercer et le dvelopper, sont construits socialement. Ce premier postulat conduit Norbert Elias s'interroger, la fois sur les conditions de production artistique particulires de la seconde moiti du dix-huitime sicle, en particulier dans le domaine de la musique, et la fois sur les circonstances existentielles et psychiques du dveloppement de Mozart.Pour comprendre le concept de gnie, il convient d'analyser les rapports entre les producteurs de culture et la socit dans laquelle ils sont insrs et d'observer la faon dont ils s'influencent rciproquement

  • interdpendance versus linteractionLa notion dinterdpendance reste davantage attache au pole macro-social. Macro et micro ne sont pas des substances donnes une fois pour toutes. Des notions relatives. La notion dinterdpendance tend donner une primaut au tout par rapport aux parties dans ltude dune unit sociale. Mme si la notion dinterdpendance met en lumire des chaines dinterrelations bien plus larges que les interactions directes entre individus, elle est moins sensible la fluidit de certaines situations de la vie quotidienne quelles peuvent dplacer les interdpendances dj constitues.

  • Historicit, Piges volutionnistes Lhistoire de lhumanit est ne de multiples projets mais sans projet, anime de multiples finalits mais sans finalit. Mais il nvite pas les piges de lvolutionnisme car il dfend une thorie objective de lvolution de la socit et penser lhistoire occidentale travers la catgorie homogne de processus de civilisation.

  • eliasNorbert ELIAS