Nom Benamar Fatiha Enseignante chercheur   l’ENCG .Enseignante chercheur...

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    Nom

    Benamar Fatiha

    Enseignante chercheur lENCG-Kenitra

    Titre

    Lentreprenariat comme nouvelle approche pour traiter le chmage des

    Diplms au Maroc

    Rsum

    Si le dveloppement de lenseignement suprieur est crucial, l'employabilit des jeunes

    diplms au Maroc est une opration difficile et complexe, comme presque dans tous les pays

    du Maghreb ; Elle ncessite la participation effective de l'Etat, Des professionnels, des

    entreprises, des universits et des institutions de Formation.

    En 2011, 81% des chmeurs au Maroc sont des jeunes. Le taux de chmage augmente avec le

    niveau d'ducation, ce qui confirme l'inadquation des formations avec les besoins du monde

    du travail et la permanence d'une croissance peu gnratrice d'emplois qualifis.

    Les emplois offerts par les entreprises sont souvent sous rmunrs, rarement contractualiss

    et trs peu couverts par un rgime de protection sociale.

    Ceci tant le chmage des jeunes diplms et ladquation de la formation aux besoins et aux

    offres du march du travail en pleine volution ncessitent le dveloppement de nouvelle

    approche pour trouver des dbouchs la problmatique du chmage des diplms.

    Dans cet article laction est mise sur limportance des formations et des projets en

    entreprenariat comme rponse la problmatique du chmage des diplms.

    - Comment peut-on expliquer le recul enregistr de lemployabilit des diplms des

    universits et leurs problmes dinsertion sur le march de travail ?

    - Quelle est la part de responsabilit des entreprises prives ? - Pourquoi les projets de lentreprenariat dans les universits et grandes coles sont-ils

    proposs comme favorisant lemployabilits des diplms ?

    Telles sont les trois questions auxquelles essaie de rpondre cet article.

    Mots cls : Enseignement suprieur, chmage ; insertion, march de travail, entreprise, entreprenariat.

    Introduction

    La comptition base sur le savoir dans une conomie qui se mondialise provoque une

    reconsidration du rle de lenseignement suprieur dans le dveloppement de la croissance

    conomique. Par le pass, il tait souvent considr comme un service public coteux et peu

    efficace, bnficiant en majeure partie aux riches et aux privilgis. De nos jours, on le

    considre comme tant un facteur qui apporte une contribution ncessaire, de concert avec

    dautres facteurs, la russite des efforts nationaux pour relancer la productivit, la

    comptitivit et la croissance conomique. Vu sous cet angle, au contraire, il devient un

    complment indispensable aux efforts dducation dautres niveaux et aux initiatives

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    nationales favorisant linnovation et la performance dans les secteurs conomiques. Pour

    certains auteurs, la hausse des niveaux dducation na eu ce jour que des effets bnfiques.

    Si personne ne peut nier le rle indispensable de lenseignement suprieur pour

    lpanouissement conomique dun pays ; ce prsent articles essaye, travers une analyse

    critique de la situation de lemploi des jeunes diplms sur le march de travail au Maroc, de

    trouver des rponses aux trois questions suivantes :

    - Comment peut-on expliquer le recul enregistr de lemployabilit des diplms des universits et leurs problmes dinsertion sur le march de travail ?

    - Quelle est la part de responsabilit des entreprises prives ? - Pourquoi les projets de lentreprenariat dans les universits et grandes coles sont-ils

    proposs comme favorisant lemployabilits des diplms ?

    I- Importance de lenseignement suprieur pour le dveloppement conomique

    Eric Maurin (2007) dans son ouvrage entend le dmontrer, via diverses tudes empiriques

    internationales. Pourtant, linverse dautres dnoncent une inflation scolaire (Duru-

    Bellat, 2006) ou une course aux diplmes (Gamel, 2000). Parmi les arguments invoqus,

    on trouve en bonne place la dvalorisation des diplmes corollaire dun dclassement

    durable suppos massif.

    En collaboration avec lUNESCO, la Banque mondiale a mis en place une Commission de

    travail sur lenseignement suprieur et la socit, qui regroupait des experts de treize pays

    pour explorer lavenir de lenseignement suprieur dans les pays en voie de dveloppement.

    Le rapport de la Commission de travail, LEnseignement suprieur dans les pays en voie de

    dveloppement : Pril et promesse , affirmait que lenseignement suprieur est indispensable

    pour les pays en voie de dveloppement, sils veulent prosprer dans une conomie mondiale

    o le savoir est devenu un domaine vital davantage. La qualit du savoir engendr au sein

    des institutions denseignement suprieur et sa disponibilit pour lconomie en gnral , a

    soulign le rapport, devient de plus en plus critique pour la comptitivit nationale. 1

    Lenseignement suprieur peut conduire la croissance conomique tant travers des circuits

    privs qu travers des circuits publics. Les avantages privs pour les individus sont bien

    tablis et comprennent de meilleures perspectives demploi, des salaires plus levs et une

    plus grande capacit pargner et investir. Ces avantages pourraient conduire une meilleure

    sant et une meilleure qualit de vie en instaurant un cercle vertueux dans lequel les

    amliorations de lesprance de vie permettent aux individus de travailler de faon plus

    productive pendant une plus longue priode, relanant ainsi les gains pour toute la vie.

    I- Problmatique de lemployabilit des diplms universitaires au Maroc

    Des milliers de diplms arrivent chaque anne sur le march de lemploi, dont la majorit

    vient des universits publiques. Et ce sont justement ceux qui ont le plus de mal dcrocher

    un premier job

    1 CTES (2000) op. cit.

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    Pourquoi les entreprises se mfient-elles tant des laurats des universits marocaines? Et

    quand elles les recrutent, cest souvent pour les placer des postes infrieurs leurs

    qualifications supposes.

    Les rponses sont videntes, en croire les spcialistes. Le march de lemploi est devenu si

    triqu que mme des laurats de grandes coles, jusque-l trs priss, mettent beaucoup plus

    de temps pour trouver leur premier emploi. Les entreprises ont relev leur niveau dexigence,

    conduisant ainsi creuser davantage le gap avec les diplms issus de nos universits

    Le Problme dinsertion professionnelle des diplms de lenseignement suprieur au Maroc

    remonte 1983, lorsque le recrutement doffice (juste aprs la formation) dans la fonction

    publique a t supprim. Cette suppression rsulte de laccroissement en nombre important de

    jeunes diplms danne en anne dpassant ainsi les capacits dabsorption de lEtat dans la

    fonction publique. Cest ainsi que ce systme de recrutement a laiss la place au systme de

    recrutement par voie de concours direct dans la fonction publique, ce qui constitue une

    barrire lentre aux jeunes diplms. Du coup, nous assistons un accroissement

    considrable de jeunes diplms chmeurs. Pendant longtemps, lEtat fut le principal

    employeur des laurats de nos universits dont les profils rpondaient aux besoins des

    administrations. Or, lentreprise, dont les enjeux ne sont pas les mmes, rclame des profils

    plus oprationnels.

    Selon les statistiques du ministre de lEnseignement suprieur, les diplms des universits

    publiques, toutes filires confondues, sont au nombre de 43.778 en 2010.

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    Par ailleurs, les professionnels reprochent luniversit de ne pas tre slective lentre

    contrairement aux classes prpas, coles de commerce publiques et mme le priv. Rsultat:

    des niveaux trs htroclites larrive, avec de srieuses dfaillances notamment au niveau

    des langues et des comptences de communication, essentielles sur le march de lemploi.

    Outre les lacunes linguistiques, linadquation entre les formations dispenses et les besoins

    rels du march. Les formations universitaires sont axes sur les hard skills (comptences

    techniques) uniquement, certaines filires sont quasi obsoltes pour notre conomie.

    Pour des filires plus spcialises, lcart de profil se situe plutt au niveau des softs skills

    qui nont pas t dvelopps chez ces laurats. Ces derniers voient leurs chances de

    recrutement diminuer cause de leur niveau de communication ou dassertivit.

    Certes, les entreprises ont besoin de comptences techniques, mais ce qui compte davantage

    aujourdhui, ce sont dautres talents comme la communication, la capacit de rsolution de

    problmes, de travail en quipe, la crativit, lesprit dentreprise, le leadership Ce sont

    malheureusement des spcialits qui ne sont pas inculques dans les universits

    Le dcalage entre les candidatures reues des laurats de certaines filires universitaires et la

    qualit de travail demand par les entreprises prives est constat dans les deux sens.

    Autrement dit: les postes disponibles dans le priv ne rpondent pas forcment aux attentes

    des diplms des universits. Beaucoup dentreprises recrutent parmi les laurats des

    universits, mais les postes quelles offrent ne sont pas en ligne avec les attentes des

    candidats. Ces derniers aspirent des postes managriaux, alors quon ne leur propose que

    des postes techniques ou dagent de matrise.

    Cela revient-il dire que les universits ne forment que pour la fonction publique?

    Lune des solutions pour amliorer lemployabilit des jeunes serait de dvelopper davantage

    le partenariat public/priv et responsabiliser les professionnels en encourageant le