Multiplier les start-up : valoriser les investisseurs, motiver les créateurs

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    26-Dec-2014
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  • 1. Mars2014-8 l e m e n s u e l d e l a f o n d at i o n i F R A P E n q u t e r p o u r r f o r m e r N 144 S O C I T C I V I L E multiplier les start-up valoriser les investisseurs motiver les crateurs
  • 2. Plan start-up tude Socit Civile n 144 Mars 2014 tude ralise par Sandrine GORRERI de la Fondation iFRAP et lInstitut IRDEME3 Cest un fait: les emplois se crent, dans tous les pays du monde, principalement dans les entreprises nouvelles. La France devrait tre bien place puisque se crent dans lhexagone, peu ou prou, environ 500000 entreprises nouvelles par an. Mais, grce elles, seulement 100000 emplois seront crs contre 200000 en Allemagne et 500000 au Royaume-Uni. Le dbat actuel en France est celui de la comptitivit de nos entreprises.Agir pour la comptitivit de la France impose de travailler aussi au financement des crations dentreprises.Tout cela est dailleurs totalement li car les jeunes entreprises potentiel de croissance sont souvent finances en capital par dautres entrepreneurs eux-mmes dirigeants ou actionnaires dentreprises de type ETI familiales. Cest lcosystme entrepreneurial. Cet cosystme est mis mal en France avec seulement 1milliard deuros investi par an pour le dmarrage des nouvelles entreprises selon notre estimation, l o les Britanniques investissent 4 fois plus. Ceci parce que leur fiscalit est en grande partie tourne vers lincitation investir lpargne dans les jeunes entreprises potentiel de croissance. La Fondation iFRAP sest engage ces dernires annes sur ce sujet et a notamment russi faire adopter la mesure ISF-PME qui permet de dduire les investissements raliss dans les PME de lISF payer. Le rapport Gallois a dailleurs appel ne surtout pas supprimer cette mesure dincitation investir. Mais ne pas toucher aux mesures existantes ne suffit pas. Si nous voulons booster linvestissement dans de vrais emplois davenir, il va falloir se montrer beaucoup plus innovant. Aujourdhui, nombreux sont convaincus de limportance du sujet mais la France reste ttanise par la peur du cadeau fiscal. Une peur largement irrationnelle qui a conduit la rduction dramatique des fonds investis dans la cration dentreprises au moment mme o elles en ont le plus besoin. Dailleurs leffet daubaine systmatiquement voqu pour linvestissement dans des entreprises, est rarement voqu pour les Sofica ou les monuments historiques Fleur Pellerin a bien tent de mettre en place des mesures nouvelles mais qui sont loin de suffire, surtout en comparaison de ltendue de nos niches fiscales en matire dpargne qui se cannibalisent entre elles.Alors que la situation conomique limpose, la France peut montrer quelle change de politique et encourage vraiment les entreprises et lemploi marchand avec des mesures fortes montrant que notre pays est une terre daccueil pour les entreprises et leurs investisseurs et non une terre de rejet. Il faut viser 4milliards deuros par an dinvestissement priv en amorage. On ny arrivera pas sans revoir notre fiscalit qui est dfavorable linvestissement direct par les Business Angels. Il faut viser les gros Business Angels, ceux qui peuvent mettre des tickets suprieurs 100000euros en relevant les plafonds dinvestissement particulirement bas (ISF ou IR) Notre proposition: Mettre en place une mesure forte ISF-PME qui permette dinvestir jusqu 1million deuros. Mettre en place une mesure parallle sur lIR et revenir une taxation forfaitaire des plus-values. multiplier les start-up, valoriser les investisseurs, motiver les crateurs
  • 3. 10 TudE PlAn stArt-uP Socit Civile n 144 Mars 2014 La france frappe par un fort retard en eMpLois E n ce dbut danne marqu par la promesse non tenue de linversion de la courbe du chmage et les ngociations sur le pacte de responsabilit, il est temps de sinterroger sur les mcanismes luvre pour crer de nou- veaux emplois. Dans notre tude de mars 2012 100jours pour rformer la France1 nous avions insist sur la ncessit de mettre en place un plan start-up pour participer au redressement des comptes publics.Cest en rattrapant le retard en emplois marchands, en mettant en place un cosystme qui permette aux entreprises de se crer, dinnover, dinvestir et dembaucher que lon pourra regagner les 4 7millions demplois qui nous manquent par rapport nos principaux comptiteurs europens. seules les entreprises nouvelles crent des emplois Quelles sont les entreprises qui crent de lemploi ? Une tude de la Kauffmann Foundation2 est venue clairer ce dbat ancien dun fait nouveau. Elle a montr que sur une observation annuelle des entreprises amricaines sur prs de 30ans, les entreprises nouvelles ont cr en moyenne 3millions demplois quand les entreprises existantes en ont supprim en moyenne 2 millionschaque anne. Cette tude a t actualise par linstitut Irdeme Institut de recherche sur la dmographie des entreprises3 et donne pour les tats-Unis, lAllemagne, le Royaume-Uni et la France les rsultats suivants4 : 600000 400000 200000 0 -200000 -400000 France varation demplois en valeurs absolues priode 2005 - 2011 Allemagne varation demplois en valeurs absolues priode 2005 - 2011 4000000 2000000 0 -2000000 -4000000 -6000000 -8000000 USA varation demplois en valeurs absolues priode 2005 - 2011 Royaume-Uni varation demplois en valeurs absolues priode 2003 - 2009 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 1500000 1000000 50000 0 -500000 -1000000 -1500000 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 1 Socit Civile n122, 100jours pour rformer la France. 2 The impor- tance of star- tups in job creation and job destruction. La Kauffmann Foundation est une fondation prive amri- caine spciali- se dans lana- lyse des cra- tions dentre- prises. 3 Contribuer cette nou- velle discipline quest la d- mographie compare des entreprises, de leur finance- ment et du rle de la fiscalit, comprendre pourquoi nous avons cr au- tant de ch- mage et mon- trer des voies de redresse- ment qui sont bien en dehors des ides re- ues, sont les objectifs de lIr- deme, associa- tion de re- cherche. 4 Voir pour ltude com- plte, Seules les entreprises nouvelles crent des em- plois, fvrier 2014, http:// www.irdeme. org/Seules-les- entreprises- nouvelles.html crations demplois salaris par les entreprises nouvelles. variation demplois salaris dans les entreprises existantes.
  • 4. 11 Socit Civile n 144 Mars 2014 Plan start-up tude On voit nettement sur ces graphiques la contri- bution des entreprises nouvelles lemploi mais dans des proportions variables dun pays lautre: ainsi le volume demplois crs par les entreprises nouvelles se situe autour de 100000en France en moyenne (soit un taux de cration demplois annuel moyen de 0,7% par rapport au stock demplois) alors quil est de 200000 en Allemagne (0,7%) et de prs de 500000 au Royaume-Uni (3,8%) et de 2mil- lions aux tats-Unis pour une conomie 5fois plus importante (2,6%). Le cas du Royaume-Uni est intressant car les emplois crs par les entreprises nouvelles y sont particulirement nombreux mais en plus les entreprises existantes nont jamais t cratrices nettes demplois (-3,8% de variation annuelle demplois par rapport au stock). Par comparaison les entreprises existantes franaises connaissent des priodes de crations et de destructions mais globalement leur ajustement se fait dans des pro- portions beaucoup plus faibles quau Royaume- Uni (-0,5%). Enfin lAllemagne constitue un cas part puisque cest le seul des quatre pays tudis o les entre- prises existantes sont cratrices nettes demplois (0,5%). Et lexamen des rsultats sur certaines annes o la croissance a t plus faible en Alle- magne quau Royaume-Uni ou aux tats-Unis montre que ce nest pas la croissance qui influence cette caractristique mais quelle est structurelle. Ces donnes, aussi importantes soient-elles, sont peu connues, et pour cause, elles ont t ces dernires annes occultes par les chiffres de la cration dentreprises en France particulirement impressionnants. La France compte maintenant depuis 2009 plus de 500000 crations par an,un chiffre lev mais qui est d au phnomne des auto-entreprises. Ainsi, en 2013, 538100 entre- prises ont t cres en France, 158900 lont t sous forme de socits et 379300 sous forme dentreprises individuelles dont 274900 auto- entreprises.Le problme cest que seulement 5% desentreprisescressontemployeuses(10%hors auto-entreprises) et les entreprises employeuses se crent avec 2,8 salaris en moyenne. Les entreprises fort potentiel de croissance Cest que toutes les crations dentreprises ne se valent pas: on le conoit intuitivement lorsquon voit leffet sur lemploi dentreprises championnes de la croissance comme Google ou Starbucks aux tats-Unis et dans le monde. La France aussi se classe honorablement dans les palmars internationaux: notre pays arrive pre- mier du classement Deloitte des 500 entreprises technologiques pour lEurope, avec 86entre- prises tricolores devant 71 entreprises anglaises5 , avec la cl 30000 emplois crs. Mais cest loin dtre suffisant. Cest donc devenu un objectif des pouvoirs publics: savoir vers quelles entreprises diriger leur soutien. Les recherches conomiques se sont donc penches sur ce sujet depuis une tren- taine dannes,notamment depuis les travaux de David Birch6 , et montrent chaque fois quune petite fraction dentreprises contribue pour une part prpondrante la cration demplois. Ces entreprises fort potentiel de croissance (high growth firms en anglais ou HGF) sont devenues lobjet de toutes les attentions, lobjectif tant bien sr