MON CAHIER « Jeu d'ÉCHECS »

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    05-Jan-2017
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    MMOONN CCAAHHIIEERR JJeeuu ddCCHHEECCSS

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    SSOOMMMMAAIIRREE

    LLeess oorriiggiinneess pp 33 66 Connaissance du jeu p 7 11 RRgglleess eett bbuutt dduu jjeeuu pp 1122 1166 LLeexxiiqquuee 1177 2211 LLeess ccoommppttiittiioonnss pp 2222 LLeess ggrraannddss cchhaammppiioonnss pp 2233 LLaarrtt eett lleess cchheeccss pp 2244 2266 TTeessttoonnss nnooss ccoonnnnaaiissssaanncceess pp 2277 QQuueellqquueess eexxeerrcciicceess ppoouurr tteennttrraanneerr

    pp 2288 3311 LLeess ssoolluuttiioonnss pp 3322 LLeess cclluubbss ddee ttoonn ddppaarrtteemmeenntt pp 3333 PPrraattiiqquuee ddeess cchheeccss eett rruussssiittee ssccoollaaiirree pp 3344 4433

    BBiibblliiooggrraapphhiiee pp 4444 -- 4455 Document ralis par :

    Brigitte Roederer, CREP Bobigny 1 JJrrmmee MMaauuffffrraass,, cchhaarrgg ddee mmiissssiioonn RReeccttoorraatt ddee CCrrtteeiill PPaassccaall MMeelllleenntt,, ddllgguu UUSSEEPP9933

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    LLEESS OORRIIGGIINNEESS DDUU JJEEUU DDCCHHEECCSS

    De nombreux mythes et thories existent sur l'origine du jeu.

    Les lgendes

    Le mythe du brahmane Sissa

    La lgende la plus clbre sur l'origine du jeu d'checs raconte l'histoire du roi Belkib (Indes, 3 000 ans avant notre re) qui cherchait tout prix tromper son ennui. Il promit donc une rcompense exceptionnelle qui lui proposerait une distraction qui le satisferait. Lorsque le sage Sissa, fils du Brahmine Dahir, lui prsenta le jeu d'checs, le souverain, enthousiaste, demanda Sissa ce que

    celui-ci souhaitait en change de ce cadeau extraordinaire. Humblement, Sissa demanda au prince de dposer un grain de bl sur la premire case, deux sur la deuxime, quatre sur la troisime, et ainsi de suite pour remplir l'chiquier en doublant la quantit de grain chaque case. Le prince accorda immdiatement cette rcompense en apparence modeste, mais son conseiller lui expliqua qu'il venait de signer la mort du royaume car les rcoltes de l'anne ne suffiraient s'acquitter du prix du jeu. En effet, sur la dernire case de l'chiquier, il faudrait dposer 263 graines, soit plus de neuf milliards de milliards de grains (9 223 372 036 854 775 808 grains prcisment), et y ajouter le total des grains dposs sur les cases prcdentes, ce qui fait un total de 18 446 744 073 709 551 615 grains (la formule de calcul est alors 264-1) !

    Des variantes de cette lgende existent, l'une suggrant que le roi accepta condition que le sage compte les graines lui-mme, une autre affirmant que Sissa eut la tte tranche pour une telle effronterie. Certaines versions disent que Sissa ne demanda rien en change mais que le roi insistant, Sissa aurait alors dcid de se moquer du roi en lui demandant une rcompense qu'il ne pourrait donner.

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    Lgende grecque

    Une autre lgende place l'invention du jeu durant la Guerre de Troie. Palamde, l'un des hros grecs, aurait invent le jeu pour remonter le moral des troupes durant le sige de la cit en 1240 av. J.-C. C'est cette origine qui amnera les crateurs de la premire revue chiquenne la nommer Le Palamde. D'autres personnages du monde grec se sont vus

    attribuer l'invention des checs. On peut notamment citer Pyrrhus.

    Origines orientales

    Les recherches historiques. Jeune Persan jouant aux checs avec deux prtendants Illustration tire de Haft Awrang de Jami, dans l'histoire Un pre avise son fils propos de l'amour Lorigine du jeu dchecs reste un sujet controvers. En effet, comme l'crit Richard Eales dans son livre CHESS, The history of a game 2, la recherche des origines des checs est similaire la recherche du chanon manquant dans l'volution humaine.

    On admet gnralement que son anctre connu le plus ancien est un jeu indien, le chaturanga. Ses traces les plus anciennes se reprent entre les Ve et VIIe sicles. Deux passages de textes sanskrits mentionnent l'existence du jeu sans donner d'autres informations. Il s'agit de Vasavadatta, crit en 600 par Subandhu qui voque des joueurs d'checs, et surtout de Harshascharita, crit par Bana vers 625. Il dcrit The Aashtapada, un chiquier de 64 cases, qui permet d'apprendre le Chaturanga, le nom sanskrit des checs. Ces livres, suivis de deux autres ouvrages crits en 850 par Ratnakara et Rudrata la fin du neuvime sicle, permettent de prendre connaissance des pices du jeu qui sont celles d'une arme : fantassins, cavaliers, chars et lphants. L'origine de ces deux auteurs dans le Nord-Ouest du royaume du Cachemire suggre ainsi une transmission possible du bassin central du Gange vers l'Iran (la Perse). Au-del de cette poque, certains supposent que le jeu a volu partir de jeux de parcours indiens, dautres lui prtent un anctre extrieur en Chine ou en Asie centrale. Un jeu trs similaire est galement connu dans la civilisation chinoise, le xiangqi, dont les plus anciennes traces remonteraient 569 (il y a une controverse ce sujet) ; son existence est atteste en 8003.

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    Diffusion Le jeu se propage jusquen Perse aux alentours de lan 600 o il devient le chatrang. Lorsque les Arabes envahissent la Perse, ils ladoptent sous le nom de shatranj. Les checs connaissent alors un dveloppement remarquable. Cest au cours des IXe et Xe sicles quapparaissent les premiers

    champions et les premiers traits. Les pices sont stylises en raison de linterdiction de reprsenter des tres anims. On retrouve alors : le roi (Shh, c'est lui qui donne son nom au jeu) se dplace dun pas dans toutes les directions ; - le conseiller (Firzan ou Vizir) dont le mouvement est limit une seule case en

    diagonale ; - llphant (Al-fil) avec un dplacement correspondant un saut de deux cases

    en diagonale ; - le cheval (Faras), identique au cavalier moderne ; - le (Roukh), semblable la tour actuelle. - le soldat (Baidaq), lquivalent du pion, mais dpourvu du double pas initial. (Le Roukh tait parfois reprsent comme un char de guerre. Les Arabes y voyaient un gnral commandant larme. Mais son sens littral reste obscur. Il semble que pour les Arabes, ce mot navait pas dautre sens que celui de dsigner cette pice au Shatranj, un peu comme le mot rook pour les anglophones aujourdhui). Une thorie sduisante donne lorigine du mode de dplacement des pices par les diffrents trajets lmentaires possibles depuis le centre dun espace de cinq cases sur cinq cases. Elle donne une bonne explication au dplacement curieux du cavalier (F = Faras), le seul tre rest sauteur et courte porte. Elle laisse au roi (S = Shh) un dplacement plus limit (quatre cases) mais qui correspond au dplacement de son homologue chinois (le gnral ). Elle donne aussi penser que le char (R = Roukh) devait tre primitivement une pice courte comme les autres et se dplaait par saut de deux cases selon colonne ou range.

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    Arrive en Europe et volution

    Manuscrit (c.1320) Larrive des checs en Europe se fait sans doute par lEspagne musulmane aux alentours de l'an mil, voire lItalie du sud. (Il est dmontr que le jeu que Charlemagne aurait reu de la part du calife Haroun al-Rachid, conserv la Bibliothque Nationale de France, a t en fait fabriqu prs de Naples la fin du XIe sicle). En 1105, sa premire mention crite en Occident a t trouve dans un testament du comte d'Urgel, en Catalogne. Ds son arrive dans la Chrtient, lchiquier et les pices s'occidentalisent : le plateau devient bicolore avec les cases rouges et noires (qui deviendront plus tard blanches et noires), le vizir devient fierge (ou vierge), puis reine et/ou dame (il est difficile de dterminer lequel des deux termes prvalait sans doute taient-ils utiliss indiffremment) ; l'lphant (al fil en arabe, qui reste alfil en espagnol aujourd'hui) devient aufin, puis fou (bishop, vque en anglais) ; le roukh arabe devient roc (ce nom donnera rook en anglais, le verbe roquer en franais et dsignera la tour d'checs en hraldique), puis tour vers la fin du XVIIe sicle. Dans certaines rgions d'Europe, le double pas initial du pion est pratiqu. Enfin, des rgles permettent au roi ou la reine/dame d'effectuer un saut deux cases (sans prise) leur premier mouvement. Ce dernier point est la diffrence principale avec les rgles du Shatranj des pays musulmans. Mais lvolution la plus importante a lieu la fin du Moyen ge, vers 1475 en Espagne lorsque les mouvements limits de la reine/dame et du fou sont remplacs par ceux que nous connaissons actuellement. Le jeu devient tellement rapide quon juge prfrable dannoncer chec au roi et Gardez la reine . Les joueurs de cette poque nomment ces nouvelles rgles : eschs de la dame ou jeu de la dame enrage . Pour parer aux effets dvastateurs de ces pices aux pouvoirs renforcs, le roque est invent vers 1560 et, progressivement, il remplace le saut initial du roi ou de la reine/dame qui deviennent obsoltes. Vers 1650, on peut considrer que les rgles du jeu moderne sont peu prs tablies. Si les premiers livres traitant des checs remontent l'poque arabe, la stabilisation des rgles en Europe donne naissance une littrature thorique trs riche et on observe notamment l'laboration des premiers systmes d'ouverture.

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    CCOONNNNAAIISSSSAANNCCEE DDUU JJEEUU

    Lchiquier L'chiquier est le tablier ou plateau du jeu d'checs. C'est une grille carre de 8 cases de ct, soit 64 cases en tout, en alternance sombres (appeles noires ) et claires (appeles blanches ). Lchiquier est pos sur la table. Avant de commencer jouer, il faut procder une vrification : Chaque joueur doit avoir une case blanche dans le coin devant lui sur sa droite.

    Un peu de vocabulaire

    Les lignes horizontales sont appeles ranges. Les lignes verticales sont appeles colonnes. Les lignes obliques sont appeles diagonales. Chaque