Manuel pratique du biblioth©caire

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  • Association des BiUiotn caires r ranais

    MANUEL

    PRATIQUE DU

    BIBLIOTHCAIRE

    P L. CROZET

    EMILE NOURRY

  • Les pages intermdiaires sont blanches

  • MANUEL PRATIQTrE DU

    BIBLIOTHCAIRE

  • Les pages intermdiaires sont blanches

  • Association des Bibliothcaires Franais

    MANUEL PRATIQUE _

    BIBLIOTHCAIRE5

    X

    LO CROZET DE LA BIBLIOTHQUE NATIONALE

    ANCIEN BIBLIOTHCAIRE DE VERSAILLES

    ET DU HAVRE

    Prface de M M . Pol Neveux et Ckarles iScr^mldt

    INSPECTEURS GNRAUX DES BIBLIOTHQUES

    PAR)S EMILE NOURRY, DITEUR

    62, Rue des coles, 62

    1932

  • Les pages intermdiaires sont blanches

  • PRFACE

    Un petit guide contenant des instructions prcises voil ce que nous demandions l'Association des Biblioth-caires Franais en 1929, pour les bibliothcaires des mu-nicipales moyennes livrs eux-mmes sans directives et prompts se dcourager.

    Notre vu est exauc ; il l'est mme au del de ce que nous esprions : le petit guide est devenu un manuel.

    D la comptence d'un bibliothcaire qui connat les dolances de la province cette province trop souvent oublie le Manuel du bibliothcaire sera accueilli avec joie partout o il y a de l'inexprience et de la bonne volont. Il tait attendu, car il rpond un besoin : le dveloppe-ment du savoir professionnel.

    A ce mme besoin rpond l'enseignement rajeuni de l'Ecole des Chartes proccupe maintenant de donner ses lves cette prparation pratique qui est largement octroye l'tranger et qu'ils ne savaient o trouver. Biblioth-caire, un mtier qu'on n'apprend plus ! disait-on, hier encore. Demain cette phrase n'aura plus de sens.

    Car c'est un mtier : ils ne l'ignoraient pas, les membres du Comit des Quatre Nations qui, en 1791, envoyaient

  • VI MANUEL PRATIQUE DU BIBLIOTHCAIRE

    dans les dpartements des instructions pour la confection des catalogues et apprenaient aux bibliothcaires improvi-ss l'art de transformer des cartes jouer en fichets sur lesquels ils inscrivaient les titres des livres et qu'ils runis-saient par un bout de fil cir pass dans une grosse ai-guille...

    C'est un mtier : il le savait bien M. de Salvandy quand il reconnaissait, en 1839, que les bibliothques n'avaient pas de rglement commun, que tout y tait livr la sollici-tude spontane des administrations oh, la jolie for-mule ! quand il dclarait que les hommes valaient mieux que les institutions et demandait des principes simples, con-formes aux intrtsdetous, propres soutenir et guider le zle, point l'inquiter... On avait alors de vastes projets : un Grand Livre des bibliothques de France, un catalogue des doubles ; on voulait que les dpts de nos richesses in-tellectuelles ne fussent plus abandonns l'incurie qui les nglige et par suite au dsordre qui les dissipe ...

    C'est un mtier : mieux que personne, Lopold Delisle le savait quand il rdigeait ces admirables Instructions conserves pieusement dans les Bibliothques municipales et qui, pendant longtemps, ont t les seules directives des bibliothcaires.

    Acheter, cataloguer, relier, communiquer, prter, toutes ces techniques le Manuel les enseigne, adaptes la vie moderne. Du mme coup, parce qu'il est l'uvre d'un biblio-thcaire qui chose rare regarde du ct lecteurs , ij fait apparatre les vertus du parfait bibliothcaire : la cu-riosit, cette curiosit vorace qui faisait l'autorit d'un Lucien Herr, l'amnit, qui accueille toutes les questions

  • PRFACE VII

    avec bienveillance, la vocation du pdagogue qui veut le-ver le niveau des lecteurs parce qu'il croit la vertu d'du-cation du livre bien choisi.

    Au temps o les Bibliothques taient entreposes dans les Ecoles centrales, le P. Laire faisait un cours de biblio-graphie celle de l'Yonne. Il apprenait ses lves ne pas ranger dans les traits liturgiques un livre intitul : De missis dominicis ; il avait le courage, lui ecclsiastique, de compter mme l'Encyclopdie au nombre des livres n-cessaires . En fin d'anne il consacrait une leon aux de-voirs, aux connaissances et aux obligations d'un biblio-thcaire : mais avec les qualits qu'il exigeait, pas un lecteur n'aurait pu devenir bibliothcaire ; c'est qu'il avait une trs haute ide du mtier et que son idal n'tait pas celui du bibliomane goste.

    Charles Mortet, qui fut le modle de sa profession, sou-haitait que se dveloppt, en France, la fonction ducative des Bibliothques. Il demandait que pntrt partout un esprit nouveau inspir par l'ide qu'il ne suffit plus seule-ment, comme autrefois, de donner satisfaction l'lite des lecteurs en cataloguant, avec une science consomme, les manuscrits, les incunables et les autres rarets bibliogra-phiques, mais qu'il importe aussi d'attirer le grand public et de l'intresser la lecture par des catalogues d'une con-sultation facile, par des amnagements matriels accl-rant les services, par des acquisitions de livres modernes et de priodiques rpondant aux besoins immdiats du temps prsent . Charles Mortet voulait des bibliothcaires qui fussent des guides et des ducateurs.

    C'est la vrit mme. Pour sa part, pour sa large part,

  • VIII MANUEL PRATIQUE DU BIBLIOTHCAIRE

    le Manuel amnera les bibliothcaires faire uvre, non seulement de conservation et de classement, mais aussi d'enseignement. De cela il faut remercier l'auteur, ceux qui l'ont aid de leurs conseils et l'Association des Biblioth-caires qui l'a encourag dans son effort.

    A l'entreprise qui s'bauche la modernisation des bibliothques de France M. Lo CROZET apporte sa con-tribution ; elle est importante : il a su nagure vivifier une des plus grandes municipales de France. Somme toute, il nous donne, ici, le secret de sa russite.

    Pol NEVEUX, Charles SCHMIDT, Inspecteurs Gnraux des Bibliothques.

  • INTRODUCTION

    La Direction d'une bibliothque, mme peu importante, prsente peu prs autant de difficults d'administration que de problmes d'ordre scientifique. Pour en faciliter la solution, et sur le conseil des Inspecteurs gnraux des Bibliothques, l'Association des Bibliothcaires Franais dcida, le 28 octobre 1929, de provoquer la publication d'un Manuel qui rpondt aux questions que se pose le plus frquemment un bibliothcaire.

    La Commission dsigne cet effet examina, tout d'abord, s'il ne conviendrait pas de rdiger deux manuels, l'un pour les bibliothques d'tude, l'autre pour les bibliothques de lecture publique.

    En principe, ces deux types de bibliothques diffrent essentiellement. Les premires sont destines offrir, aux tudiants et aux chercheurs la documentation ncessaire leurs travaux. Leur dveloppement tant limit par les res-sources budgtaires, on peut poser en principe qu'elles doivent contenir, au moins, tous les ouvrages utiles aux enseignements donns dans la ville mme, plus les grands traits correspondant l'enseignement du degr suprieur

    Le prt des livres domicile n'y peut tre concd sans l

  • MANUEL PRATIQUE DU BIBLIOTHECAIRE

    restrictions. Les traits de sciences, en effet, sont d'un prix lev. Le prt domicile en acclre l'usure. Et, d'autre part, un travailleur admet difficilement que le livre dont il a un besoin urgent soit sorti de la bibliothque.

    Les bibliothques de lecture publique, elles, ont pour rle d'assurer la culture gnrale, c'est--dire de complter la priode scolaire ou universitaire, si longue soit-elle. Elles doivent prsenter un ensemble de connaissances assez gnral, sous une forme moins schmatique que les manuels, moins dtaille que les traits, et, de plus, aider les har-moniser, ce qui ne se fait qu'assez tard dans la vie et, parfois, trs pniblement. C'est elles de nous offrir des vues d'en-semble, les lments d'une philosophie personnelle, si simple soit-elle, mais donnant un sens notre vie. On com-prend que leur composition soit plus dlicate, plus difficile raliser que celle d'une bibliothque d'tude. Les livres qu'elles comprennent doivent tre de petit format, pour tre aisment transports, lus domicile, mme en voyage, dans toutes les circonstances o la tyrannie professionnelle en laisse le loisir. Ils doivent tre d'assez bas prix pour que leur utilisation prime leur conservation.

    Ces deux genres de bibliothques sont bien diffrents ; mais, la rflexion, il est apparu que la bibliothque de lecture pourrait, en se dveloppant, prendre partiellement, le caractre d'une bibliothque d'tude, surtout dans les villes qui en sont actuellement dpourvues. D'autre part, il est peu de bibliothques d'tude qui ne puissent affecter une partie de leurs livres et de leur personnel un service de lecture ouvert largement la population.

    Dans ces conditions, la division du Manuel en deux sec-

  • INTRODUCTION 3

    tions tait moins facile, moins conomique et moins lgi-time que l'on aurait pu le penser. On y a renonc. On a cru prfrable de passer en revue les principales questions, de traiter les plus courantes et de renvoyer aux ouvrages o l'on trouvera la solution des autres. La documentation, la bibliographie, occupent donc une place importante dans ce Manuel. Certaines listes seront mme, peut-tre, aux tra-vailleurs et aux libraires, de quelque utilit.

    On s'est efforc de remplir le programme adopt en don-nant moins des conseils gnraux que des renseignements prcis. On n'a rien indiqu que l'on n'et contrl. Les per-sonnes dont on a sollicit les avis sur les questions qui relevaient de leur spcialit sont trop nombreuses pour qu'il soit possible de les nommer ici, en les remerciant. Mais nous devons exprimer M. Pol NEVEUX et M. Charles SCHMIDT, Inspecteurs gnraux des Bibliothques, qui ont bien voulu inspirer ce travail et en revoir le texte, notre vive et respectueuse reconnaissance.

  • Les pages intermdiaires sont blanches

  • COMMISSION

    ds