lUNION AFRICAINE Comment Alger compte bloquer Tel-Aviv

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    06-Nov-2021
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DE BLIDA, ALGÉRIE-DJIBOUTI
JEUDI 2 SEPTEMBRE 2021 - 24 MOHARRAM 1443 - N°9424 PRIX 30 DA - FAX : RÉDACTION : 021 67 06 76 - PUBLICITÉ : 021 67 06 75 - TÉL : 021 67 06 51 - 021 67 06 58
«L’ÉTAT DE LA PELOUSE, DU SABOTAGE» PAGE 13
l UNION AFRICAINE
Le directeur du stade Tchaker a évo- qué un «coup de soleil» ayant frappé le terrain gazonné. Déjà que c'est l'enceinte la plus moche du Tiers- monde, cette affaire de gazon maudit ne va pas arranger les choses : les Algériens — et les autres — feront la comparaison avec le terrain de Marrakech qu'ils verront cinq jours plus tard. Que faire ? Le 5-Juillet est en réfection. Pour le directeur, c'est la faute aux 58 matchs en une année ! Oran ? Trop de chlorure dans les réservoirs vidés par les coupures d'eau a nui à la pelouse... Où aller ? Annaba ? Trop loin et la pelouse souffre également de la négligence algérienne ! Constantine ? Ce n'est pas prêt ! Sig et son joli stade à l'an- glaise ? Les délais sont trop courts ! Tant qu'on y est, on aurait dû deman- der à jouer nos matchs à domicile... dans un pays du Golfe. Là-bas, ils doivent avoir un truc pour protéger leurs terrains des coups de soleil à près de 50 degrés C... et faire barrage aux incompétents !
M. F.
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ENTRETIEN
Avec Omar Guendouz, disparaît une grande idée du théâtre algérien PAGE 15
l La présence d’Israël au sein de l’UA a plongé l’organisation africaine dans une situation très sensible qui offre, à ce stade, très peu de visibilité quant aux répercussions futures que peut engendrer cette affaire.
CULTURE
PP La Fédération algérienne de football invitera, très prochainement,La Fédération algérienne de football invitera, très prochainement,
pour une réunion de travail, les quatre clubs algériens engagés en Liguepour une réunion de travail, les quatre clubs algériens engagés en Ligue des champions et en Coupe de la Confédération africaine. Le CRB, l’ESS,des champions et en Coupe de la Confédération africaine. Le CRB, l’ESS, la JSK et la JSS se réuniront, en effet, avec la commission du footballla JSK et la JSS se réuniront, en effet, avec la commission du football professionnel «à l’effet d’étudier les voies et moyens à même de leurprofessionnel «à l’effet d’étudier les voies et moyens à même de leur permettre d’aborder ces échéances dans les meilleures condipermettre d’aborder ces échéances dans les meilleures condi-- tions possibles», précise la FAF, tout en expliquant que cettetions possibles», précise la FAF, tout en expliquant que cette réunion est rendue nécessaire à la suite de nouvelles circuréunion est rendue nécessaire à la suite de nouvelles circu-- laires émises par la Confédération africaine de football etlaires émises par la Confédération africaine de football et contenant de nouvelles règles régissant ces compétitions.contenant de nouvelles règles régissant ces compétitions.
Réunion spéciale pour le CRB, l’ESS, la JSK et la JSS
Résultat sondage
Êtes-vous d’accord avec les décisions portant réouverture des restaurants et des cafés ?
Oui 50,77%
Non 39,3%
SO 9,92%
Pensez-vous qu’il faut vacciner les enfants de plus de 12 ans ?
NON Sans opinionOUI
Un jour, un sondage
SOIT DIT EN PASSANTSO IT D IT E N PA SSA NT Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.frGrossistes et détaillants. Ils sont tous coupables ! L es privations que
nous impose la peur d’une conta-
mination empêchent de voir la vie en rose. Même si les pouvoirs publics, en partie tribu- taires du groupe de scientifiques qui gère présent et prévisions, alternent régulièrement optimisme et frustra- tions. Lorsqu’avec une amie nous avons déci- dé, depuis, qu’aller au restaurant a été rendu possible, de nous retrouver pour déjeuner quelque part dans Alger, je me doutais que nous commencerions par rendre grâce au ciel d’aller comme nous allons. Quelques petits bobos par-ci par-là, mais qui n’en a pas ?, avant de conclure que nous n’avions pas le droit de nous plaindre au regard de la détresse humaine qui nous entoure. Je lui ai, quand même, raconté com- ment, avant de la rejoindre, j’étais passée par le marché dans l’in- tention d’acheter
quelques fruits et légumes. Et, je lui ai dis, aussi, comment j’y avais, en partie, renon- cé. Au prix où étaient certains d’entre eux, rien ne pressait ! Plus chers parfois qu’un kilo de viande ! Plus chers que 4 kilos de poulet ! En racontant ma brève tournée au marché, je suffoquais à moitié et mon amie avec moi. Jusqu’où les mar- chands oseront pousser le bouchon ? Parce qu’il n’y a, décidément, plus de limites à rien ! Certains prix sont indé- cents. Combien sont-ils les Algériens qui ne res- sentent aucune gêne à consommer à ce prix ? Ce n’est pas ce qui m’a le plus fait mal au cœur. Là où mon sang ne fait qu’un tour, c’est lorsque ma grimace n’émeut pas le mar- chand, sans doute vac- ciné contre ce genre de réactions. Il sait que d’autres viendront le délester de sa marchan- dise, sans même lui en demander le prix. Celui
auquel je me suis adres- sée a haussé les épaules, tourné les talons et s’en est retour- né faire la causette à son voisin. Se rabattre sur des pommes à 260 dinars dans un pays où elles devraient être dis- tribuées gratuitement ? Sérieux recul qui rap- pelle ce temps où le marchand vous regar- dait de travers en vous assénant un «eddi wala khelli» (prends ou lais- se). Comme pour vous dire : «Dégage ! C’est pas pour toi !»
N.B.: La chronique revient bientôt. En attendant, prenez soin de vous. C’est vital !
M. B.
Place aux dossiers La commission de la wilaya de Constantine chargée duLa commission de la wilaya de Constantine chargée du
recensement des pertes agricoles causées par les incenrecensement des pertes agricoles causées par les incen-- dies a été installée cette semaine et commencedies a été installée cette semaine et commence--
ra à recevoir les dossiers des ci toyensra à recevoir les dossiers des ci toyens concernés à partir du dimanche 5 sepconcernés à partir du dimanche 5 sep -- tembre, apprend-on des membres de cettetembre, apprend-on des membres de cette commission. commission.
Les statistiques et l’évaluation finanLes statistiques et l’évaluation finan-- cière ont été transmises à la Directioncière ont été transmises à la Direction générale de la Conservation des forêts.générale de la Conservation des forêts.
Il ne faut toutefois pas s’attendre à uneIl ne faut toutefois pas s’attendre à une indemnisation en argent, lesindemnisation en argent, les
agriculteurs victimes d’inagriculteurs victimes d’in -- cendies seront dédommacendies seront dédomma -- gés seulement en nature,gés seulement en nature,
nous confie-t-on.nous confie-t-on.
Jeudi 2 septembre 2021 - Page 2
Le dessin de Karim Durant le congé, mérité, de notre ami Karim, nous proposons à nos lecteurs une sélection de ses dessins de 2021.
ERISCOOPERISCOOP
spécialiste en cybersécurité.
Le Soir d’Algérie
Le Soir d’Algérie Jeudi 2 septembre 2021 - PAGE 3
Le Soir d’Algérie Jeudi 2 septembre 2021 - PAGE 4Chroniques
Aujourd’hui, on ne va pas parler des feuilles
mortes. Ici, on n’a pourtant
pas définitivement
de romantisme. Bien sûr, les illusions
désintéressées n’arrêtent pas de maigrir et celles-ci particulièrement
ont la peau qui colle à l’os. Enfin, quand il en reste. De la peau et bientôt du squelette. Pas besoin d’aller chercher loin, l’évidence est à portée de main : septembre n’est plus un poème s’il l’a été un jour et l’automne des feuilles mortes une vieillerie de rêveurs perclus, exclus de leur temps, un anachronisme qui fait sourire de condescendance. Il y a plus pénible pour les derniers rêveurs : ils sont horriblement seuls. Il paraît que c’est normal, la loi du nombre étant souveraine. Oui. Et puis quoi encore ? Rien. La terre tourne depuis longtemps autour des choses… terre à terre, en automne comme dans les autres saisons. La cinquième comprise. Il faut être réaliste, n’est-ce pas. Il faut être surtout pragmatique. Un vrai travail qui n’a rien à voir avec la contemplation de feuilles quittant la branche ou décollant de l’asphalte. En automne, il faut penser à la rigueur de l’hiver et aux crues déjà menaçantes. On commence par où, déjà ? Tout de suite, il faut être terre à terre mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi être pragmatique et réaliste. Le réalisme suggérant plutôt l’éloge de la paresse que la promotion de l’effort, on aurait pu s’en passer mais il est là, il faut bien qu’on s’en accommode. Imaginez un peu, si tout le monde était occupé en ce moment à regarder tomber les feuilles de noyer avant d’en admirer les glissades en demi-volée sur les trottoirs. Imaginez les autres en train de rêvasser sur la tiédeur des températures et enfin, les pires de tous, ceux qui écrivent ou lisent des poèmes. Oh, on sait, il n’y a pas grand-monde pour nettoyer les passages d’eau, il suffit de quelques ondées douces et fugaces pour que l’apocalypse repasse, il suffit d’un vent ordinaire pour que le pays flirte avec la catastrophe, il suffit parfois d’un… automne pour faire un malheur. On n’aime peut-être pas trop la poésie et les poètes. On n’a pas le temps de rêver, d’où notre propension à moquer les rêveurs. Mais on connaît la musique. De l’avoir entendue à l’orée de chaque automne, on a fini par l’apprendre par cœur. Et surtout à nos dépens. On fait quoi alors ? Allez, ce n’est ni illusoire ni interdit de nettoyer en regardant voler les feuilles mortes. C’est ringard, oui mais si ça peut aider à être utile, il faudra essayer ça. C’est l’automne. Tout le monde le sait ? Oui mais on n’est pas obligé d’être génial à tous les coups. Il faut juste avoir les pieds sur terre et le regard dans le vent et la saison sera moins douloureuse. Elle peut-être belle aussi, on peut encore rêver.
S. L.
Constances
L u dans Paris Match : «En quelques minutes, Rada Akbar, photographe, doit
abandonner sa vie de famille.» «Je faisais pourtant confiance à nos alliés occidentaux» ! Comme elle, ils sont nombreux en Afghanistan à avoir cru aux pro- messes occidentales avant d’être abandonnés en rase campagne.
En Algérie, nous avons connu une situation diamétralement opposée à celle de l’Afghanistan. En 1992, l’Occident déplorait l’ar- rêt du processus électoral avant d’accueillir les islamistes fuyant la répression parmi lesquels Anouar Haddam, Dhina, Boudjemaâ Bounoua, Rabah Kebir, et autre Kamreddine Kherbane, qui ont trouvé refuge qui aux États-Unis qui à Londres, Bonn (Allemagne), Genève, Paris dans un premier temps, Bruxelles et même Stockholm...
En ces années 90 où l’Algérie cristallisait les espoirs de la mou- vance islamiste mondiale, il ne faisait aucun doute dans l’esprit des capitales occidentales et de la plupart de leurs médias que c’étaient les militaires qui tuaient. Ces médias leur ouvraient leurs pages et leurs plateaux télé. Victimisés, les isla- mistes algériens étaient même autorisés à éditer et diffuser leurs propres organes comme Etebcira (en arabe), The Enlightenment (en anglais et en arabe), El Djebha (en arabe), Le Critère (en français), El Ansar (arabe et anglais)… À Londres, plaque tournante de l’islamisme transnational, les cassettes
vidéo relatant les exploits des «moudjahidine» algériens se vendaient librement.
Interrogé par le Nouvel Obs s’il ne regrettait pas d’avoir sou- tenu les islamistes afghans durant les années 80 pour conte- nir la «menace communiste», Zbigniew Brzeziski, ex- conseiller de la Sécurité nationa- le du Président Carter puis de Barack Obama, avait répondu : «Qu’est-ce qui est le plus impor- tant au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la Guerre froide ?»(1)
Aussi, rien de surprenant en ce temps-là, dans un contexte de violence inouïe et d’isolement de l’Algérie à l’international, à ce que sur fond d’appels à l’ingérence étrangère pour faire cesser les massacres attribués naturelle- ment à l’armée, Alger ait vu se succéder en 1998 trois missions d’enquête – la fameuse «troïka» au nom de l’Union européenne, la mission d’enquête du Parlement européen et la mission de l’ONU conduite par Mario Suarez… En effet, à l’époque, les ambassades avaient délocalisé leurs services consulaires à Tunis, aucune com- pagnie aérienne ne desservait l’Algérie, l’aéroport de Paris était interdit aux avions d’Air Algérie, les centres culturels et d’ensei- gnement avaient fermé et leurs personnels étaient rapatriés…
Isolée à l’international, y com- pris au sein du monde arabe dont certains États membres soute-
naient l’ex-FIS, l’Algérie ne comptait que sur elle-même et sur une partie des forces démo- crates et de la société civile – RCD, MDS, PST, les syndica- listes, les femmes, des intellec- tuels et des artistes, le mouve- ment des Patriotes et la presse, notamment Le Matin, El Watan, Le Soir, Liberté, El Khabar… — pour faire face aux groupes isla- mistes armés qui étaient aux portes d’Alger. Washington, qui pressait les militaires de partager le pouvoir avec les islamistes, ne prévoyait-elle pas la chute du pouvoir au plus tard à fin 1994 voire début 1995 ? Le fait est que sans ces forces et acteurs de la société civile et politique, aujour- d’hui dans le collimateur des autorités, le pouvoir de l’époque au sein duquel se déroulait une sourde lutte de clans ne s’en serait jamais sorti.
Quant à nos islamistes dit modérés qui, en ces années 90, dénonçaient «la violence d’où qu’elle vienne», histoire de ména- ger le GIA et l’AIS et leurs par- rains au cas où ces derniers accéderaient au pouvoir, il n’est pas étonnant de les voir aujourd’hui applaudir bruyam- ment la «victoire des talibans» ! Plus encore, sur divers sujets, crise tunisienne, rupture des rela- tions diplomatiques avec Rabat, la question de tamazight langue nationale et officielle, ils ne sont pas sur la même ligne que le pou- voir politique. Je vous laisse ima- giner ce qu’auraient encouru les courants démocrates et progres- sistes s’ils avaient critiqué la rup-
ture avec le Maroc. Une rupture qu’il va falloir gérer au niveau africain et arabe car la partie est loin d’être gagnée.
Un dernier mot sur cette his- toire de l’enseignement facultatif de tamazigh : bien que le ministè- re de l’Éducation ait revu sa copie, le moins que l’on puisse dire après ce qui s’est passé en Kabylie, c’est que quelque part, il y a des gens qui jouent consciem- ment ou non avec le feu, alors que l’incendie est loin d’être éteint. Et pourtant, c’est à ces mêmes cou- rants islamistes opposés à tama- zight, qui ne pèsent plus politi- quement comme l’ont montré le référendum du 1er novembre 2020 et les élections législatives du 12 juin dernier, qu’a été confiée la commission sur l’éducation de l’APN ! À jeudi.
H. Z.
(1) Le Nouvel Obs du 14-21 janvier 1998.
J ’envie l'histoire des enfants que nous étions. Colonisés, fuyant nos mai-
sons brûlées, nos villages rasés. J'ai envie de raconter nos revanches gagnées grâce à l'école, ce territoire, aujourd'hui, abandonné par nos gouvernants. Pays livré à de faux prophètes qui prêchent l'enfermement, le repli et la haine, la fin du rire et du bonheur. Il y a bien longtemps que l'école algérienne a choisi d'apprendre à ses enfants les affres de l'enfer avant le bonheur que peut procurer le savoir, avant de leur conter les fées, le soleil, les horizons...
Enfant d'Iflissen dans la Kabylie maritime, féru de théâtre et de poésie, inconditionnel de Kateb et de Matoub, Salah Oudahar, comme beaucoup de ses concitoyens créateurs, a quitté l'Algérie à contre-cœur, l’âme meurtrie, saturée de cica- trices après avoir, longtemps, enseigné les sciences politiques à l'université de Tizi-Ouzou.
À soixante-dix ans, il a, avec une détermination en granit, réussi à soigner quelques-unes de ses blessures originelles. Établi depuis 1992 à Strasbourg, en Alsace, terre d'immigration s'il en est, il n'a eu de cesse, par le mot et le geste, de créer du lien entre «sa» Méditerranée et sa terre d'accueil.
En 1999, il fonde avec d'autres compagnons de sa région le festival multiculturel Strasbourg-Méditerranée dont il
est le directeur artistique. Parallèlement, il préside la com- pagnie de théâtre et de danses «mémoires vives».
Toujours ce souci de convo- quer l'histoire pour ne rien oublier ni des ancêtres, ni des mots ou des pierres qu'ils nous ont laissés !
En trente années de présence en France, l'hyperactif Salah a créé évènement sur évènement, toujours en lien avec l'Algérie, l'identité amazighe, la mémoire, l'immigration ou encore la citoyenneté.
Aurait-il pu produire le consi- dérable travail fourni en Alsace avec l'appui de certaines volon- tés dans son pays d'origine ? Il est permis d'en douter au regard du spectacle que nous offre «la nouvelle Algérie».
Son expérience et celle de quelques-uns de ses semblables à travers les différents conti- nents prouve que naître en Algérie n'est pas une tare en soi. Le gâchis devenu endémique n'est pas le fait de nos gènes !
Il vient bien de ceux qui ont si lamentablement régi notre devenir...
Rien ne prédestinait Salah Oudahar, promis à une carrière universitaire en Algérie à devenir «alsacien» avec pour employeur l'exil.
Il se raconte un peu : «Je suis né face à la mer. Je suis de Kabylie mais je ne suis pas un montagnard. J'ai cependant, très vite, fait connaissance avec les
populations montagnardes, de toute l'Algérie. Je suis surtout, un enfant de la guerre. Enfant, j'ai vu mon village rasé, deux frères aînés abattus, pendant la guerre, la tourmente s'est abattue sur nous. Nous avons connu les viols, les descentes, les expul- sions, la peur... À 12 ans, je me suis retrouvé dans un foyer d'en- fants de chouhadas à Boukhalfa, près de Tizi-Ouzou.
Ce n'est qu'à ce moment là, en 1963 donc, que j'ai commencé à l'école. Grâce au soutien de mon- sieur Raynerie, un indépendan- tiste qui m'a fait confiance, j'ai très vite rattrapé mon retard au point de devenir écrivain public. L'école, les livres, l'ambiance très militante du lycée Amirouche de Tizi, puis plus tard, les publications de l'Académie berbère et le théâtre m'ont ouvert un boulevard sur le savoir et m'ont permis de forger ma conscience identitaire.»
C'est, sans doute, à ce moment là, il y a bien longtemps qu'ont été fécondés les mots qui donnent corps au dernier ouvra- ge du poète Les témoins du temps et autres traces-photogra- hies paru dans la collection Les cahiers de la poésie aux éditions À plus d'un titre.
Le militant Salah Oudahar naît véritablement à l'aube du prin- temps berbère dans l'agitation contestataire qui régnait à la cité universitaire de Ben Aknoun, le théâtre, le FFS clandestin puis plus tard, la Ligue des droits de
l'Homme et l'Association des enfants de chouhadas, toutes structures qui ont valu à bien de ses camarades des années de prison.
Aux début des années 90, sentant le péril vert fondre sur lui et sur son cher pays, il fait ses valises ; aujourd'hui dit-il , il est content d'être à la tête du festival Strasbourg-Méditerranée. «Ma mer intérieure, dit-il !»
Laissons Salah clore cette chronique avec un extrait d'un des poèmes de son dernier recueil : Les occupations. Les dominations. Les conquêtes. Phéniciens, Romains, Vandales, Byzantins Arabes, Turcs, Français. Terre de passage des brassages des métissages. Terre des ancrages et du grand large. Souvent vaincue jamais soumi- se. Le pays des Hommes libres !
M. O.
L’Afghanistan, le Maroc et tamazight Par Hassane Zerrouky hzerrouky@hotmail.com
Par Meziane Ourad Salah Oudahar : il veut sa Méditerranée à Strasbourg !
Slimane Laouari laouarisliman@gmail.com
Le Soir d’Algérie Jeudi 2 septembre 2021 - PAGE 5Actualité
Abla Chérif - Alger (Le Soir)…