Laurence Marya Genny

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Transcript of Laurence Marya Genny

  • " L'Eternité est un jour"

    Tout a commencé un jmatin de septembre 2001 Ou peut-être était-ce déjà le mois de juillet

  • suivi de

    Stories from the Sea -Récits de la maison des morts-

    Voici l'heure de la nuit, maintenant je pourrais boire le sang chaud

    que le jour frissonne de voir (Hamlet, Acte III, scène 2)

  • Entre Scheveningen et Paris, une nuit tout bascule. On est en 1953. Sous la menace, Jezabel est envoyée dans un établissement où s'organisent cent êtres connectés sur la journée d'un jeune américain, Victor Ellis. Une soirée d'inauguration est prévue ce jour-là pour annoncer la structure d'une nouvelle organisation new-yorkaise. Jezabel disparaît le même jour où Victor Ellis est envoyé en Europe pour présenter un roman de cent pages (drôles, méchantes et brilliantes) sur la journée-type d'un être connecté. Puis le roman qu'il doit défendre se bacsule en journée-nuit où l'on ne distingue plus le réel de la réalité, et il se trouve mêlé à une autre disparition, celle d'une actrice qui a participé comme guest-star au tournage d'un film français sur le plan américain en photographie. Film underground, le tournage est un désastre et Victor assiste à des scéances de torture, qui pour être mises en scène en noir et blanc, et en plans rapprochés, n'en sont pas insoutenables mais bien réelles. Le Plan devient un film- feuilleton excessivement violent qui dessine les contours d'une architecture encore jamais exploitée, où la deuxième particularité est esthétique pour ne jamais autoriser la couleur du sang autrement qu'en argentique. Les sangles, qui permettent de tenir les comportements des différents protagonistes sur le tournage, tombent les unes après les autres et Le Plan devient inévitablement excessivement violent dans son discours. Les feuilletons du film tirent de cet excès leur force, leur puissance et une satyre, qui commercialement, si elle fait défaut de profondeur domine la morale où le monde n'est que le mirroir de l'image. Dans le domaine de la lutte sur le pouvoir pour l'influence, Le Plan, à travers son feuilleton, montre une société où les gens n'existent qu'à partir du moment où ils sont montrés. Odyssée à jamais inachevée sur la perte, la disparition et le mystérieux labyrinthe, la technique éprouvée trouve comme seule résidence le medium photographique entre spectateurs connectés.

    Difficile, éprouvant, détourné de toute pudeur, et agaçant à l'envie, le tournage du film Le Plan emmène Victor Ellis dans un monde où la réussite se mesure dans un voyage ambitieux, qui une fois refermé n'abandonne plus le spectateur.

  • Première journée, première soirée

    Jezabel note sur son carnet ce matin-là que la nature humaine est triviale quand il s'agit de manifestation en surface pour exprimer l'exhubérence des sentiments face à la facination qu'exerce l'ésotérisme pour le lecteur moyen. Elle a rendey-vous chey son éditeur à Scheveningen et est déjà très en retard, son carton de LSD en poche elle espère pouvoir tenir le crachoir le plus longtemps possible devant ce personnage infernal qui ne pense qu'à assimiler rites, religions et symbolique métaphysique pour expliquer à un public large mais pointu que la sophistication des mythes n'entrent dans aucune réalités. Nous sommes le 18 septembre 1953, et c'est un anniversaire. Elle a prévu une petite attention pour lui: deux boutons de manchettes. Elle cherche ses bas chairs dans le tiroir de la commode et ne trouve que les noirs. Peut- elle se rendre à un rendey-vous professionnel sans couvrir ses jambes. La soie a cet effet sur les hommes que lorsqu'elle est transparente, elle provoque une réaction presque instantanée de solicitude et d'admiration.

    Victor Ellis a 43 ans, célibataire il vit dans deux appartements de famille entre Londress et Paris, Pourtant depuis sa naissance il ne connaît que New-york. Le New-york froid et humide en hiver, plein de charme au printemps, et en constante hystérie de l'automne à l'été à partir de septembre. La particularité de cette ville sur Londress est l'avantage non négligeable d'avoir cet accès aux connaissances scientifiques qui manquent cruellement à Paris. Dans l'appartement familial de l'île Saint-Louis à Paris, il profite de l'engouement autour des nouveaux cercles artistiques qui s'y développent. Il travaille depuis vingt ans dans la publicité et depuis presqu'autant de saisons sur un projet de structure inédite afin de relier le consommateur à son essence finale. Le projet - initié par un structure obscure indépéndante qui bénéficie de cet aura que seule la transparence des émotions arrive à définir- a surgi lors d'une discussion à Londress basée sur de l'idée de démontrer que la journée type d'un être connecté ne le ramène en aucun cas sur ce qu'il consomme mais sur ce qu'il a été plutôt que ce qu'il pense être. La rumeur court depuis plusieurs années comme quoi une organisation internationale a connecté cent êtres afin de développer l'élite de demain. Lors de discussions avec ses connaissances à Paris, et à Londress avec ses partenaires, il a détecté par une journée d'été à New-york un conflit psychique et structurel sur la société des cent êtres connectés quant à la fin ultime du développement d'un nouveau groupe. Pratiquée dans l'ésotérisme la finalité ne peut être ni spirituelle ni même initiatique. Qu'adviendra-t-il d'un réseau de cent êtres connectés par leurs connaissances supérieures lorsque le risque apparaît- et qui ne peut jamais être exclu du conflit interne - se présente comm la solution. Celle-ci est- elle dans un comportement de consommation ou de développement psychique. Où est la limite du psyké. Par hasard à New-york, quelques années plus tôt, un jour de printemps 1948, il rencontre le directeur d'une ancienne société de production de film qui a dû s résoudre à fermer en 1905 en raison d'un film qui mettait en exergue le déclin de la société à Hollywood alors que le vrai lieu du film était Berlin. Trop de corps dénudés, trop de parures, une mauvaise décision qui en a fait le premier film parlant et quinye années de tournage ont eu raison de la société de production. Aujourd'hui, l'ancien directeur de production est éditeur de livres sur l'évolution de la photographie depuis ses débuts vers 1840 (l'objet, la transformation des paysages, le rapport au temps), à celle des années 1865-1895 (l'objet devient le corps et l'environnement le paysage, la matière n'est plus objet mais texture du support). Il connait un succès d'estime auprès des nouvelles classes bourgeoises mais garde la reconnaissance des anciens, qui ont patiemment attendu la fin de carnet-feuilleton comme

  • support à effet du cinéma muet. Il s'intéresse à la publicité car à la différence de l'art moderne ou classique, le message cache l'intention. Ils ont rendey-vous le 6 septembre 1953 à 7h30 précise au Darjingman, un hôtel qui sert le petit-déjeuner aux habitués non clients de l'établissement. Réputés pour leurs fameux oeufs Bénédict.

    Jezabel change de tenue, finalement elle ira au rendey-vous en pantalon. Son éditeur lui a demandé d'apporter les registres dans lesquels sont indiqués les variantes mythologiques des rites iniatiques connus. Cinq registres, environ sept kilos et demi. Elle range soigneusement ceux-ci dans un draps de velours et les range dans la valise familiale que lui a laissé son père. Le taxi est en retard. Il est 12h19. Elle arrive chey son éditeur très en retard à 12h36 précisément. Elle va devoir lui annoncer qu'elle n'assistera pas au dîner d'anniversaire ce soir à l'Hôtel Impératrice sur la jetée de Scheveningen. C'est toujours mauvais pour la réputation de ne pas participer aux rallyes d'anniversaires, mais l'idée de rejoindre un groupe de fêtards aussi tordus que défoncés à l'opium dès l'apéritif pour terminer le week-end en parties-going on the go la laisse dans un grand désarroi fait d'arrogance dont elle savoure l'exquisité. L'avantage unique en terme d'économie de ne pas participer chaque semaine à ces festivités avec ou sans prétexte, est que lorsque prétexte solide il y a, l'absence provoque cet effet de manque et de rareté.

    Le jeudi de toute façon elle va aux réunions du Souper. Un cercle de discussion sur l'approche anthropologique des mythes et symboles au moyen-âge en comparaison avec ceux des jardins de Babylones et ses paradis perdus.

    Victor Ellis possède une habitude toute particulière qui observée de façon hasardeuse parait souvent spectaculaire, il n'écoute jamais son interlocutaure mais prend des notes de toutes ses conversations, qu'il retravaille chaque nuit selon les événements de la journée, et qu'il relit le matin à la première heure. Ce qui l'oblige souvent à de courtes pose de repos nocturne. Cette habitude est survenue lors de réunions houleuses avec des partenaires pour lancer de nouveaux produits basés sur la publicité et non sur la fin utile du produit en tant qu'outil de consommation.

    Depuis, il n'est plus nécessaire pour lui de faire spectacle de lui-même, ni sur le court ou le long terme, afin de séduire par son incroyable mémoire. Partenaires et connaissances qui ouvrent avec lui toute conversation espèrent et savent qu'ils auront droit à un ticket, une note qui leur ouvrira peut-être les portes de cercles de relations afférents. On est encore au début des stratégies par niveau graduel de relations et bien que financés par des mécènes ou autes groupes privés, la plupart des connaissances et partenaires de Victor attendent un