LA COMPAGNIE TIBERGHIEN PRÉSENTE - OARA

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dossier de presse Bordeaux, février 2015
LA COMPAGNIE TIBERGHIEN PRÉSENTE au LIEU SANS NOM, les 18, 19, 20, 21 et 25, 26, 27, 28 février 2015
PLAISIR D'OFFRIR, JOIE DE RECEVOIR
d'après Putain, Folle et Burqa de chair de Nelly Arcan montage de Françoise Bleuse1
avec Françoise BLEUSE | Maya BORKER | Cécile DELACHERIE, femmes de paroles et femmes de caractères
mise en scène : Gilbert TIBERGHIEN, homme d'esprit | scénographie : Bruno LAHONTAÂ, homme d'influence | création lumières : Jean-Pascal PRACHT, homme de l'ombre | costumes : Hervé POEYDOMENGE, homme de robe | régis : Alain RAIMOND, homme de mains | regard chorégraphique : Laurent Côme, l'homme de la situation
« Tout le monde sait que je fais de la putasserie, une des plus grandes tares de l'univers ; donc logiquement, je ne devrais pas être sexy, ni faire la pute. Mais en moi, ces deux contradictions coexistent très bien, elles ne s'excluent pas et se nourrissent même l'une de l'autre. Incarner précisément ce qu'on abhorre, pour moi, c'est parfaitement cohérent. »
Nelly ARCAN
Représentation à 20h30 au Lieu Sans Nom. Plein tarif 12 €, tarif réduit 6€. Réservation recommandée au 09 54 05 50 54. Durée 1h20. Spectacle non adapté aux enfants.
Site internet du Lieu sans Nom : https://lieusansnombordeaux.wordpress.com/, Page facebook : https://www.facebook.com/cietiberghien,
1 Ce travail a bénéficié d'une bourse à l'écriture de l'OARA en 2014.
Plaisir d'offrir, joie de recevoir :
Plaisir d’offrir, joie de recevoir est un montage pour trois voix de femmes qui traverse trois textes, Putain, Folle et Burqa de chair. Trois femmes qui revendiquent leur histoire, qui brandissent leurs maux, leurs jouissances, leurs doutes, leurs certitudes. Trois femmes, trois postures, l’écrivaine, la pute, l’amoureuse qui confrontent leurs visions du monde dans leur rapport aux hommes, au sexe, à la pornographie et son langage, à l’amour. Trois personnages debout, en marche qui livrent de l’intime, de l’impudique, qui engagent leur désir et son urgence, qui convoquent leur corps et les contradictions inavouables de la féminité. Leurs paroles se heurtent, se croisent ou s’embrassent et révèlent les paradoxes que chaque femme porte en elle car s’il est bien un domaine qui n’est pas manichéen, c’est celui du rapport des sexes. Quel est l’enjeu du futur et complexe rapport des sexes ? Mettre fin à la toute puissance des stéréotypes sexuels ?
L'auteure : Nelly Arcan
Nelly Arcan, de son vrai nom Isabelle Fortier, est née le 5 mars 1973 au Québec. Après des études en sciences sociales, elle entame des études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Pour payer ses études, Isabelle Fortier travaille comme escort. Élève brillante, elle enchaîne un baccalauréat et une maîtrise sur les Mémoires d’un névropathe, de Daniel Paul Schreber. En 2001, alors qu’elle termine de rédiger son mémoire, elle écrit ce qui deviendra Putain et qui n’est au départ qu’un texte destiné à son psychanalyste. Isabelle Fortier devient Nelly Arcan. Trois ans plus tard, elle publie Folle aux Éditions du Seuil. Même si l’engouement médiatique s’est un peu calmé, la critique souligne la qualité du livre, qui est à son tour finaliste pour le prix Femina. Son œuvre est courte mais dense : outre Putain et Folle, elle publie À ciel ouvert en 2007, et Paradis, clef en main en 2009. En septembre 2011, les Éditions du Seuil on réuni plusieurs nouvelles de Nelly Arcan, dont « La Robe », « L’Enfant dans le miroir » et « La Honte » sous le titre Burqa de chair. Le 24 septembre 2009, Nelly Arcan se pend dans son appartement2.
2 D'après un texte extrait du site internet : http://www.nellyarcan.com/pages/biographie.php#,
Origine du projet
Au printemps 2012, la Compagnie Tiberghien présentait à Bordeaux deux semaines passionnantes de spectacles autour du thème de la servitude volontaire. Était abordée cette notion dans son évocation politique, son enjeu sociétal, mondial replaçant chacun face à sa propre vision du monde fusse-t-elle-même cosmique. Pourtant un point de vue manquait à ces déclinaisons : la servitude volontaire dans le rapport amoureux…
Et voici que quelques mois plus tard Cécile Delacherie (comédienne dans notre spectacle Plaisir d’offrir, joie de recevoir) me transmet un livre fulgurant nourrissant cette préoccupation et ouvrant ainsi des pistes possibles dans mes réflexions ; il s’agissait de Putain de Nelly Arcan. Je me plongeais dans son œuvre courte mais splendide et foudroyante, je tenais là la chair de ce qui allait devenir Plaisir d’offrir, joie de recevoir et me décidais pour une écriture aux ciseaux : un montage théâtral pour 3 voix de femme qui traverserait 3 textes de Nelly Arcan, Putain, Folle et Burqa de chair3, qui m’aiderait à poser cette question de la servilité dans le rapport amoureux et charnel et des contradictions féminines intimes et qui soulèverait aussi la question du subversif et de sa nécessité ou non au théâtre en 2015. Je sollicitais alors mes complices de toujours, les deux comédiennes Maya Borker et Cécile Delacherie pour être deux de ces voix, la troisième m’étant réservée. Le metteur en scène Gilbert Tiberghien avec qui j’ai partagé de mémorables aventures théâtrales durant deux décennies accepta d’accueillir et de soutenir ce projet et l’équipe de réalisation composée de valeureux compagnons de chantiers durant de longues années s’empressa de rallier ma cause ! Petite production, je trouvais des financements, le soutien de l'Office Artistique de la Région Aquitaine pour une bourse d’écriture, un mécénat avec L'agence Côte Ouest et surtout une grande complicité de toute l’équipe qui accepte des conditions financières plus que modestes.
Françoise BLEUSE
3 ARACAN, Nelly, Putin, éd. Seuil, coll. Points, Paris 2001 ; ARCAN, Nelly, Folle, éd. Seuil, coll. Points, Paris, 2004 ; ARCAN, Nelly, Burqa de chair, éd. Seuil, Paris, 2011.
Propos dramaturgiques
« Style unique, immédiatement reconnaissable, lapidaire, désopilant, cruel, décapant, dont le vocabulaire a la précision d’un scalpel et la syntaxe la souplesse d’un saut à l’élastique : phrases à relance dont l’énergie se renouvelle de clause en clause indéfiniment » Nancy Huston (in préface Burqa de chair) Toute l’œuvre de Nelly Arcan aborde de façon récurrente son obsession du corps, de la beauté, de la jeunesse éternelle, de la perfection. Ce corps qui doit séduire pour se vendre mais pas seulement. Ce corps qu’elle ne parvient pas à aimer. C’est tout le rapport à la féminité qui est mis en jeu et ce qu’elle nomme « les contradictions inavouables de la féminité ». Parce que nous sommes dans l’aire de la consommation de la féminité, chaque femme consomme sa propre féminité à coup de chirurgie, cosmétique et autre « burqa de chair » comme si le corps n’était plus suffisant en lui-même, comme s’il manquait de quelque chose. Nous voici dans l’enfer du narcissisme féminin et dans la revendication consciente ou non d’une certaine servitude volontaire qu’on ne saurait ignorer dans le débat. En dehors de tout préjugé sur la prostitution, elle nous interroge sur notre désir, sa violence, son urgence, dans notre rapport à soi dans le désir de l’autre et plus largement dans la relation femme/homme. Elisabeth Badinter aborde la question de la prostitution sous l’angle de la libération des mœurs, Françoise Héritier, celui de l’oppression des femmes. Nancy Huston pense que « la prostitution n’est la faute à personne. Les hommes de notre espèce sont programmés pour désirer les jeunes femmes aux formes appétissantes et les jeunes femmes pour se faire concurrence dans la séduction des hommes ». Trois visions très différentes des relations humaines…Trois visions du monde…Trois avenirs différents… Comment sortir du credo du courant féministe des 15 dernières années et remis en cause par Elisabeth Badinter dans Fausse route « les femmes sont toujours les victimes des hommes et appellent une protection particulière. Elles sont essentiellement différentes d’eux, et l’égalité des sexes exige la prise en compte de cette différence » La différence biologique est-elle propice à l’émancipation des femmes ? La sexualité est- elle le fondement de leur oppression ? Comment sortir de cette logique de « l’amalgame qui s’applique au domaine de la sexualité et procède par généralisations et analogies. On ne distingue plus l’objectif et le subjectif, le mineur et le majeur, le normal et le pathologique, le physique et le psychisme, le conscient et l’inconscient. Tout est mis sur le même plan au nom d’une conception particulière de la sexualité et du rapport des sexes. » (E. Badinter in Fausse route)
Brandir la notion de « domination masculine » et substituer à la condamnation des abus masculins la dénonciation inconditionnelle du sexe masculin, ne servirait-il pas à éviter d’envisager la complexité et l’évolution du rapport des sexes en les enfermant chacun dans un camp définitivement opposé ? Les textes de Nelly Arcan aborde cette complexité en mettant à jour paradoxes et contradictions que chaque femme porte en elle car s’il est bien un domaine qui n’est pas manichéen, c’est celui du rapport des sexes. A travers le récit de Plaisir d'offrir, joie de recevoir, ce sont ces questions-là qui sont envisagées, fouillées, dans une histoire personnalisée mais plus largement dans notre histoire collective et notre appartenance à l’humanité. Qu’est ce qui pourrait sauver l’écrivaine, la prostituée, l’amoureuse ? L’amour, le sexe, l’écriture ?...Tout à la fois ?…
Photo répétition Plaisir d'offrir, joie de recevoir (30 janvier 2015)
Le jugement du monde entier, reflété par son visage défait, s'était rabattu ce soir-là, dans son décolleté.
Nelly ARCAN
Françoise BLEUSE
Comédienne, chanteuse et metteuse en scène jusqu'en 2003, elle est à l'origine du spectacle Plaisir d'offrir, joie de recevoir. Cofondatrice de la Compagnie Tiberghien et cofondratrice du TNT, Manufacture de chaussures, elle travaille avec des populations spécifiques (malades mentaux, groupes de réinsertions…), affectionne les formations auprès des amateurs et joue Satie, Sarraute, Duras, Brecht, Gershwin...
Dix années d'activités diverses la ramène au théâtre avec ce projet.
Les raisons de mourir ont varié selon les hommes qui sont entrés dans ma vie.
Nelly ARCAN
Maya BORKER
Comédienne, elle a déjà travaillé à plusieurs reprise avec Gilbert Tiberghien :dans La Dernière nuit de Socrate de Stephan Tzanev, Elle de Jean Genet (TNT, 2008) et Molto Bene (TNT, 2011). Elle a joué aussi sous la direction de Jean-Luc Terrade (Gouttes du silence de Samuel Beckett, La Surprise de l'amour de Marivaux), et de Didier Bezace (Grand'peur et misère du 3e Reich à la Cartoucherie de Vincenne, théâtre de l'aquarium, La Noce chez les petits bourgeois, Un lit parmi les lentilles, May au Théâtre de la Commune d'Aubervillier). En 2012 elle joue dans Quartet d'Heiner Müller, dans une mise en scène de D. Cassagne. Auteure de deux mises en scène (Je ne veux, ni je ne veux pas au théâtre du Globe à Bordeaux en 2011 dans le cadre du festival 30/30, et Max Gericke ou du pareille au même en 2012 au TNT à Bordeaux). Elle a tourné pour Arte et pour France Télévision. Par ailleurs elle a enseigné le théâtre au Conservatoire Régional d'Aubervillier et au lycée Lamartine à Paris.
Il a été facile de me prostituer car j'ai toujours su que j'appartenais à d'autres […]
Nelly ARCAN
Cécile DELACHERIE
Comédienne et chanteuse, elle est diplômée du Conservatoire National de Région de Bordeaux depuis 1993. Elle a joué avec plusieurs compagnies de la région : la Compagnie Mutine (Quator(s) ou l'épreuve du corps en 2004, Ça sera toi et Les Singulières en 2001), l'Atelier de Mécanique Général Contemporaine (Mords la main qui te nourrit en 2013, Œil pour Œil en 2011, le festival « sur le vif » de Pessac première et deuxième édition…), le théâtre des Chimères (Quai Ouest de Jean-Marie Koltès en 2000, Alter ou l'homme debout de S. Rostain en 1998) et la Compagnie Tiberghien (À moi la peur 1 : l'art de la guerre en 1999, Vivant, mais je suis déjà mort en 1997, Victor ou les enfants au pouvoir en 1992). Elle a aussi fait des tournages pour TF1 et France Télévision. Diplômée d'État, elle enseigne actuellement auprès de différents centres de formation.
Photo répétition Plaisir d'offrir, joie de recevoir ( 30 janvier 2015)
Gilbert TIBERGHIEN
Acteur et metteur en scène, il place son travail dans l’écriture et la nécessité d’une parole contemporaine. Cela peut passer pour lui par la réécriture de classiques, de grands penseurs de l’humanité (Bond, Dante, Guargliardi., Genet, Jarry, Nietzsche, Pasolini, Satie...). Il œuvre en 1969-70 avec Philippe Adrien au sein du groupe Hutop puis s’installe à Bordeaux en 1973 comme comédien à “Art et Jeunesse” puis au Théâtre en Miettes. Il crée avec Yvan Blanloeil et Guy Lenoir la compagnie B.L.T. (1976/77). En 1977, il est cofondateur de la compagnie Fartov & Belcher et intervient comme comédien et metteur en scène. Il met en scène Marguerite Duras et joue J. Verne, B.Brecht, A. Sastre, S. Beckett (En attendant Godot l’emporte dans deux tournées en Afrique et aux U.S.A.). En 1984, il crée avec Gilbert Balavoine, Françoise Bleuse et d’autres artistes l’Agence Modern’ MultiMedia (26 mm tourné en vidéo sur le thème de la Douleur et un 17 mm “Le Canon” présenté au Festival International de Bourges). En 1986, il crée la Compagnie Gilbert Tiberghien et s’implante à Eysines. Il est l’un des premiers à utiliser à la scène, comme élément de jeu, des écrans vidéo, créant cinq variations théâtre-musique-vidéo, dont l’une, Cosy-Corner N°2 fut joué au Centre Beaubourg.
La Compagnie Tiberghien - Penser le monde à travers le théâtre
En 1998, la Cie cofonde le TNT / Manufacture de Chaussures, boulevard Albert 1er à Bordeaux, s’y installe et crée de nombreux spectacles dont l’axe principal est insufflé par Gilbert Tiberghien : Nietzsche et L’Apocalypse ; L’Enfer de Dante et celui de Rimbaud ; Dostoïevski et Melville –Moby-Dick et un partenariat de vingt ans avec l’immense poète que fut Bernard Manciet, à qui la Cie a passé trois commandes d’auteur, (Iphigénie, Orphée, Ulysse). Installée depuis 2013 au Lieu sans Nom à Bordeaux, dont elle est co-fondatrice, elle développe un projet artistique ouvert sur son quartier, sa ville, son département, sa région et plus largement sur le territoire national et participe au sein du Collectif Lescure à la mise en place d’un lieu de travail et de de représentation.1 Elle s’attache à promouvoir un théâtre ouvert sur le monde, proposant des angles de vue inédits pour élargir l’univers théâtral du spectateur. Elle sollicite des populations désireuses de côtoyer, de pratiquer, d’appréhender de manière critique LE THÉÂTRE. Profitant des temps de création et de représentations pour accueillir des publics qu’elle accompagne tout au long de l’année sur des temps d’échanges, l’atelier amateur de la Compagnie a créé un environnement vivant en interprétant pendant la périodes des représentations d’Ode Maritime d’autres textes de Pessoa, point de démarrage d’un travail que la Compagnie souhaite développer à l’avenir sur le mixage des pratiques « professionnels / amateurs ».
Photo répétition Plaisir d'offrir, joie de recevoir ( 30 janvier 2015). Séance d'habillage avec Hervé POEYDOMENGE, homme de robe
Le jugement du monde entier, reflété par son visage défait, s'était rabattu ce soir-là, dans son décolleté.
Nelly ARCAN
Les raisons de mourir ont varié selon les hommes qui sont entrés dans ma vie.
Nelly ARCAN
Il a été facile de me prostituer car j'ai toujours su que j'appartenais à d'autres […]
Nelly ARCAN