Drogues et conduites addictives

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    05-Jan-2017
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  • roguesDET CONDUITES ADDICTIVES

    COMPRENDRE SAVOIR AIDER

  • roguesDET CONDUITES ADDICTIVES

  • COMPRENDRESOMMAIRE

    LHOMME ET LES DROGUES ,

    UNE LONGUE HISTOIRE 8

    POURQUOI SONT-ELLES CONSOMMES ? 16

    COMMENT AGISSENT-ELLES SUR LE CERVEAU ? 18

    USAGES ET TROUBLES 26

    FACTEURS DE RISQUE, FACTEURS

    DE PROTECTION 31

    QUEST-CE QUE LA PRVENTION ?

    QUEST-CE QUE LA RDUCTION DES RISQUES ?

    QUELLE OFFRE DACCOMPAGNEMENT ET DE SOIN ? 34

    CHIFFRES CLS 46

    AVANT-PROPOS 4

    POUR ALLER PLUS LOIN

    - SLECTION DOUVRAGES 216

    - CHIFFRES CLS : SOURCES 220

    - INDEX 222

    LES SUBSTANCES LICITES RGLEMENTES - LALCOOL 58

    - LE TABAC 80

    - LES MDICAMENTS PSYCHOACTIFS 100

    - AUTRES SUBSTANCES LICITES DTOURNES

    DE LEUR USAGE 110

    LES SUBSTANCES ILLICITES - LE CANNABIS 116

    - LA COCANE 132

    - AMPHTAMINES, MDMA (ECSTASY)

    ET NOUVELLES DROGUES DE SYNTHSE 144

    - LHRONE ET AUTRES OPIACS 152

    - AUTRES SUBSTANCES ILLICITES 162

    LES POLYCONSOMMATIONS 172

    LE DOPAGE ET LES CONDUITES DOPANTES 178

  • AIDERSAVOIR

    LES SUBSTANCES LICITES RGLEMENTES - LALCOOL 58

    - LE TABAC 80

    - LES MDICAMENTS PSYCHOACTIFS 100

    - AUTRES SUBSTANCES LICITES DTOURNES

    DE LEUR USAGE 110

    LES SUBSTANCES ILLICITES - LE CANNABIS 116

    - LA COCANE 132

    - AMPHTAMINES, MDMA (ECSTASY)

    ET NOUVELLES DROGUES DE SYNTHSE 144

    - LHRONE ET AUTRES OPIACS 152

    - AUTRES SUBSTANCES ILLICITES 162

    LES POLYCONSOMMATIONS 172

    LE DOPAGE ET LES CONDUITES DOPANTES 178

    INFORMER 202

    COUTER ET ORIENTER 204

    ACCOMPAGNER ET SOIGNER 210

  • FAVANT-PROPOS

    ruit de la collaboration des principaux acteurs publics de prvention, cet ouvrage dresse un nou-vel tat des lieux des conduites addictives. Celles-ci voluent en permanence, en fonction de la disponibilit des substances psychoactives et des nouveaux comportements de consommation : binge drinking , polyconsommations, culture domestique de cannabis, achat de produits de synthse sur Internet, dopage sportif et conduites dopantes

    Destin en premire intention aux professionnels de la sant, du social et de lducation, aux-quels il apporte toutes les connaissances utiles leurs missions (notamment celle dorienter vers les dispositifs daccompagnement et de soin adapts), ce livre sefforce daborder les consom-mations de produits psychoactifs sans prjugs ni idologie.

    Les enjeux sont importants : dbanaliser les premires consommations des jeunes pour mieux les prvenir ; expliquer les dangers et les interdits ; reprer et intervenir le plus prcocement pos-sible ; rduire les dommages ; changer de regard sur les consommateurs (jeunes, moins jeunes, insrs ou en situation de prcarit) afin de mieux rpondre leurs besoins.

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  • Parce quil ne peut y avoir de prise de conscience sans connaissance, et parce que linformation est le premier niveau de la prvention, les pouvoirs publics ont plac la recherche et la mise disposition de nouvelles donnes au cur de leur stratgie de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017.

    Drogues et Conduites addictives sappuie donc sur les chiffres de consommation et sur les rsul-tats de recherche les plus rcents. Il voque notamment la vulnrabilit du cerveau ladoles-cence, priode laquelle les consommations dalcool ou de cannabis sont susceptibles de provo-quer des troubles cognitifs persistants, mme aprs le sevrage. Ces rcents acquis de la science sont encore trop peu connus.

    Nous invitons tous les professionnels relayer ces informations auprs du plus grand nombre. Chacun dentre nous est susceptible dtre confront aux conduites addictives, pour soi-mme ou pour un proche. Mieux nous les comprendrons, mieux nous agirons.

    DANILE JOURDAIN-MENNINGER

    Prsidente de la MILDECA

    THANH LE-LUONG

    Directrice gnrale de lInpes

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    COMPRENDRE LHOMME ET LES DROGUES ,

    UNE LONGUE HISTOIRE 8

    POURQUOI SONT-ELLES CONSOMMES ? 16

    COMMENT AGISSENT-ELLES SUR LE CERVEAU ? 18

    USAGES ET TROUBLES 26

    FACTEURS DE RISQUE, FACTEURS

    DE PROTECTION 31

    QUEST-CE QUE LA PRVENTION ?

    QUEST-CE QUE LA RDUCTION DES RISQUES ?

    QUELLE OFFRE DACCOMPAGNEMENT ET DE SOIN ? 34

    CHIFFRES CLS 46

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  • La consommation de substances psychoactives est ancestrale. Il y a longtemps que lHomme a dcouvert les effets de certaines plantes : les feuilles de cannabis et de coca taient consommes il y a des millnaires ; le tabac tait fum en Amrique il y a plus de 3 000 ans ; lalcool, produit de la fermentation de grains, de fruits ou de racines, tait connu des Babylo-niens et des gyptiens ; la mdecine grecque antique utilisait lopium et en signalait dj les dangers Ces produits, dont les usages variaient selon les cultures et les traditions, taient utiliss pour soigner ou lors de ftes, rituels ou crmonies, afin de modifier ltat de conscience et renforcer les liens entre les individus ou avec les entits spirituelles peuplant leur environnement.

    LHomme et les "drogues", une longue histoire

    Pipes opium.

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  • LHOMME ET LES DROGUES , UNE LONGUE HISTOIRE

    Quest-ce quune substance psychoactive ?

    > Une substance est dite psychoactive lorsquelle agit sur le cerveau, modifiant certaines de ses fonctions, avec comme consquences :

    des changements au niveau de la perception (visuelle, auditive, corporelle), des sensations, de lhumeur, de la conscience,

    du comportement ;

    des effets physiques et psychiques variables selon les substances, les doses consommes, les associations de produits.

    > Les effets ressentis peuvent tre perus comme agrables ou dsagrables, notamment selon quils sont recherchs par le consommateur ou non. Certains effets psychiques ou physiques peuvent savrer dangereux, soit immdiatement, soit

    de manire diffre, soit encore lorsque les prises sont rptes.

    > Les substances psychoactives peuvent engendrer des troubles lis leur usage ou msusage [voir p. 22 et 28].> Une substance psychoactive peut tre :

    dorigine naturelle (extraite dune plante ou dun champignon, ltat quasi brut ou retraite chimiquement) ou syn-

    thtique (totalement fabrique en laboratoire partir de produits chimiques) ;

    licite (usage et vente autoriss par la loi mais rglements) ou illicite (usage et trafic interdits par la loi).

    Pourquoi prfre-t-on aujourdhui ce terme celui de drogue ?

    > Le mot drogue peut prter confusion car il a plusieurs sens. Autrefois, il dsignait un mdicament, une prparation des apothicaires (anctres des pharmaciens) destine soulager une maladie. Puis il a t utilis pour dsigner exclusivement

    les substances illicites. Aujourdhui, pour nommer lensemble des produits qui agissent sur le cerveau (y compris le tabac et

    lalcool), on utilise le terme plus neutre et plus prcis de substance psychoactive.

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  • Au XIXe sicle, les chimistes parviennent iden-tifier et extraire, des fins mdicales, le prin-cipe actif de certaines substances : la cocane (utilise comme anesthsique local ou dans le traitement des maladies respiratoires) est extraite des feuilles de coca ; la morphine, puis lhrone (utilise contre la toux, lasthme et laccoutumance la morphine) sont extraites de lopium.

    Plus puissantes, ces substances sont gale-ment plus dangereuses et les professionnels de sant dcouvrent peu peu quelles entranent une mauvaise balance bnfices-risques.

    Par ailleurs, elles sont parfois dtournes de leur usage de soin.

    Dans les annes 1920, en Europe et en Amrique du Nord, lextension relative (limite alors pour lessentiel aux milieux scientifiques et artistiques) du nombre de consommateurs entrane une prise de conscience des dangers de ces produits, que les tats commencent alors rglementer pour en limiter ou interdire lusage non mdical. Celui-ci semble ensuite dcliner partir des annes 1930 et, au milieu du XXe sicle, il nest plus considr comme un problme de sant publique.

    Mdicament du dbut du XXe sicle contenant de la cocane.

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  • partir des annes 1960, cependant, les usages de substances psychoactives redeviennent une proccupation forte des pouvoirs publics. Le cannabis se diffuse alors plus largement chez les jeunes. Des drogues hallucinognes (susceptibles de provoquer des hallucinations, comme la mescaline ou le LSD) sont exprimen-tes. Lhrone et la cocane amorcent gale-ment leur retour : favorise par la constitution ou lextension de rseaux criminels internatio-naux, leur consommation notamment par voie intraveineuse (injection) se dveloppe dans les annes 1970 et 1980 dans les pays occiden-taux (dont la France), avec des consquences parfois dramatiques : surdoses (overdoses), contaminations par le VIH/sida et par le virus de lhpatite C.

    LHOMME ET LES DROGUES , UNE LONGUE HISTOIRE

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  • Les tats ragissent. En 1961 est ratifie New-York une convention internationale qui tablit une liste de produits dits stupfiants inter-dits ou strictement rglements. Y figurent no-tamment la coca, le cannabis, lopium et de nom-breux drivs (morphine, hrone, cocane). Une liste complmentaire de substances psychoac-tives synthtiques (dont les amphtamines) est tablie en 1971 lors dune nouvelle confrence. Une troisime grande convention internatio-nale, en 1988, tablit une liste de prcurseurs1 et renforce la coopration internationale contre le crime organis et le trafic. Les pays signataires de ces diffrentes conventions, dont la France, adaptent leur lgislation ces textes.

    Pour limiter la transmission du VIH chez les usagers de drogues, les pa