AUTORITE DU BASSIN DU NIGER - Documents & Reports -...

of 222/222
AUTORITE DU BASSIN DU NIGER Secrétariat Exécutif B.P 729, Niamey (Niger) NIGER BASSIN AUTHORITY Executive Secretariat P.O.Box 729, Niamey (Niger) Projet de Développement des Ressources en Eau et de Gestion durable des Écosystèmes du Bassin du Niger Haut Commissariat à l’Aménagement de la Vallée du Niger Programme « KANDADJI » de régénération des écosystèmes et de mise en valeur de la vallée du Niger P-KRESMIN BP : 206, Niamey Tél. : (227) 20 73 23 13 E-mail : [email protected] CADRE DE POLITIQUE DE RÉINSTALLATION DES POPULATIONS (CPRP) RAPPORT REVISE 1 RP1260 v3
  • date post

    11-Mar-2018
  • Category

    Documents

  • view

    250
  • download

    6

Embed Size (px)

Transcript of AUTORITE DU BASSIN DU NIGER - Documents & Reports -...

AUTORITE DU BASSIN DU NIGER

AUTORITE DU BASSIN DU NIGER

Secrtariat Excutif B.P 729, Niamey (Niger)

NIGER BASSIN AUTHORITY

Executive SecretariatP.O.Box 729, Niamey (Niger)

Projet de Dveloppement des Ressources en Eau et de Gestion durable des cosystmes du Bassin du Niger

Haut Commissariat lAmnagement de la Valle du Niger

ProgrammeKANDADJI de rgnration des cosystmes

et de mise en valeur de la valle du Niger

P-KRESMIN

BP: 206, Niamey

Tl.: (227) 20 73 23 13

E-mail: [email protected]

Cadre de Politique de Rinstallation des Populations (CPRP)

RAPPORT REVISE

AOUT 2012

TABLE DE MATIERE

6SIGLES ET ABRVIATIONS

8DEFINITION DES MOTS CLES

11RESUME EXECUTIF

19I INTRODUCTION

21II DESCRIPTION DU PROJET

212.1 Prsentation des Composantes du PDREGDE

222.2 Description des composantes du Programme Kandadji

232.3 Les donnes socio conomiques du Programme sur la base du recensement de 2009

232.3.1 Dmographie

232.3.2 Spcificits ethniques et occupations

252.3.3 Organisation sociale

28III IMPACTS POTENTIELS DU PROJET SUR LES PERSONNES ET LES BIENS

283.1 Activits du projet

283.2 Impacts ngatifs

283.3 Impacts sociaux ngatifs potentiels du projet en prparation

303.4 Estimation des besoins en terres et nombre de personnes affectes pour le programme Kandadji

323.5 Principes et objectifs de prparation et dexcution de la rinstallation

34IV CADRE LGAL ET INSTITUTIONNEL DES ETATS MEMBRES

344.1 Cadre juridique par pays

344.1.1 Cadre juridique du Bnin

344.1.1.1 Lgislation et rglementation

354.1.1.2 Droits fonciers au Bnin

374.1.1.3 Expropriation, indemnisation et compensation

384.1.2 Cadre juridique de la Guine

384.1.2.1 Lgislation et rglementation de la Guine

404.1.2.2 Droits fonciers

414.1.2.3 Expropriation, indemnisation et compensation

414.1.3 Cadre juridique du Mali

414.1.3.1 Le cadre lgal et rglementaire

424.1.3.2 Droits fonciers au Mali

434.3.1.3 Expropriation, indemnisation et compensation

444.1.4 Cadre juridique Niger

444.1.4.1 Lgislation et rglementation

444.1.4. 2 Rgime foncier au Niger

464.1.4.3 Expropriation, indemnisation et compensation

484.2 Politique de la Banque Mondiale

494.2.1 Analyse comparative entre les cadres juridiques nationaux des pays membres de lABN et la politique oprationnelle de la banque mondiale

494.2.1.1 Conformit entre la lgislation bninoise et la PO 4.12 de la Banque Mondiale

504.2.1.2 Conformit entre la lgislation guinenne et la PO 4.12 de la Banque Mondiale

504.2.1.3 Conformit entre la lgislation malienne et la PO 4.12 de la Banque Mondiale

514.2.1.4 Conformit entre la lgislation nigrienne et la PO 4.12 de la Banque Mondiale

655 PRINCIPES, OBJECTIFS ET PROCESSUS

655.1 Principes de base et vision du programme en matire de rinstallation

655.2 Principes dligibilit, de minimisation des dplacements, dindemnisation, et de consultation

655.2.1 Minimisation des dplacements

665.2.2 Mesures dattnuation complmentaires

665.2.3 Bnfices des activits du projet

665.2.4 ligibilit

665.2.4.1 Catgories potentielles de personnes affectes et critres dligibilit

675.2.4.2 Critres dligibilit des PAP

685.2.4.3 Slection des PAP

695.2.5 Indemnisation

695.2.6 Restauration des revenus

695.2.7 Consultation

695.2.8 Date butoir

705.3 Recensement des personnes et des biens affects (tude socioconomique)

725.4 Information aux collectivits locales

725.5 Processus de prparation et dapprobation des plans de rinstallation: Plan dAction de Rinstallation (PAR) et Plan rsum de rinstallation (PrR)

755.6 Approbation

766 EVALUATION DES BIENS ET TAUX DE COMPENSATION

766.1 Paiements de compensation

796.2 Compensation des Terres

796.2.1 ligibilit

796.2.2 Barme de remplacement et de compensation des terres

796.2.2.1 Principe

796.2.2.2 Barme de remplacement

806.2.2.3 Barme de compensation montaire

806.2.2.4 Cas particulier des forts classes

806.3 Compensation des cultures

806.3.1 ligibilit

816.3.2 Compensation des cultures

816.3.2.1 Cultures prennes

816.3.2.2 Cultures annuelles

816.3.2.3 Cas des jardins

826.3.2.4 Prise en compte des moyens de subsistance incluant la priode de transition

826.4 Compensation pour les infrastructures de pches

826.5 Compensation pour les btiments et infrastructures

826.5.1 ligibilit

826.5.1.1 Btiments prcaires

826.5.1.2 Btiments permanents

836.6 Compensation pour les Sites Sacrs

836.7 Compensation pour perte de revenu

836.8 Compensation pour perte daccs aux ressources naturelles

836.9 Assistance aux groupes vulnrables

846.10 Mesures additionnelles de compensation

866.10.1 Slection des sites de rinstallation

866.10.2 Viabilisation sociale et environnementale

876.10.3 Intgration avec les populations htes

886.10.4 ligibilit pour la Compensation Communautaire

916.10.5 Approche dindemnisation dans le cadre du Programme Kandadji

927. SYSTME DE GESTION DES PLAINTES

927.1 Typologie de plaintes et conflits traiter

927.2 Mcanisme de traitement de griefs par pays

927.2.1 Mcanisme de traitement des griefs au Bnin

927.2.1.1 Mcanisme de rsolution lamiable

937.2.1.2 Niveau 2: Conciliation par les structures administratives

947.2.1.3 Niveau 3: Le recours aux voies juridictionnelles

957.2.2 Mcanisme de traitement des griefs en Guine

977.2.2.1 Niveau 1: La procdure de conciliation locale

977.2.3 Mcanisme de traitement des griefs au Mali

977.2.3.1 Niveau 1: La procdure de conciliation locale.

987.2.3.2 Niveau 2: Dispositions administratives

987.2.3.3 Niveau 3: Recours la Justice

997.2.4 Mcanisme de traitement des griefs au Niger

1007.2.4.1 Niveau 1: Procdure informelle

1007.2.4.2 Niveau 2: La Commission de conciliation

1007.2.4.3. Niveau 3: Recours aux instances de juridiction

1028 CALENDRIER DEXCUTION

1049 SUIVI VALUATION

1049.1 Dispositif de suivi et valuation

1069.2 Indicateurs de suivi valuation

10910 CONSULTATION ET DIFFUSION DE LINFORMATION

11211 RESPONSABILITS POUR LA MISE EN UVRE DU CPRP

11211.1 Niveau rgional

11211.2 Niveau national /local

11311.3 Rles et responsabilits des acteurs au niveau du Projet

11611.4 Arrangements institutionnels pour la mise en uvre des mesures de sauvegardes sociales du projet en cours de prparation afin dappuyer le Programme Kandadji :

11711.5 Evaluation des capacits des acteurs institutionnels

11811.6 Renforcement des capacits dintervention

11911.7 Plan dexcution

12012 BUDGET ET FINANCEMENT

12012.1 Mcanismes de financement

122ANNEXES

123Annexe 1: Textes lgislatifs

126Annexe 2: Cadre institutionnel

129Annexe 3: Termes de Rfrence pour la prparation de (PAR) et de (PrR)

132Annexe 4:Plan type dun PAR

134Annexe 5:Fiche danalyse des microprojets pour lidentification des cas de rinstallations involontaires

136Annexe 6: Fiche de plainte: Formulaire denregistrement des plaintes

139Annexe 7: Formulaire de participation Formulaire denregistrement des groupements

139Procs verbal de runion publique

141Annexe 8:Formulaire de budget

143Annexe 9: liste des personnes rencontres

154Annexe 10:Bilan des biens capitaux par village administratif et tribu Recensement 2009

Liste des Tableaux

33Tableau 1:Typologie de rinstallation

54Tableau 2:Comparaison de la lgislation du Bnin et de la PO 4.12 de la BM en matire de rinstallation

57Tableau 3:Comparaison de la lgislation de la Guine et de la PO 4.12 de la BM en matire de rinstallation

61Tableau 4: Comparaison de lgislation du Mali et de la PO 4.12 de la BM en matire de rinstallation

63Tableau 5: Comparaison de la lgislation du Niger et de la PO 4.12 de la BM en matire de rinstallation

73Tableau 6: Type dinstruments de rinstallation

77Tableau 7:Compensation

78Tableau 8: Cot du plan daction de rinstallation Premire vague

90Tableau 9:Matrice des droits par catgories dimpacts

97Tableau 10: Organes de gestion des conflits en Guine

108Tableau 11:Tableau des indicateurs:

113Tableau 12: Rles et responsabilits des acteurs du Projet

Liste des figures

25Figure 1: Profil de la population Songhai

25Figure 2 Profil de la population Peulh

25Figure 3: Profil de la Population Touareg

75Figure 4: Processus de prparation des rinstallations

126Figure 5: Montage institutionnel du PDREGDE

SIGLES ET ABRVIATIONS

ABE:

Agence Bninoise de lenvironnement

ABFN:Agence du Bassin du Fleuve Niger

ABN

Autorit du Bassin du Niger

AFD:

Agence Franaise de Dveloppement

ANE

Agence Nationale dexcution

AOF

Afrique Occidentale Franaise

APD:

Avant Projet dtaill

APS:

Avant Projet Spcifique

AV:

Association Villageoise

BAD:

Banque Africaine de Dveloppement

BEEEI: Bureau dvaluation Environnementale et des tudes dImpact

BID:

Banque Islamique de Dveloppement

BM:

Banque Mondiale

BSD:

Bureau de Stratgie pour le Dveloppement

CCTD: Code des Collectivits Territoriales Dcentralises

CFD

Code foncier et domanial

CGES

Cadre de gestion environnementale et sociale

CLC

Comits locaux de coordination

CLUH

Commission Locale dUrbanisme et dHabitat

CNC:

Comits nationaux de coordination

COFO

Commission foncire

COFOB:Commissions foncires de base

COFOCom:Commissions foncires communales

CPRP

Cadre de politique de rinstallation des Populations

CRD:

Communaut Rurale de Dveloppement"

CSLP:

Cadre Stratgique de Lutte Contre la Pauvret

CTD:

Collectivits Territoriales Dcentralises

CRD

Communaut rurale de dveloppement

DAO:

Dossier dAppel dOffre

DFPP:Direction de la Faune de la pche et de la pisciculture

DGEF

Direction Gnrale des Eaux et Forts

DGFRN:Direction Gnrale des forts et des ressources naturelles

DGGR:Direction Gnrale du Gnie Rural

DPFMR:Dclaration de Politique foncire en milieu rural

DGR:

Direction du Gnie rural

DNACPN:Direction Nationale de lAssainissement et de Lutte Contre les Pollutions et Nuisances

DNGR: Direction nationale de gnie rurale

ECUP

Expropriation pour cause dutilit publique

FAO:

Food Agriculture Organisation

HCAVN:Haut Commissariat lAmnagement de la Valle du Niger

LOA:

Loi dOrientation Agricole

M US $:Millions de dollars amricains

MW:

Mga watt

OHADAOrganisation pour lHarmonisation des Droits des Affaires

PADD: Plan dAction pour le Dveloppement Durable du bassin

PAGIRE:Plan national de gestion intgre des ressources en eaux

PAP:

Personne affecte par le projet

PAR:

Plan daction de rinstallation

PDREGDE:Projet de Dveloppement des Ressources en Eau et de Gestion Durable des cosystmes du Bassin du Niger

PIS:

Prt dinvestissement sectoriel

PHCN:

Power Holding Company of Nigeria

PNIR:

Programme National dInfrastructures Rurales

PO 4.12: Politique Oprationnelle 4.12

PPP:

Partenariat public priv

PrR:

Plan rsum de Rinstallation

PUSA:

Projets dUrgence dappui la scurit alimentaire

UEP:

Unit dExcution du Projet

SDDR:

Schma Directeur du Secteur Dveloppement Rural

SFN

Structures focales nationales

SPRCR: Secrtariats Permanents Rgionaux du Code Rural

WRD-SEM: Water Resources Development and Sustainable Ecosystem Management

DEFINITION DES MOTS CLES

Acquisition (force ou involontaire) de terre : Le processus par lequel lEtat peut dclarer une terre dutilit publique; donc le propritaire ou occupant doit ncessairement la quitter en contrepartie dune indemnisation et/ou compensation adquate lgalement fixe. En rgle gnrale, la politique de rinstallation involontaire est dclenche parce que lactivit envisage qui constitue une activit dutilit publique ncessite une acquisition par lEtat travers une dclaration dutilit publique de terres occupes ou exploites par des personnes pour divers besoins ou activits.

Amnagements fixes. Investissements, autres que des constructions, qui ne peuvent pas tre dmnags lorsquune parcelle de terre est exproprie. Il peut sagir dun puits, dune latrine, dune fosse septique, etc.

Ayants droit ou bnficiaires: toute personne affecte par un projet qui de ce fait a le droit une compensation. En plus des personnes physiquement dplaces, la notion inclue aussi les personnes qui perdent certaines de leurs possessions (par exemple une partie des terres qu'elles cultivent) ou l'accs certaines ressources qu'ils utilisaient auparavant.

Cadre de Politique de Rinstallation (CPR). Le document qui prsente les principes qui guident le dveloppement dun Plan dAction de Rinstallation (PAR), une fois que linvestissement est assez bien dfini pour pouvoir dterminer ses impacts.

Compensation. toute forme de ddommagement, en espces ou en nature, ou les deux combins, pour tout bien, possession, activit ou ressource ou accs a des ressources perdu, en total ou en partie, du fait du Projet. La compensation doit permettre au moins garantir le maintien du standard de vie antrieur au Projet de la ou des PAPs concernes

Cot de remplacement. Pour les maisons et les structures, le cot de remplacement est le cot dune structure neuve, sans y dduire le montant de la dprciation, ni la valeur de matriaux de lancien btiment qui seront rcuprs pour la construction de la nouvelle structure. Pour les terres, cultures, arbres et autres biens, le cot de remplacement est la valeur actuelle du march.

Date butoir: date du recensement de la population affecte (ou une autre date dfinir selon les circonstances), clairement dfinie et communique la population affecte. Les personnes qui se seront installes sur le site du projet aprs cette date butoir ne seront pas ligibles comme ayants droits une compensation. Cela est ncessaire pour viter un afflux de population cherchant bnficier du projet.

Dplacement forc ou dplacement involontaire : dplacement d'une population (ou, de manire plus gnrale, de personnes) qui est ncessaire pour la ralisation d'un projet. Dans le cas de projets raliss par des organisations de l'tat, et qui ont un intrt public justifiant le dplacement (et l'expropriation) de la population occupant les espaces en question. Au Niger on utilise plutt le terme recasement.

Enqute de base ou enqute sociale. Le recensement de population affecte par le projet et linventaire de leurs biens perdus (terres, structures, autres biens non dplaable). Dans les cas doprations qui touchent lconomie des PAPs ; les enqutes couvrent aussi les sources de revenus ; les rentes annuelles familires ; et dautres thmes conomiques qui sy rapportent :

Expropriation involontaire. Lacquisition de terrain par lEtat travers une dclaration dutilit publique ce qui implique la perte de terres, structures, autres biens, ou des droits pour la parte des personnes affectes (voir PAP).

Groupes vulnrables: Personnes qui, du fait de sexe, ethnie, ge, handicaps physiques ou mentaux ou, de facteurs conomiques ou sociaux, peuvent se trouver affectes de manire plus importante par le processus de dplacement et de rinstallation ou, dont la capacit rclamer ou bnficier de l'assistance la rinstallation et autres avantages peut se trouver limite.

Impense : valuation, en terme montaire, des biens immeubles affects par le projet. Il sagit du cot dacquisition, de rfection ou de reconstruction dun immeuble susceptible dtre atteint, en partie ou en totalit, par un projet. Cette valuation permet une compensation montaire des biens immeubles affects aux ayants droit. Elle doit, en principe, tre quivalente aux dpenses ncessaires lacquisition, la rfection ou la reconstruction du bien immeuble affect. Elle pourrait tre assimile la valeur acquise ou au cot de remplacement .

Personne affecte par un projet (PAP) : toute personne qui est affecte de manire ngative par le Projet. Cela inclut la perte totale ou partielle, de faon temporaire ou permanente, de biens, de moyens de production, d'activits, des ressources utilises, ou l'accs de telles ressources.

On distingue deux groupes de PAP:

Personnes physiquement dplaces: personnes ayant subi une perte de l'hbergement et des biens du fait des acquisitions de terres par le Projet, ncessitant que la personne affecte se dplace sur un nouveau site. Les personnes physiquement dplaces doivent dmnager du fait du Projet.

Personnes conomiquement dplaces: personnes ayant subi une perte de sources de revenu ou de moyens d'existence du fait de l'acquisition de terrain ou de restrictions d'accs certaines ressources (terre, eau, parcours, fort), du fait de la construction ou de l'exploitation du Projet ou de ses installations annexes. Les personnes conomiquement dplaces n'ont pas forcment toutes besoin de dmnager du fait du Projet.

Politique de Rinstallation : texte qui dcrit et dfinit le cadre institutionnel et lgal pour les dplacements forcs et la dmarche suivre dans un tel cas.

Plan dAction de Rinstallation (PAR). Bas sur les enqutes sociaux ; le plan technique dtaille les mesures entreprendre quant la compensation, la relocation et la rhabilitation conomique dans le cadre dune opration de rinstallation.

Recasement: Cf. Dplacement forc.

Rinstallation involontaire. Lensemble des mesures entrepris avec lintention de mitiger les impacts ngatifs du projet: compensation (indemnisation), relocation (recasement), et rhabilitation conomique La terme rinstallation involontaire est le terme utilis dans la Politique Oprationnelle 4.12 de la Banque mondiale. Dautres synonymes ont la mme signification telle que relocalisation et/ou recasement

Rinstallation temporaire: Par exemple, la rhabilitation dun march ; qui affecte le revenu dun nombre de vendeurs, mais pendant une priode limite, aprs laquelle les vendeurs peuvent reprendre leurs places

Rhabilitation conomique. Les mesures entreprendre quand le Projet affecte les sources de revenus des PAPs. La Politique Oprationnelle 4.12 de la Banque mondiale requiert quaprs la rinstallation, toutes les personnes affectes puissent avoir nouveau des revenus au moins un niveau quivalent aux revenus avant le Projet.

Sous-Projet: Chacune des composantes du PDREGDE et du projet en cours de prparation pour lappui au programme de Kandadji bien dfinies sur le terrain (par exemple la construction d'une installation de pompage ou d'un primtre irrigu).

Squatter : personne occupant

RESUME EXECUTIF

Le prsent Cadre de Politique de Recasement des Populations (CPRP) est mis jour pour le compte du Projet de Dveloppement des Ressources en Eau et de Gestion Durable des cosystmes du Bassin du Niger (PDREGDE)qui vise lamlioration durable de la productivit des ressources en eau pour renforcer le dveloppement conomique dans les pays du Bassin (Bnin, Guine, Mali, Niger et Nigeria).

Il dtermine les impacts sociaux ngatifs potentiels qui pourraient rsulter des investissements du Projet et fixe les principes et procdures de la rinstallation/indemnisation, les mesures organisationnelles et oprationnelles et les lments sur lesquels devra se fonder le Projet pour la prparation des activits durant lexcution du projet, tout en accordant une attention particulire aux populations affectes par le projet (PAP), notamment les populations vulnrables, pour quelles soient traites de manire juste et quitable.

Il prsente la lgislation des tats membres en matire dexpropriation et dindemnisation pour raison dutilit publique et la Politique Oprationnelle PO.4.12 rinstallation involontaire de la Banque Mondiale.

La politique oprationnelle PO 4.12 de "Rinstallation Involontaire" de la Banque est applicable dans le cadre du PDREDGE dans la mesure o les activits du projet auront un impact sur des populations et leurs biens; ce qui va ncessiter une rinstallation involontaire de populations.

En dpit du programme de renforcement des capacits des acteurs dans le cadre dautres projets par lIDA dans la mme zone, lanalyse de leur capacits dans ce processus complexe rvle limprieuse ncessit de renforcer leur capacit surtout en matire de suivi de la mise en uvre et de suivi rigoureux des activits de rinstallation. Le projet a prvu dans le prsent CPRP des dispositions substantielles en matire de renforcement de leurs capacits afin quils puissent remplir les rles qui leur sont assigns dans la prparation et le suivi de la mise en uvres des PAR raliser.

La rinstallation va se faire dans le respect des lois nationales et des principes de la politique PO. 4.12en matire de rinstallation involontaire, et suivra la mise en uvre de 4 principales activits qui devront tre ralises : (1) concertation et consultation actives des organisations de base, (2) dtermination du (des) sous projet(s) financer, (3) laboration dun Plan dAction de Rinstallation (PAR), ou le cas chant dun Plan Succinct de Rinstallation (PSR), et (4) approbation du PAR par les agences en charges de lexcution (le HCAVN, pour le Niger), les Collectivits Territoriales concernes, la BM et les PAP.

Le CPRP est prpar afin que les populations affectes puissent adapter leurs activits conomiques aux nouvelles ralits et quelles soient les principales bnficiaires des opportunits cres par le programme. Le CPRP sinscrit dans la Stratgie de rduction de la pauvret du Niger et lInitiative 3N puisquil vise permettre aux personnes affectes de retrouver et, possiblement damliorer, leur niveau de vie suite la ralisation du programme. Ce cadre permet de bonifier le P-KRESMIN en transformant certains impacts ngatifs, priori trs perturbateurs, en opportunits de dveloppement. Ils sont indissociables et leur application intgrale est ncessaire pour assurer latteinte des objectifs sociaux et conomiques du P-KRESMIN.

Dans le cadre du programme Kandadji, le manque de donnes prcises notamment:la non finalisation des donnes topographiques pour dterminer la zone dinfluence relle, la non finalisation du processus du recensement en cours, confirme la ncessit de prparer un CPRP car le programme Kandadji entranera le dplacement potentiel denviron 38.000 personnes si lon se base sur le recensement effectue en 2006 et ractualis 2009.

Trois (3) catgories de personnes qui vont pouvoir bnficier dune indemnisation devront tre recenses entre le dbut de lopration de recensement (date douverture) et la fin du rglement des litiges (date de fermeture).

Dans la mise en uvre des activits du projet trois catgories dacteurs pourraient tre affectes: les individus, les mnages et les communauts. Outre ces 3 catgories, une attention particulire doit tre accorde aux groupes vulnrables qui les composent (les femmes chefs de mnages, les personnes ges, les transhumants. Les pcheurs et les femmes sont vulnrables du fait quils ne sont reconnus comme tant les propritaires des terres. Pour les chefs de mnages dont la taille du mnage est suprieure 8 personnes, cest la taille du mnage qui constitue une situation de vulnrabilit. Les 0,30 ha qui seraient mis leur disposition pourraient se rvler insuffisants pour satisfaire leurs besoins croissants. Les leveurs, pourraient ne pas avoir accs leau au niveau des canaux dirrigation. Le mode de ralisation des canaux pourraient ne pas permettre aux animaux de sabreuver correctement. Outre laccs leau, les leveurs pourraient rencontrer des difficults daccs au pturage. Les zones de pturage qui leurs sont rservs pourraient se trouver tre trs rduites et insuffisantes pour tous les leveurs. Avec les travaux damnagement, notamment la ralisation de canaux dirrigation, la protection des berges, la reforestation, des risques de restriction daccs aux ressources en eau et pturage pourraient surgir. Pour les pcheurs, la diminution des ressources halieutiques avec louverture des vannes de la centrale lectrique, entranerait potentiellement une baisse des revenus. Ces groupes du fait de leur vulnrabilit devraient bnficier dune attention toute particulire dans le cadre de la mise en uvre des activits du projet: consultation des PAP, identification spcifique lors de lenqute socio-conomique, prise en compte de leurs proccupations spcifiques, assistance psycho-sociale pour la nouvelle donne socioculturelle, renforcement des capacits pour lutilisation et lexploitation des nouvelles techniques de production et des nouvelles cultures.

Avant la mise en uvre dune activit quelconque du Projet qui pourraient entrainer le dplacement des PAP conformment aux dispositions de la Politique Oprationnelle 4.12, le HCAVN en collaboration avec les structures locales concernes va laborer un Plan dAction de Rinstallation (PAR) satisfaisant lIDA avant le dmarrage effectifs desdits travaux.

Lensemble des parties prenantes au Projet a t consult de manire itrative pour la ralisation du prsent CPRP et ce processus devra tre poursuivit tout au long de la mise en uvre du projet aux niveauxvillage, canton, commune, et rgion et national. La consultation devrait sinscrire dans une approche participative.

Description du projet

La conception du projet est base sur les principes dintgration rgionale par lappui au dveloppement des usages multiples des ressources en eau et lamlioration des conditions de vie des populations locales vivant dans le bassin du fleuve Niger. Le projet est compos dun prt dinvestissement sectoriel (PIS) de cinq ans avec pour emprunteur les cinq pays riverains que sont: Bnin, Guine, Mali, Niger et Nigeria; lABN agit en qualit dagence de mise en uvre au nom des cinq pays riverains.

Le projet comprend trois composantesinter lies qui vont contribuer la rduction de la pauvret et par la suite renforcer la coopration et la croissance conomique dans le Bassin: (i) appui et renforcement institutionnel de lABN; (ii) rhabilitation et mise niveau dinfrastructures existanteset (iii) restauration et prservation de zones dgrades.

Outre les trois composantes du PDREGDE sus cites, un projet est en cours de prparation afin dappuyer le Programme Kandadji. Le projet propos contribuera la phase 1 et la phase II du Programme Kandadji et servira financer trois composantes: (i) Renforcement institutionnel de lABN, (ii) linfrastructure de lnergie du Programme Kandadji y compris la ligne de transmission et la route de dsenclavement et (iii) les aspects environnementaux et sociaux et le ple de croissance pour le dveloppement communautaire pour un montant de 203 millions de dollars US.

Impacts

Dans la mise en uvre du projet en prparation, les activits des composantes 2 et 3 du projet entraneraient potentiellement des impacts sociaux du fait de la retenue deau du barrage, la ligne de transmission lectrique et de la route de dviation. Cependant ce stade de prparation du projet, qui dans lensemble pourraient entraner de pertes de terres, restriction daccs aux ressources naturelles, perturbation des activits conomiques, frustration et risque de conflits et de dplacement de population vont tre occasionn par les activits.

Au vu des impacts conomiques et sociaux potentiels susceptibles de se produire, la ncessit dun CPRP se justifie pour clarifier les principes directeurs de la rinstallation, les dispositions organisationnelles et les critres conceptuels qui sappliqueront au programme avant la mise en uvre effective des activits physiques sur le terrain.

la lumire des rsultats attendus envisags pour le projet, un CPRP est prpar pour faire face aux mesures dattnuations des impacts sociaux conformment aux lois nationales et les principes de la politique PO 4.12 (rinstallation involontaire) de la Banque mondiale. Ensuite, la mise en uvre de quatre activits principales devraient tre atteints: (1) l'information des organisations de base, (2) la dtermination des sous-projet(s) qui seront financs, (3) llaboration du PAR, et (4) l'approbation du PAR par les PAP, les organisations de la socit civile, les Collectivits territoriales concernes, les ANE, les Etats, et la BM. De cette faon, il peut tre prvu et veiller ce que des mesures adquates d'attnuation des impacts sociaux clarifient le plan de rinstallation, dcrivent les processus organisationnels et les critres conceptuels qui doivent tre appliques aux futurs sous-projets.

Estimation des besoins en terres et nombre de personnes affectes

Il est possible davoir une ide gnrale sur la probabilit de rinstallation compte tenu des sites des sous projets, de la nature des interventions, du type d'investissement, des activits et des habitats naturels sur le fleuve du Niger. Cependant, du fait de lactualisation du recensement des personnes affectes et de leurs biens en cours dans la zone situe en amont du futur rservoir du barrage de Kandadji, concerne par la deuxime vague de dplacement, l'estimation prcise du nombre de PAP n'est pas ralisable ce stade de la prparation de lappui de la Banque au programme de Kandadji. Lactualisation du recensement permettra, une fois acheve, de dterminer le nombre exact des personnes dplacer et le montant des compensations payer.

Cadre lgal et institutionnel

La dcentralisation du pouvoir de ltat est un processus largement engag dans les pays membres de lABN. Un certain nombre de comptences en matire de gestion des ressources naturelles sont transfres aux collectivits locales dcentralises dans un contexte dintgration sous rgionale. Sil existe une constitution (loi fondamentale du pays), un code civil et une lgislation foncire favorables au droit de proprit prive, le pluralisme juridique dans le domaine foncier est une constante dans les pays membres de lABN. La dualit entre le droit coutumier et le droit moderne traduit bien le souci dun dveloppement de proximit.

Il existe une diffrence entre les tats membres de lABN et la Banque Mondiale en matire d'indemnisation. Les droits diffrent selon les documents des deux parties. Ceux de la Banque Mondiale reconnaissent des droits tous y compris les squatters et ceux qui n'ont pas de droits lgaux concernant les biens perdus. Pour la majorit des tats membres de lABN, les textes distinguent en principe deux groupes en cas de dplacement forc pour cause d'utilit publique: ceux ayant droit des indemnits et ceux qui en sont exclus. Et mme pour ceux qui y ont droit, l'indemnit d'expropriation ne doit comprendre que le dommage actuel et certain directement caus par l'expropriation, elle ne peut s'tendre un dommage incertain, ventuel ou indirect.

Pour le cas du Niger, toute personne affecte quelque soit son statut a droit une compensation la hauteur des dommages causs, comme le stipule la loi n61-37 du 24 novembre 1961 rglementant lexpropriation pour cause dutilit publique et loccupation temporaire, modifie et complte par la loi N 2008-37 du 10 juillet 2008 et le dcret N2009-224/PRN/MU/H du 12 aot 2009 fixant les modalits dapplication des dispositions particulires de cette loi.

La PO 4.12 est plus en adquation avec la stratgie de lutte contre la pauvret que les diffrentes lgislations en cours dans les pays membres de lABN bien que ces pays se soient dots de politique de rduction de la pauvret. Aussi, dans ces pays, la ractualisation des codes en matire de gouvernance sociale et de prservation de lenvironnement gagnerait sinspirer des principes de la PO 4.12 qui dans le financement du PDREGDE va sappliquer intgralement.

Evaluation des capacits des acteurs institutionnels

Dans le domaine de lexpropriation/rinstallation, ces structures prvues (Commission denqutes et de ngociation, le Service Foncier Rural, Une commission foncire villageoise) par la loi sont en cours de mise en place pour certains pays et dj effective pour dautres dont le Niger.

Un dispositif institutionnel se mettra rapidement en place et un programme de renforcement des capacits pour tous les acteurs du nouveau dispositif.

La capacit des acteurs prparer et conduire la mise en uvre et le suivi des activits de rinstallation reste trs dficiente. Dans ce contexte, il est ncessaire que le projet dveloppe un programme de renforcement des capacits pour permettre aux acteurs impliqus dans la rinstallation dtre efficients.

Principes, objectifs et processus

La philosophie de la PO 4.12, dans son essence fait de la prparation et de la publication du CPRP une conditionnalit de lvaluation du projet. Le PDREGDE finance des activits qui ncessiteraient l'acquisition de terres. Des effets ngatifs (en termes de pertes, refus, ou restrictions d'accs aux ressources conomiques) en rsulteraient, toutefois, l'emplacement de certains sites des sous projets n'est pas connu avec prcision au moment de la prparation du PDREGDE.

Le CPRP prsente les principes gnraux qui serviront de guide/directives toutes les oprations de rinstallation dans le cadre du PDREGDE.

valuation des biens et taux de compensation

Le paiement de compensations peut se faire en espce, en nature et/ou par une assistance. Le type de compensations sera retenu en concertation avec les populations affectes (agriculteurs, leveurs, pcheurs, les groupes vulnrables) et les autorits coutumires. La compensation en nature est privilgie si la perte s'lve plus de 20% de la perte totale de biens vitaux.

Dans le cadre du PDREGDE, il est prvu que soient ligibles la compensation des terres:

Les titulaires d'un titre foncier de pleine proprit,

Les titulaires de concession rurale ou urbaine,

Les propritaires fonciers reconnus coutumirement, y compris quand il s'agit de communauts, clans ou familles largies

Le processus de rinstallation doit prvoir la mise en uvre des mesures additionnelles de compensation et/ou dattnuation, en plus de la mesure de remplacement prvue en cas de recasement des mnages suite la perte dhabitations.

Systme denregistrement et de gestion des plaintes

Systme denregistrement des plaintes

Il est prvu au niveau local un mcanisme denregistrement des plaintes qui se fera par la Commission Villageoise de Dveloppement largi aux reprsentants des couches sociales de chaque village.

Les agences nationales dexcution du programme devront mettre en place au niveau de chaque unit dexcution du projet un registre des plaintes tenu par la structure en charge des relations avec les communauts au sein des cellules rinstallation et Plan de dveloppement local (PDL) en cas de rinstallation effective.

Lexistence de ce registre et les conditions daccs seront largement diffuses aux populations affectes dans le cadre des activits de consultation et dinformation.

Le registre est ouvert ds le lancement des activits de recensement dans les zones affectes.

Quant la gestion des plaintes, elle se fera 3 niveaux:

Niveau 1: village ou de nombreux litiges peuvent tre rsolus par des explications supplmentaires (exemple: expliquer en dtail comment le processus de consultation a abouti au calcul du montant de compensation du plaignant et lui montrer que les mmes rgles sappliquent tous); et par larbitrage, en faisant appel aux chefs coutumiers, chefs religieux ou aux leaders dopinion, les commissions de conciliation au sein de la communaut.

Niveau 2: dpartement commune, ou une commission de conciliation est mise en place et est compose de lautorit administrative suprme et des maires, du magistrat du tribunal de la localit, des reprsentants du domaine foncier, des autorits coutumires, et de toute personne dont la contribution est ncessaire la commission.

Niveau 3: tribunal de grande instance tant le dernier recours.

Pour des raisons defficacit, cest toujours souhaitable de rsoudre tout problme au niveau le plus local et lamiable. Le fait de sappuyer sur les mcanismes locaux de rsolution de conflits donne des solutions durables et efficientes et vite de rendre les conflits tellement structurs quil faille faire appel la voie judiciaire.

La participation intgrale locale donne des opportunits de rparer des prjudices de faon nette et durable. LABN en rapport avec les ANE et le HCAVN pour le Niger mettra en place un mcanisme extrajudiciaire de traitement des litiges faisant appel l'explication et la mdiation par des tiers. Chaque personne affecte, tout en conservant bien sr la possibilit de recourir la justice, pourra faire appel ce mcanisme, selon des procdures dterminer sur place.

Calendrier dexcution

Le calendrier se fonde sur un plan dexcution qui couvre toutes les activits de rinstallation (identification, prparation, mise en uvre, assistance, et disposition prvoir dans le PAR pour les groupes vulnrables) et fournit les dates prvues auxquelles les PAP (personnes rinstalles et populations htes notamment) jouiront effectivement des bnfices escompts et celles de fin des diffrentes formes dassistance.

Dispositif de suivi valuation

Le suivi valuation des plans de rinstallation est une phase importante du cycle de projet. Lobjectif du suivi est de sassurer que toutes les PAPs sont indemnises, ont dmnag et sont rinstalles dans le dlai le plus court possible et avec le moindre impact ngatif.

La rinstallation est une procdure complexe, qui peut tre complique ou simple suivant la multitude des parties prenantes concernes, la porte socio-conomique de lopration dans les quatre pays diffrents et le nombre d'actions concourant la ralisation des objectifs de rinstallation tels que viss et par les rglements nationaux et par la politique de la Banque mondiale en la matire.

Consultation et diffusion de linformation

La consultation dans le cadre de la formulation du CPRP a suivi deux canaux: runions de concertation avec les acteurs institutionnels et des runions avec les acteurs directs la base:

Au niveau national, lquipe a rencontr principalement les acteurs institutionnels cest--dire la Direction technique de lABN, les points focaux nationaux, les responsables de projets de dveloppement (Fomi en Guine, Taoussa au Mali, Udoper au Bnin, HCAVN au Niger), les services techniques nationaux et rgionaux et des ONG.

Les visites de terrain ont permis de rencontrer des populations la base, les services dcentraliss, les autorits locales et les ONG dappui au dveloppement local. Des visites de sites caractristiquesont eu lieu au Bnin (paysans et leveurs de Gogounou et de Karakou- Darou), Mali (campements de pcheurs bozo, paysans de Baya, dragueurs de sable du fleuve) et au Niger (Les consultations publiques ont eu lieu dans six villages (Famal, Gabou, Sanguil, Ayorou GoungouKoirey, Garey et Alsilamey) situs dans les communes de Dessa, Ayorou et Bibiyergou en prsence du chef de village, des doyens, des femmes, des jeunes, des leaders religieux, des organisations locales, etc. Du fait de lloignement des sites et des contraintes de temps, les visites de terrain nont pas t organises en Guine.

Dune manire gnrale, cest le systme lgal qui structure le processus dexpropriation; le PDREGDE propose dutiliser des mthodes participatives pour mettre en uvre les processus sur le terrain de faon impliquer tous les acteurs dans les oprations en tenant compte de leurs intrts, de leurs besoins et de leurs agendas.

Plan dexcution

La rinstallation sera ralise et traite dans le cadre de la gestion globale du projet et de lexcution squentielle des sous projets. Le plan dexcution se fonde sur une articulation logique de droulement du processus, dont les liens entre le plan de rinstallation, la validation du sous projet, le paiement des compensations et les travaux damnagement doivent tre matriss. Aucun sous projet entranant la rinstallation involontaire ne pourrait tre valid sans un plan de compensation dment prpar et approuv par la Banque mondiale. Aucun investissement entranant une relocalisation ne pourra tre excut sans compensation pralable.

Budget

Les structures en charge de la rinstallation dans chaque pays veilleront scrupuleusement avant ladoption de la Loi des finances, linscription et la dotation effective des ressources ncessaires prvues pour les activits de rinstallation et ce en troite corrlation avec le plan de travail annuel du projet. Le budget dtaill pour la mise en uvre du plan est tabli comme partie intgrante du programme. Lestimation des cots du plan de rinstallation fait partie du cot global du projet, et les cots lis la rinstallation sont directement imputables aux Pays.

Les tats-membres de lABN financeront la compensation due la rinstallation. La Banque Mondiale va financer le renforcement des capacits et lassistance la rinstallation y compris les mesures dassistance destination des groupes vulnrables et les mesures de viabilisation sociale et environnementale des nouveaux sites de recasement.

Le budget global de ralisation du Plan de rinstallation pour le Programme Kandadji slve 61.823 000 milliards de FCFA environ 119 582 000 $US mettre en uvre avant la mise en eau du barrage. Tous les cots ont t calculs sur la base des calculs de 2009 et seront actualiss pendant le recensement

I INTRODUCTION

Le Projet de Dveloppement des Ressources en Eau et de Gestion Durable des cosystmes du Bassin du Niger (PDREGDE) vise, dans sa premire phase, lamlioration durable de la productivit des ressources en eau pour renforcer le dveloppement conomique dans cinq pays du Bassin (Bnin, Guine, Mali, Niger et Nigeria).

Il nest pas attendu que le financement des activits du PDREGDE cause des effets ngatifs majeurs aux groupes communautaires qui bnficieront des investissements du projet. Le Cadre de Gestion environnementale et sociale, document spar du prsent CPRP, a identifi les impacts environnementaux et sociaux potentiels du projet. Nanmoins, la mise en uvre de certains sous projets du volet 3 de la Composante 2et de la Composante 3 du PDREGDE et de la Composante 3 du projet en cours de prparation pour lappui au Programme Kandadji est susceptible de provoquer, soit des dplacements involontaires des personnes dans des zones cibles ou dacquisitions de terres dans les communauts cibles et/ou soit des contraintes sur laccs aux ressources. Pour attnuer ce risque, le prsent CPRP, largement inspir du premier rapport du PDREGDE dj valid, et du PAR de 2007 est radapt afin de dterminer et de clarifier, avant la phase de ralisation effective des amnagements, infrastructures et services, les principes et procdures qui guideront la rinstallation en traitant les populations affectes par le projet (PAP) de manire juste et quitable. Ce qui implique que le PDREGDE et le projet en cours de prparation devront minimiser autant que possible les dplacements, viter la destruction des biens, dterminer les critres applicables pour lexcution des diffrents sous-projets tout en prcisant la procdure dindemnisation afin dviter lappauvrissement des populations rurales qui seraient potentiellement affectes. Ces critres sont dgags partir des rgles et procdures nationales et sont compltes par ceux de la Politique de sauvegarde de la Banque Mondiale contenue dans la Politique Oprationnelle 4.12. Ce cadre de politique de rinstallation involontaire des Populations (CPRP) a fait lobjet dune large consultation des parties prenantes concernes pour ces interventions supplmentaires.

L'objectif du Cadre de Politique de Rinstallation des Populations (CPRP) est de i) fixer les principes de rinstallation des populations et de compensation des dommages qui leurs seront causs par les sous projets au moment de la mise en uvre, ii) proposer des arrangements institutionnels et mettre en place les procdures que les Gouvernements suivront, une fois que les sous projets gnrateurs de dplacements seront identifis.

Cest dans le respect de ce CPRP que les plans dactions de rinstallation de certains sous projets spcifiques seront donc prpars et soumis aux partenaires techniques impliqus notamment la Banque mondiale pour approbation avant le dmarrage des travaux et les dplacements effectif des PAPs.

Le CPRP couvre les points suivants:

Principes et objectifs des rgles relatifs la prparation et la mise en uvre de la rinstallation involontaire;

Une description du processus de prparation et d'approbation des plans daction de rinstallation involontaire;

Acquisition de terres et types d'impacts probables;

Impacts potentiels du projet sur les personnes et les biens;

Contexte lgal et institutionnel des aspects fonciers;

Principes, objectifs, et processus;

valuation des biens et taux de compensation;

Mcanisme de gestion des plaintes;

Identification, assistance, et disposition prvoir dans le Plan dAction de Rinstallation (PAR) pour les groupes vulnrables;

Objectifs, indicateurs et processus de suivi et dvaluation;

Consultation et diffusion de linformation;

Responsabilits pour la mise en uvre;

Budget et financement

II DESCRIPTION DU PROJET2.1 Prsentation des Composantes du PDREGDE

La conception du projet est base sur les principes dintgration rgionale par lappui au dveloppement des usages multiples des ressources en eau et lamlioration des conditions de vie des populations locales vivant dans le bassin du fleuve Niger. Le projet est compos dun prt dinvestissement sectoriel (PIS) de cinq ans avec pour emprunteur les cinq pays riverains que sont: Bnin, Guine, Mali, Niger et Nigeria; lABN agit en qualit dagence de mise en uvre au nom des cinq pays riverains.

Le PDREGDE comprend trois composantesinter lies qui vont contribuer la rduction de la pauvret et par la suite renforcer la coopration et la croissance conomique dans le Bassin: (i) appui et renforcement institutionnel de lABN; (ii) rhabilitation et mise niveau dinfrastructures existanteset (iii) restauration et prservation de zones dgrades.

Composante 1: Appui et renforcement institutionnel de lABN

Cette composante vise le renforcement des capacits de lABN et des structures nationales travers deux volets:

Renforcement institutionnel et technique de lABN par la promotion dune gestion transparente et effective et le renforcement des capacits de communication;

Dveloppement des mcanismes institutionnels et lgaux de gestion durable des ressources en eau par la mise en place dun comit rgional et des commissions de leau lchelle du bassin et des sous bassins, lharmonisation des rglementations environnementales, llaboration des instruments lgaux et llaboration dune charte de leau lchelle du bassin.

Composante 2: Rhabilitation et amlioration des infrastructures existantes au niveau national et rgional

Cette composante comprend trois volets dont:

Rhabilitation et amlioration des infrastructures dimportances nationale et rgionale, savoir, les barrages hydrolectriques de Kainji et Jebba au Nigeria;

Support pour lvaluation des nouvelles infrastructures envisages: planification stratgique des nouvelles infrastructures en tudes savoir les tudes de faisabilit des barrages de Mambilla (4000 MW) et Zunguero (960 MW) au Nigeria, Fomi (250 MW) en Guine, des tudes complmentaires pour les barrages des sites de Taoussa (120 MW) au Mali et Kandadji (130 MW) au Niger ainsi que la prparation des options stratgiques et lanalyse des acteurs pour la slection des meilleures infrastructures pour le bassin;

Rhabilitation et amlioration des petites infrastructures aux niveaux national et local: infrastructures vocation multiple dans les quatre pays (Guine, Mali, Bnin et Niger). Les activits incluent la rhabilitation et lamlioration des infrastructures, lamlioration de systmes de gestion de maintenance, financement des activits de valorisation des infrastructures et le dragage et lamlioration des canaux de drainage dans certaines zones. Ce volet comprendra ainsi des sous-projets de petite taille qui seront ultrieurement identifis et planifis par les pays et soumis pour financement au projet.

Composante 3: Restauration et prservation des cosystmes dgrads

Cette composante comprend le dveloppement et la gestion des infrastructures, la restauration et la prservation de lenvironnement ainsi que des activits gnratrices de revenus. Les principales activits incluent la gestion des zones humides et le reboisement au Fouta Djalon et au Bnin, la stabilisation des berges et le contrle de lrosion le long des koris et des dallols au Mali et au Niger. La restauration inclura des activits gnratrices de revenus comme la pche, la culture de dcrue et le dveloppement de la petite irrigation. Cette composante financera des sous projets communautaires de petite taille qui seront ultrieurement identifis et planifis par les communauts.

2.2 Description des composantes du Programme Kandadji

Composantes du projet en cours de prparation pour lappui au Programme Kandadji:

Lobjectif du projet propos est: accrotre laccs leau pour le dveloppement agricole, la capacit de production dnergie hydrolectrique dans la partie nigrienne du Bassin du Niger et contribuer la rduction de la variabilit saisonnire du dbit en aval de Kandadji jusquaux frontires Bninoise et Nigriane

Le projet propos contribuera la phase I et la Phase II du Programme Kandadji et servira financer trois composantespour un montant de 203 millions de dollars US. Les trois composantes sont:

Composante 1 : Renforcement institutionnel de lABN

Cette composante a pour objectif dapporter un appui institutionnel lABN sur le financement de lunit de projet pour la mise en uvre du projet en cours de prparation. Elle comportera aussi un financement dexperts pour lappui lABN dans le cadre de la mise en uvre de la Charte de lEau via le financement de missions du panel dexperts, et la contribution des tudes cls comme le plan stratgique et la mise jour de laudit organisationnel de lABN.

Composante 2 quipement de la centrale lectrique:

Cette composante concerne lquipement de la centrale hydrolectrique dont les activits incluent, entre autres, la fourniture, le transport, le montage, les essais, la mise en service et la formation du personnel dexploitation des quipements destins lusine lectrique de KANDADJI situe sur le fleuve Niger au Niger. Les quipements de la centrale comprennent quatre (04) groupes turbines-alternateurs identiques, de 32,5 MW de puissance nominale unitaire, soit une puissance totale installe de 130 MW. Par ailleurs, des transformateurs de distribution de 10 MVA pour lalimentation des auxiliaires du barrage et de lusine, ainsi que le rseau de distribution local sont prvus dans le poste.

Composante 3: Le Dveloppement de lirrigation et le Dveloppement communautaire local

Cette composante se focalise sur le dveloppement de lirrigation et le dveloppement communautaire local et est constitue de 3 sous composantes.

La sous-composante 3.1 se focaliserait sur la consolidation des investissements de scurit alimentaire en rhabilitant de lordre de 700 ha dans le sillage du DREDGE et des Projets dUrgence dappui la scurit alimentaire (PUSA 1& 2) dans le Cadre du Fonds fiduciaire de rponse la crise des prix alimentaires (GFRP);

la sous-composante 3.2 En accompagnement la mise en uvre de linitiative 3N, elle porterait sur le pilotage dun ple de croissance agro-business sur 1 500 2 000 ha environ de cultures de diversification rpartis entre exploitations familiales en faveur des populations locales et exploitations prives qui ont besoin dune viabilisation de lespace (foncier, lectrification, stations de pompage et conduites primaires, services, les amnagements secondaires et tertiaires tant leur charge. Ce dveloppement exprimental de terrasses sera entrepris dans le cadre des tudes APS/APD/DAO prvues sur 4 000 ha. et avec le dveloppement du potentiel de lirrigation.

la sous composante 3.3 se focaliserait sur le dveloppement local qui inclut (i) le renforcement des capacits des communes et des partenaires dans le sillage du schma directeur et de la politique de dcentralisation, pour la planification et la mise en uvre des plans locaux de dveloppement et dinvestissement, (ii) lappui financier pour la mise en uvre des plans dinvestissement (essentiellement sur les investissements collectifs daccs aux services de base et la gestion des ressources naturelles (sur le modle du projet daction communautaires financ par la Banque mondiale) et ; et (iii) la mise en place dun fonds dappui aux initiatives locales axes sur le micro-entreprenariat pour les jeunes et les femmes).

La mise jour du CPRP prend en compte principalement les activits des composantes 2 et 3 du projet en cours de prparation pour lappui au Programme Kandadji tant entendu que le projet interviendra dans la mme zone que le PDREGDE et sera mis en uvre par les mmes acteurs.

2.3 Les donnes socio conomiques du Programme sur la base du recensement de 20092.3.1 Dmographie

Lessentiel de la population de la zone du P-KRESMIN est concentr le long du fleuve Niger et de son principal affluent, le Gorouol.

Bien que la rgion de Tillabri ne soit pas lune des plus peuples du Niger, la densit de sa population compte parmi les plus leves. En 2001 date du troisime recensement gnral de la population, celle-ci se situait au troisime rang avec une densit dmographique de 19,4 habitants/km2, ce qui tait suprieur la moyenne nationale value 8,7 habitants/km2.

Sur la base des projections de croissance dmographique au niveau national, les taux de croissance annuelle moyens projets stablissent 3,2 % pour la priode 2001-2005, 3,01% entre 2005 et 2010 et 2,87 % de 2010 2015.

En zone rurale, le fort taux daccroissement naturel se traduit gnralement par un important exode vers les villes. Cest le cas de la rgion de Tillabri o les hommes quittent leur famille en qute de travail. Lexode constitue une source de revenus pour les populations de cette rgion mais reprsente un facteur contraignant sur les activits de marachage et de culture de contre-saison en priode sche.

En 2001, dernier recensement gnral de la population nigrienne, la proportion de jeunes de moins de 15 ans tait de lordre de 48 % dans les cantons de Dessa et de Gorouol et de 45 % dans le canton dAyorou. Limportante proportion de jeunes se reflte sur la taille moyenne des mnages qui slve, dans la rgion de Tillabri, 8,21personnes/mnage, une moyenne suprieure celle des autres rgions.

2.3.2 Spcificits ethniques et occupations

La rpartition par ethnies et les principales activits exerces par ces groupes se prsente comme suit:

Les Zarma-Songha sont en majorit des agriculteurs, avec une forte tendance lagropastoralisme, car nombreux sont ceux qui possdent des animaux;

Figure 1: Profil de la population Songhai

Les Peuls sont dabord des leveurs, mme si beaucoup sadonnent lagriculture de subsistance. Ce sont eux qui maintiennent la tradition de la transhumance dans la zone ;

Figure 2 Profil de la population Peulh

a

Les Touaregs sont des agropasteurs sdentariss qui possdent de moins en moins danimaux (en loccurrence de gros ruminants) ;

Figure 3: Profil de la Population Touareg

Les autres groupes ethniques sont compossdes:

Kourtheyes, mtis de Peuls et de Gourmantchs, sont principalement des leveurs qui voluent vers lagropastoralisme, en pratiquant galement la culture du riz et la pche;

Wogos sont de vritables agro-pasteurs et essentiellement des peuples insulaires qui exploitent la fois le btail, la pche et la riziculture.

Partageant une langue commune, vivant dans un mme contexte agro-cologique et soumis aux mmes ralits conomiques, les Songhas, les Kourtheyes et les Wogos ont adopt des structures sociales trs proches. Ainsi, les grandes diffrenciations sociales qui parcourent ces groupes sont partout les mmes: nobles et captifs, guerriers et paysans, ans et cadets, hommes et femmes, chefs et sujets. Lautre point commun ces groupes, cest la forte rsistance des formes idologiques qui tissent le systme des attitudes, des valeurs et des codes relationnels dans toutes les sphres de la vie sociale, conomique et politique des individus.

La socit Touargue est fortement hirarchise et permet de distinguer:

La classe des nobles guerriers (Imageren et Imrad);

La classe des hommes de lettres et de culture (Inaslim);

Les artisans (Inadhan) ;

La classe des captifs (Eklan) qui reviennent la tche et la responsabilit de garder et de soigner les troupeaux.

Depuis environ deux dcennies, ce schma a connu une certaine volution, en raison notamment de la perte de leur btail et donc dune partie de leur pouvoir conomique par les anciens matres conscutivement aux scheresses, du processus de dmocratisation en cours dans tout le pays et de laction des organisations de dfense des droits de lhomme. De nombreux dpendants Touaregs ont ainsi quitt leurs anciens matres pour se reconvertir dans lagriculture ou chercher des emplois en ville.

La socit Peuhl fait la distinction entre trois classes:

La classe des nobles (les Rimbe) compose des chefs dtenteurs du pouvoir politique et des marabouts qui sont des hommes de lettre. les Rimbe sont dtenteurs de terres quils exploitent eux mmes ou quils mettent en mtayage;

Les captifs (Matchibe) qui nont pas de terres mais peuvent y accder par mtayage; et

Les gens de caste qui forment la classe des artisans.

Toutes les relations sociales et les systmes de valeur sont rgis par ces clivages. Pour maintenir la cohsion sociale au sein de ces communauts, toutes les occasions sont mises profit pour rappeler chacun la place qui est la sienne en fonction de ses origines sociales.

2.3.3 Organisation sociale

Lorganisation sociale des divers groupes en prsence est sous-tendue par lexistence de multiples chelles qui vont des chefferies (cantons, tributs, villages, quartiers) aux responsables des organisations et corps de mtiers.

Lorganisation sociale est grandement influence par la culture et les traditions propres chaque ethnie. Cette influence est dautant plus importante en milieu rural et dans les localits o une ethnie domine par rapport aux autres.

Dans la zone dinfluence du barrage de Kandadji, les ethnies sont regroupes et vivent proximit de leurs principaux moyens dexistence, quil sagissent du fleuve pour les pcheurs, des terres agricoles pour les agriculteurs ou des pturages pour les leveurs.

La population y est en majorit de type sdentaire, bien quon observe des concentrations de populations nomades dans les cantons dAnzourou, dAyorou et du Gorouol.

Bien que la socit moderne nigrienne offre des opportunits gales tous les membres de ces sous-groupes, les coutumes des diverses socits prsentes dans la zone dtude maintiennent les diffrences hrites de la tradition. Ainsi, les mariages entre certains groupes sociaux sont rares. Par ailleurs, dans toutes les communauts ethniques de la zone, les rapports entre jeunes et ans ainsi quentre hommes et femmes sont encore dtermins en grande partie par les relations traditionnelles qui existent au sein et entre les groupes sociaux formant une ethnie donne.

Au sein de chacune des localits, village ou hameau, la dimension organisationnelle est quasi identique: un chef entour de ses notables qui sont gnralement du mme tissu familial ou proches, des conseillers composs de sages (personnes influentes, personnes ges, religieux etc.). Cette configuration est de plus en plus transgresse par le facteur conomique traduisant le poids de plus en plus manifeste des plus nantis du terroir qui sont de plus en plus couts par la population, les responsables coutumiers et ladministration locale.

Si le premier niveau de lorganisation sociale demeure lexistence de responsables dont lascendance est la variable clef dtre du systme, lexistence du second niveau de structuration sociale est un des dterminants de la vie des hommes et des femmes en prsence.

En effet, au niveau de chacun des villages, hameaux ou groupements, une hirarchisation sociale difficilement perceptible rgule les diffrents maillons de la vie des sous-groupes: il sagit de la persistance des considrations de classes pour la rsurgence du droit aux premiers occupants; ceux ayant prcd les autres sur le terroir ont tendance se prvaloir comme matres des lieux car dtenant le patrimoine foncier et le reste des ressources naturelles.

Les autochtones nourrissent une vision de diffrence vis--vis des allochtones. Cest le cas des Touaregs peuplant les terroirs de Sanguil, de Alsilam ou de Gabou qui peroivent les populations Zarma et Songha de Bimbilm, de Kandadji ou de Sno dallochtones venus envahir leurs terres aprs avoir quitt les rgions du Mali suite aux guerres des 16me et 17me sicle. Les entretiens mens avec ces divers groupes socio-linguistiques font ressortir que chacun revendique lantriorit de loccupation de lespace ce qui explique les attitudes tendance antagonique, voire conflictuelle, qui animent les propos des uns envers les autres. Les squelles des guerres ayant marqu la cohabitation entre ces groupes depuis des sicles sont lorigine de tels comportements.

Le second niveau de la perception dautochtones et allochtones est celui des groupes de Zarma, de Songha, des Kourthyes et de Touaregs (autochtones) face aux sous-groupes composs de Hausa (originaires du Nigria, de Tahoua, de Gaya etc..), des minorits de Gaoboros du Mali, Yoruba du Nigria, Arabes, Togolais et Bninois (allochtones) rcemment venus la recherche de lieux propices leurs activits (commerce, artisanat, pche et autres activits gnratrices de revenus). Tout comme Ayorou o lon dnombre de nombreux quartiers fonds par les allochtones, plus dune vingtaine de hameaux de pcheurs Hausa venus du Nigria et de Gaya se sont tablis aux abords du fleuve depuis une cinquantaine dannes.

Partant des pratiques socio-conomiques, des croyances et des rites culturels, la classification sociale qui accompagne les groupes en prsence comporte des dimensions diverses.

La priode antrieure lavnement de lislam fut celle des croyances et pratiques o tout obissait aux forces des gnies, particulirement les forces de leau. Par ethnie et/ou activit exerce, chaque groupe disposait de son gnie qui recommande des rituels pour instaurer un climat dentente avec les esprits de la terre et de leau. De lavis des populations et avec la prolifration des mosques, plusieurs villageois interviews affirment avec insistance que les pratiques et autres rituels envers les gnies ont considrablement diminu et sont devenus plus discrets. Derrire cette face visible rgissant la vie quotidienne, se cache la face moins transparente quest la croyance envers les gnies de la terre mais aussi et surtout de leau. Les dtenteurs de telles pratiques sont surtout les chefs des gnies des localits telles que Kandadji, Ayorou, Sno mais aussi et surtout les hameaux des pcheurs vivant aux abords du fleuve.

Des lieux sacrs sont retenus par endroit et cachent, selon les dtenteurs, des gnies de leau qui obligent lorganisation de sacrifices en cas dactions pouvant perturber lordre naturellement tabli dans les lieux. A titre dexemple, sur les berges du fleuve qui longent Malou, un des hameaux des pcheurs, un hippopotame, un crocodile et un gros poisson habiteraient juste quelques mtres des premires pierres poses pour la construction du barrage et pour toute action de grande envergure sur le fleuve, ces gnies exigent des rituels.

De nos jours, les relations entre ces sous-groupes sociaux sont lies lappartenance une classe sociale mais galement et surtout elles sont dpendantes des activits de production, car la position sociale dun groupe et/ou dun individu est davantage dtermine par sa richesse en terre de culture (crales et/ou riz), en ttes de btail, en argent frais et/ou en biens de commerce.

III IMPACTS POTENTIELS DU PROJET SUR LES PERSONNES ET LES BIENS 3.1 Activits du projet

De manire globale, les activits susceptibles davoir des impacts significatifs sur les personnes et leurs biens concernent les Composantes 2 et 3 du programme qui comprend la Restauration et prservation des cosystmes dgrads avec le dveloppement et la gestion des infrastructures, la restauration et la prservation de lenvironnement, le dveloppement de lirrigation, les activits des composantes 2 et 3 du projet en cours de prparation pour lappui au Programme Kandadji (y compris la ligne de transmission et la piste daccs).

3.2 Impacts ngatifs

Les impacts conomiques et sociaux dcoulent soit:

du retrait involontaire de terres qui provoque (i) une relocalisation ou une perte dhabitat; (ii) une perte de biens ou daccs ces biens; ou (iii) une perte de sources de revenus ou de moyens dexistence, que les personnes affectes aient ou non se dplacer sur un autre site;

la restriction involontaire de laccs des parcs dfinis comme tels juridiquement, et des aires protges entranant des consquences ngatives sur les moyens dexistence des personnes dplaces.

La mise en uvre de sous projets du PDREGDE est susceptible de provoquer les impacts potentiels suivants:

Impact sur les terres:

Acquisition permanente de terre requise par les installations;

Occupation temporaire limite pendant la phase travaux;

Impact sur les cultures:

Destruction des rcoltes dans des zones de cultures de dcrue;

Dommages aux rcoltes sur des emprises dans la zone dimpact des travaux de gnie civil.

Impact sur les btiments et autres infrastructures (puits, etc.):

Perte dhabitats ou de btiments dexploitation limite suite la ralisation damnagements hydro agricoles ou dinfrastructures socio-conomiques de base.

Impact sur llevage

Rduction des couloirs de passage et daccs leau pour le btail.

Impact sur les moyens d'existence et revenus:

Destruction ou dommages sur les rcoltes des agriculteurs quils soient propritaires ou locataires;

Perte de revenus tirs de la location des terres des propritaires fonciers

Impact sur les ressources naturelles:

Perte ou limitation daccs aux ressources naturelles

3.3 Impacts sociaux ngatifs potentiels du projet en prparation

Vue gnrale

La mise en uvre du programme va ncessiter la ralisation dun ensemble dactivits visant accroitre la production agro-sylvo-pastorale, amliorer les conditions de vie des populations et contribuer la gestion durable des ressources naturelles et la prservation des cosystmes. Dune manire gnrale, les impacts sociaux ngatifs lis aux activits du projet sont, entre autres :

Amnagement des primtres irrigus de 4.000 ha : lamnagement des plaines irrigues et des canaux dirrigation vont entrainer des risques dexpropriation de terres et de pertes de terres agricoles et/ou pastorales et doutils de production (agriculteurs, leveurs); la perte ou la restriction daccs aux ressources naturelles notamment leau (leveurs); des risques de conflits sociaux en cas daffectation de terres de nouveaux arrivants au dtriment des autochtones; des frustrations et des risques de conflits en cas de privilge accord aux grands producteurs (dans la perspective de lagro-business) au dtriments des petits producteurs de type familial; le dplacement de la population et la perte du logement; la perte de sources de revenus ou de moyens de subsistance conduisant l'accs aux besoins sociaux fondamentaux (scolarisation des enfants, soins de sant, etc.), perte de biens patrimoniaux (cimetires), loignement de leau, perte du statut de chef de village;

Compensation : mthodes dvaluation, adquation des ddommagements, processus de dotation des terres, maintien du niveau de vie, contentieux au sujet des terres;

Enjeux spcifiques : futur des insulaires sur la terre ferme, futur des sans-terres.

La ralisation dinfrastructures de soutien la production: Les infrastructures qui seront construites, notamment les infrastructures de stockage, les units de transformation et de conservations, etc., pourront engendrer des dplacements de populations.

La construction/rhabilitation des infrastructures de transport: la ralisation des routes/piste va induire certains inconvnients tels que la perturbation dactivits conomiques et la dgradation de quelques habitats naturels, la restriction daccs aux ressources (eau, pturage), la destruction de portions de champs de culture ou linstallation de base de vie sur des terrains privs.

Impacts des amnagements structurants (rseau lectrique, rseau dadduction deau): Ces types damnagements, mme sils sont bnfiques, pourraient potentiellement contribuer aux dplacements de population, la perte de terres et aux moyens de production.

Impacts ngatifs des activits pastorales: En labsence de couloirs de transhumance bien dfini, l'levage extensif a des impacts sociaux ngatifs, notamment : la destruction des cultures avec lincursion du btail dans les champs; destruction des ouvrages dirrigation; le compactage des terres de culture; la destruction des berges de cours deau, etc.

Impacts sur les activits de pche: restriction daccs aux ressources halieutiques et destruction de certaines zones de frayres (amnagements hydro agricoles, des bourgoutires, etc.); risques de conflits entre agriculteurs et pcheurs avec la pollution des plans deau par les pesticides, etc.

Autres impacts sociaux ngatifs: le dfrichement pour l'amlioration des pturages naturels ou l'installation de cultures fourragres; la charge en btail, qui dpend du nombre d'animaux et de la composition des troupeaux (espces et classes animales) ainsi que de la disponibilit du fourrage et la rpartition des points d'eau, les perturbations des activits gnratrices de revenus des groupes vulnrables, loccultation de certaines activits (cultures de case, tissage de nattes en groupe) lors du recensement dinventaire et des biens des PAPs etc.

Au vu des impacts conomiques et sociaux ngatifs potentiels susceptibles dtre enclenchs par la mise en uvre de certaines composantes du projet, la ncessit dun CPRP se justifie pour clarifier les principes directeurs de la rinstallation, les dispositions institutionnelles et les critres conceptuels qui sappliqueront aux sous projets futurs.

3.4 Estimation des besoins en terres et nombre de personnes affectes pour le programme Kandadji

Il est possible davoir une ide gnrale sur la probabilit de rinstallation compte tenu des sites des sous projets, de la nature des interventions, du type d'investissement, des activits et des habitats naturels sur le fleuve du Niger; cependant, l'estimation prcise du nombre de PAP n'est pas ralisable ce stade de formulation du PDREGDE .

Cependant il faut sattendre ce que le Programme Kandadji ait des impacts directs et indirects sociaux importants dans la zone dinfluence et au-del. Le barrage de Kandadji crera un rservoir denviron 282 kilomtres carrs et compte tenu de la densit dimplantation humaine dans la rgion, il est estim que cela entranera le dplacement total denviron 38 000 personnes dans deux endroits. La premire partie, dnomme tape 1, comprend 5 410 personnes (sur la zone de construction du barrage de Kandadji ou proche de celle-ci), qui seront rinstalles en 2012; et la seconde partie, dnomme tape 2, comprend environ 32 500 PAP devant tre rinstalles sur environ cinq ans lorsque le rservoir est mis en eau (aux alentours de 2016.). Deux instruments de rinstallation ont t labors en conformit avec les dispositions de lOP 4.12 aux fins de guider ce processus:

tape 1 Un plan daction pour la rinstallation (PAR) a t labor pour la premire phase des 5 410 personnes dplacer, partir de 2012, en raison de la construction du barrage. Ce PAR a t diffus au niveau national le 23 fvrier 2012 et sur le site internet Infoshop le 13 fvrier 2012; il est actuellement en cours dexcution laide de financements de la BAD, de la BOAD et du Gouvernement du Niger.

tape 2 Un cadre pour la politique de rinstallation (CPRP) a t prpar pour traiter du dplacement des personnes restantes (environ 32 500 personnes) dans la zone de rservoir du barrage durant la deuxime tape de rinstallation. Cette rinstallation doit tre finalise dici 2016, lorsque la mise en eau du rservoir doit avoir lieu. Le CPR prpar pour le WRD-SEM APL, diffus en fvrier 2007, est actuellement mis jour afin dinclure des informations supplmentaires sur la situation socioconomique des PAP en attendant la mise a jour du recensement dont le processus est en court.

En mai et juin 2005, une enqute a t ralise auprs des autorits coutumires de tous les cantons, groupements, villages, tribus, hameaux et campements de la zone dtude dtaille. Cette enqute visait principalement effectuer un inventaire exhaustif des biens capitaux possds par les communauts affectes par le P-KRESMIN. Elle a galement permis de collecter diverses informations sur le milieu de vie des populations affectes et sur les attentes des communauts. Cette enqute a t actualise en 2009 et en cours de ractualisation en 2012.

Parmi les sites recenss qui devront tre dplacs, si la cte est maintenue 230 quelques villages situs la frontire nigero- malienne pourraient tre affects ( confirmer par les levs topographiques). En fait, selon le trac frontalier apparaissant sur les cartes de lIGN, deux sites seraient localiss au Niger et appartiendraient au village administratif de Labizanga. Quant aux sept autres sites, ils semblent tre localiss au Niger mais les habitants recenss ont indiqu demeurer au Mali dans le village administratif de Kalambana. Il est difficile dtablir avec certitude lemplacement de ces hameaux car la frontire nigro-malienne na jamais t dlimite de faon prcise proximit du fleuve (aucune borne en rive droite ou gauche). Les tudes techniques en finalisation, devraient permettre au Gouvernement nigrien en Gouvernement malien dclaircir cette situation dans les plus brefs dlais. Toutefois, quelle que soit la dcision finale, les populations de ces hameaux seraient prises en compte dans llaboration du PAR car elles feront partie des PAP

Le CRPP a t prpar en attendant la dcision finale sur certaines spcifications techniques lies au barrage et aux systmes dirrigation associs, y compris la hauteur de fonctionnement du rservoir dont le dbat tourne autour de lefficience entre la cote 227 et 230. Par consquent, la zone de limpact ne peut tre dtermine y compris la zone de mise en eau, le nombre de personnes rinstaller et les biens affects. En outre, bien que la vaste zone de rinstallation a t identifie par le gouvernement, les sites spcifiques de rinstallation et de restauration du btail (y compris, lirrigation, la pche, le cheptel, le commerce, etc.) ne peuvent tre achevs, puisquils doivent tenir compte de la zone de rservoir et de lattribution de terre pour lagriculture irrigue et les autres activits, en fonction des critres techniques des tudes de faisabilit qui sont en train dtre ralises.

Toutefois, au-del des raisons techniques de prparer un CPRP, dautres facteurs ajoutent une complexit significative la seconde phase de rinstallation. Ceux-ci incluent: le fait que la construction du barrage ait commenc; le besoin dun recensement dtaill concernant les vastes consultations avec les PAP et les rsidents des sites daccueil potentiels, et une arrive rcente de rfugis maliens dans la zone du projet, ce qui affecte galement la finalisation du recensement. Une fois que ces questions seront connues ou rsolues, la Banque sassurera, au moyen dun contrle, que le bnficiaire du prt mettra disposition les ressources ncessaires pour complter et mettre en uvre le PAR pour les personnes restantes (environ 32.500) sur une priode raliste. Il est prvu que le PAR sera labor environ 18 mois aprs la date de prsentation du projet au Conseil dadministration. Enfin, laccord de crdit sera rdig de faon garantir que la mise en eau du rservoir, les dcaissements pour les travaux de gnie civil et les activits de dveloppement local sont lis au progrs de prparation et de mise en uvre des PAR selon les modalits de la politique de la Banque sur la rinstallation involontaire (PO 4.12).

Tout en considrant une rinstallation minimale, certains sous projets d'infrastructures peuvent nanmoins donner lieu des divers impacts sur les personnes. Sous ce rapport on peut distinguer trois grandes catgoriesdes populations affectes:

Individu affect: Il s'agit des individus ayant subi, du fait du sous projet, la perte de biens, de terres ou de proprit et/ou d'accs des ressources naturelles ou conomiques et auxquels une compensation/ou assistance est due;

Mnage affect: Un mnage est considr comme affect si un ou plusieurs de ses membres subissent un prjudice caus par les activits du projet (perte de proprit, de terres ou perte d'accs des ressources naturelles ou des sources de revenus, ou tout autre prjudice); le prjudice peut toucher :

a. un membre du mnage (homme, femme, enfant, autre dpendant, etc.);

b. des personnes rendues vulnrables par l'ge ou par la maladie et qui ne peuvent exercer aucune activit conomique;

c. d'autres personnes vulnrables qui ne peuvent pas prendre part, pour des raisons physiques ou culturelles, la production.

Mnages vulnrables: Les mnages vulnrables sont ceux qui risquent de devenir plus vulnrables suite au processus de rinstallation. Il s'agit de mnages ayant des besoins en mesures de compensation et en mesures additionnelles dattnuation qui se trouvent suprieurs aux autres mnages. Ces mnages vulnrables comprennent principalement:

les femmes rurales: mnage monoparental dirig par une femme chef de mnage (femme veuve ou sans mari) ou ayant de trs jeunes enfants (dont la vulnrabilit est lie l'absence ou la faiblesse des appuis dont elles bnficient ; les besoins spcifiques de ces femmes seront pris en compte dans le cadre des plans de rinstallation),

les personnes ges dpendantes (dont la rinstallation involontaire ne doit pas conduire les sparer des personnes ou du mnage dont ils dpendent),

les handicaps: ceux qui prouvent de difficults, cause dhandicap physique, visuel ou mental, dexercer normalement leurs activits conomiques;

les enfants en situation difficile particulirement ceux sans domicile fixe, orphelins, les talibs, etc.

les communauts affectes: leveurs et orpailleurs

3.5 Principes et objectifs de prparation et dexcution de la rinstallation

Un PAR qui est un plan daction oprationnel sera labor en prlude tous les travaux de gnie civil ncessitant un dplacement tel que dcrit plus haut

Tableau 1:Typologie de rinstallation

Domaine

Sensibilit du site

Note

Faible

Moyenne

leve

Rinstallation involontaire

Faible densit de population; population disperse; rgime foncier bien dfini; droits sur les ressources en eau clairement tablis

Densit de population moyenne; rgime foncier et droits de proprit assez flous; droits sur les ressources en eau clairement tablis

Forte densit de population; villes et villages de grande taille ; familles faibles revenus et/ou appropriation illgale de terres; proprits communales; droits sur les ressources en eau flous

Le contenu dun PAR dpend du niveau de dtail du CPRP et du degr dimpact de la rinstallation. En cas de rpercussions mineures (pas de dplacement physique et perte de moins de 10% des actifs productifs) ou dun nombre de personnes dplaces infrieur 200, le PAR dun sous projet contiendra, au minimum:

Des informations sur la nature du sous projet et la rinstallation requise;

Un recensement des personnes affectes et une valuation de leurs biens;

Une matrice indiquant dans les mmes termes que le CPRP les allocations revenant de droit aux diffrentes catgories de personnes affectes;

Des informations sur les emplacements de rinstallation et les programmes destins amliorer ou rtablir les moyens dexistence et les niveaux de vie;

Des informations sur les responsabilits et les dispositions prises en matire de mise en uvre, de redressement des torts et de suivi;

Le calendrier et le budget de la rinstallation; et

La notification de lengagement suivre les conseils du Cadre politique de Rinstallation des Populations (CPRP ainsi que les conditions requises pour tout ce qui concerne les questions dordre gnral.

IV CADRE LGAL ET INSTITUTIONNEL DES ETATS MEMBRES

La dcentralisation du pouvoir de ltat est un processus largement engag dans les pays membres de lABN. Un certain nombre de comptences en matire de gestion des ressources naturelles sont transfres aux collectivits locales dcentralises dans un contexte dintgration sous rgionale. Sil existe une constitution (loi fondamentale du pays), un code civil et une lgislation foncire favorables au droit de proprit prive, le pluralisme juridique dans le domaine foncier est une constante dans les pays membres de lABN. La dualit entre le droit coutumier et le droit moderne traduit bien le souci dun dveloppement de proximit.

4.1 Cadre juridique par pays

4.1.1 Cadre juridique du Bnin

4.1.1.1 Lgislation et rglementation

Les principaux textes constituant larsenal juridique du Bnin sur lesquels repose le rgime de la proprit foncire de lEtat et des particuliers sont assez disparates.

Une importante partie de cet arsenal date de lpoque coloniale et mrite une mise jour ou une rvision. Il sagit essentiellement de:

la loi 65 25 du 14 Aot 1965 portant rgime de la proprit foncire au Dahomey;

le dcret du 2 Mai 1906, instituant un mode de constatation crite des conventions passes entre indignes dans les colonies de lAfrique Occidentale Franaise et les instructions du 19 Octobre 1906 pour lapplication de ce dcret;

le dcret N 56 704 du 10 Juillet 1956, fixant les conditions dapplication du dcret N 55 580 du 20 Mai 1955, portant rorganisation foncire et domaniale en AOF et AEF;

larrt N 773 / MF / EDT du 29 Aot 1972 portant rorganisation des circonscriptions foncires au Dahomey;

larrt N 9110 F du 22 Novembre 1955 dterminant les transactions immobilires soumises autorisation formelle des chefs de territoire;

la circulaire N 128 A. P. du 19 mars 1931 portant coutumier du Dahomey.

Les autorits du pays ont entrepris leur actualisation au regard des impratifs du dveloppement moderne et de lintgration conomique, politique et juridique rgionale (OHADA).

En dehors du coutumier du Dahomey, la loi 65 25 du 14 Aot 1965 portant rgime de la proprit foncire au Dahomey fixe en son article 22 deux principes fondamentaux:

le droit la proprit pour tous;

le droit un ddommagement juste en cas dexpropriation pour cause dutilit publique, celle-ci pouvant justifier une remise en cause de la proprit.

La mise en uvre des activits du projet si lon sen tient au droit foncier et aux domaines connexes qui sy rattachent fait appel au respect dune srie de dispositions lgislatives et rglementaires savoir :

la loi 90 32 du 11 dcembre 1990 portant Constitution de la Rpublique du Bnin

La Constitution du Bnin indique en son article 22 que toute personne a droit la proprit. Nul ne peut tre priv de sa proprit que pour cause dutilit publique et contre juste et pralable ddommagement.

Cette disposition de la Constitution assure la protection des biens immobiliers dont la terre est llment fondamental.

la loi n2007-03 du 16 octobre 2007 portant rgime foncier rural

Cette loi pose dsormais le principe de reconnaissance du droit coutumier et de sa protection dans le foncier. En cela, elle rend la collectivit territoriale garante de cette reconnaissance. En effet, cest le maire qui autorise sur le territoire de sa commune, lexcution des actions destines protger les droits fonciers sous statut coutumier et qui en dlivre les actes subsquents.

Afin dviter ou de limiter les cas de fraudes immobilires, la loi rend le maire comme passage oblig dans louverture de la procdure dimmatriculation dune terre enregistre au plan foncier rural.

Par ailleurs, en guise de solution au problme de prcarit des arrangements locaux des conflits fonciers ruraux, la loi portant rgime foncier rural a prvu une disposition visant donner une force excutoire auxdits rglements. Les nouvelles dispositions lgales mettent le maire au centre de la procdure prvue cette fin.

Par rapport la circulation de la terre entre dtenteurs coutumiers et exploitants, il est rappeler que la tradition orale tait la rgle. Dans les cas dalination foncire sous forme marchande, le recours la forme crite ntait pas fait devant une structure organise. Tout cela donne lieu des abus, des contestations. La loi portant rgime foncier rural introduit une approche de solution cette problmatique en dcrtant le recours obligatoire lcrit rdig devant la section villageoise de gestion foncire peine de nullit.

4.1.1.2 Droits fonciers au Bnin

Le rgime de la proprit foncire de l'tat et des particuliers repose sur la coexistence du droit moderne et du droit coutumier bien que dans l'esprit du lgislateur la primaut du droit de proprit de l'tat prvaut tant que le titre foncier n'existe pas. On distingue aujourdhui

La coutume du Dahomey rpartit les terres en trois catgories:

(i) Les terres dtenues par les collectivits coutumires et les individus:

LEtat garantit le droit de proprit aux individus et aux collectivits possdant un titre foncier dlivr conformment la loi ainsi qu toute personne ou collectivit pouvant se prvaloir dun droit coutumier sur les terres exploites.

(ii) Les terres constituant les domaines public et priv de lEtat et des Collectivits locales:

le domaine public de lEtat comprend tous les immeubles, qui par nature ou par destination, sont la disposition du public et qui appartiennent soit lEtat (domaine public de lEtat), soit aux tablissements publics, collectivits publiques territoriales secondaires et services publics industriels et commerciaux (domaines publics respectifs de ces tablissements, collectivits ou services);

les domaines privs de lEtat sont constitus des immeubles et autres droits rels immobiliers appartenant lEtat; des terres provenant de concessions rurales, urbaines ou industrielles abandonnes; des biens en dshrence apprhends et grs conformment la lgislation sur successions vacantes; des terres et biens immobiliers immatriculs au non de lEtat; des immeubles du domaine public qui ont t dclasss;

font partie du domaine priv des collectivits publiques territoriales secondaires: les immeubles et droits immobiliers provenant du domaine priv de lEtat transfr au domaine priv des collectivits publiques; les biens et droits rels immobiliers acquis par les collectivits publiques elles-mmes.

(iii) Le domaine foncier national

Le domaine foncier national est constitu de toutes les terres ne pouvant tre classes dans lune ou lautre des catgories numres ci-dessus. Sa gestion relve de lautorit de lEtat qui peut procder la redistribution sous toutes les formes.

Au fait, deux rgimes fonciers rgissent lutilisation des terres au Bnin: il sagit du rgime foncier coutumier et du rgime foncier moderne. Mais, il est noter quen ralit, le pouvoir du Chef traditionnel prdomine. Ainsi, le droit de proprit, acquis du fait de lautorit doccupation est prpondrante, et est de ce fait transmissible de gnration en gnration. De ce fait, laccs la terre se prsente comme suit:

lhritage qui permet le transfert du patrimoine foncier aux descendants de la famille ;

le don qui se fait entre les membres dune mme famille par les maris leurs pouses, ou entre les amis et allis. Cest un mode daccs qui confre les droits durables dexploitation ;

les modes qui confrent lusufruit sont les suivants :

la location ;

le mtayage ;

le Gage.

En matire coutumire, la proprit foncire prive n'tait pas reconnue lindigne; le paysan est un usufruitier. Avec le dveloppement de lconomie de march, cette situation initiale a volu du fait de lalination des terres familiales des particuliers. Mais les contrats de vente sont sous forme verbales et seuls les tmoins pouvaient attester de l'existence d'un tel accord. En cas de litige, les intrts des parties sont la merci de l'honntet des tmoins.

Le dcret colonial du 02 mai 1906 institua un mode de constatation crit des conventions passes entre indignes dans les colonies de l'Afrique Occidentale Franaise (AOF). Aux termes de ce dcret, les conventions conclues entre indignes selon les rgles coutumires peuvent, tre constates par crit en guise de preuve. Ce consta